Entendre

mardi 9 juin 2015

Alcool

Filed under: Economie, Politique, Publicité, Société — Étiquettes : , , , , , , , , — Jean-Luc @ 14:07


L’alcool :
500 000 emplois
50 000 morts par an.

Au nom du développement du commerce et du chiffre d’affaires, Emmanuel Macron (encore lui !), voudrait que l’on puisse faire de la communication (attention, il ne s’agit pas de publicité, c’est interdit) sur les produits alcoolisés, pour développer leur vente.

Cela assure la survie de 500 000 salariés qui travaillent à fabriquer du vin, de la bière, du pastis et autres produits toxiques. Parallèlement, cela conduit à 50 000 morts chaque année par abus d’alcool. Mais ceux-là ne travaillent pas (ou très peu) et n’augmentent pas le PIB.

À combien d’emplois sauvés évalue-t-on le prix d’un mort ?

J’ai une suggestion : obliger les 500 000 producteurs à consommer leur production. Avec 50 000 salariés producteurs morts par an, dans dix ans il n’y a plus de producteurs, donc plus de consommateurs et le problème est réglé.

Sinon, autre idée, on pourrait aussi favoriser la « communication » sur la cocaïne, l’héroïne et autres produits consommés par beaucoup (trop) de gens : cela permettrait de sauver les emplois des producteurs-cultivateurs, des chimistes-transformateurs, des transporteurs-passeurs, des vendeurs-grossistes, des dealers-détaillants et autres guetteurs-divers.
Là aussi, on doit pouvoir augmenter notablement le PIB en développant un circuit commercial trop peu soutenu !

samedi 14 janvier 2012

AAA

Filed under: Economie, Elections, Politique — Étiquettes : , , , , , , , , , , — Jean-Luc @ 0:36


Vendredi 13 janvier, à 100 jours pile des élections présidentielles, le triple AAA de la France est abaissé en AA+ par Standard & Poor’s !

Ce n’est pas bon pour la réélection du petit Nicolas qui, depuis cinq ans, nous a conduits avec obstination dans ce merdier. Heureusement, on ne sait pas encore s’il sera candidat.
Mais je pense qu’il aurait dû se méfier du vendredi 13. Et il va y en avoir d’autres cette année… en avril par exemple, 9 jours avant le premier tour. Faudrait pas qu’on passe ce jour-là à A – !

Bon, le Portugal est abaissé à BB mais ce n’est pas vraiment une consolation.

Si le petit Nicolas avait un peu de fierté, il déclarerait la guerre à Standard & Poor’s.

lundi 28 novembre 2011

Dopage ?

Filed under: Economie — Étiquettes : , , , , , , , , , — Jean-Luc @ 17:54


Au moment où Moody’s menace de baisser les notes de toute l’Europe, au moment où Standard & poor’s vient de dégrader la (déjà sale) note de la Belgique, au moment où les notes de la Grèce, de la Hongrie, du Portugal, de l’Irlande, de l’Italie, de l’Espagne peut-être, et, pourquoi pas, de la Sarkosie ont été ou vont être abaissées, les marchés deviennent brusquement euphoriques et le CACA40 s’envole de plus de 5 % pour la seule journée d’aujourd’hui.

Visiblement, ces gens-là ne comprennent pas ce qu’ils font.

Ou ils ne boivent pas que de l’eau !

Mais l’un et l’autre ne sont pas contradictoires…

mardi 18 octobre 2011

Prophétie auto-réalisatrice


Donc l’agence Moody’s (c’est un nom qui fait la gueule !), sous-marin de l’extrême droite de notre capitalisme à l’agonie, envisage de surveiller les finances de la France dans les trois prochains mois en vue d’abaisser éventuellement sa note de AAA à … on ne sait pas quoi, comme elle a déjà fait pour la Grèce, le Portugal et l’Italie. Entre autres.

Comme il n’est pas question que cette officine cryptofasciste payée par les banques ait quelque pouvoir que ce soit sur les taux auxquels la France peut emprunter, le petit Nicolas va tout faire pour que la France conserve son AAA.

C’est-à-dire continuer à virer les fonctionnaires (on lui suggère d’essayer « deux sur trois » au lieu des « un sur deux » qui ne produisent pas de réel effet durable sur la finance), fermer les écoles, supprimer ou privatiser les hôpitaux et ce qui reste de services publics, etc.

Moyennant quoi, la rigueur va s’accroître, le chômage va augmenter, le PIB va s’effondrer, et Moody’s pourra, dans trois mois, nous passer à AB -, voire BCD – – ou pire !

Et, comme les banques ne feront plus confiance à la France, les taux de nos emprunts vont monter en flèche, si bien qu’il nous faudra payer encore plus pour rembourser une dette qui n’en finit pas de gonfler. Et la France va faire faillite, justifiant ainsi les inquiétudes actuellement affichées par Moody’s.

C’est ce qu’on appelle une prophétie auto-réalisatrice.

Je suggère un autre scénario : Moody’s maintient sans aucune hésitation son AAA. La France continue à emprunter à bas coût. Donc elle peut financer la croissance, le PIB augmente et Moodys est content. Ou contente ?

C’est également une prophétie auto-réalisatrice.

Comme on le voit, Moody’s est libre de choisir aujourd’hui l’avenir de la France. S’il (si elle ?) a choisi un avenir sombre, c’est parce qu’il (elle ?) ne nous aime pas et qu’il (elle) veut notre malheur.

Je propose que le petit Nicolas déclare la guerre à Moody’s.

mardi 21 juin 2011

Le prix de l’éducation


Si vous trouvez que l’éducation coûte cher, essayez l’ignorance. (Abraham Lincoln)

– Bon, François, tu me vireras 16 000 postes d’enseignants en septembre, et tu fermeras 1 500 classes en primaire. L’enseignement coûte très cher, il ne rapporte absolument rien, et en plus c’est rien que des repères de gauchistes…

– Mais, Votre Altesse Sérénissime, n’oubliez pas (si je puis me permettre d’oser argumenter devant Votre Béatitude) que Votre Bienheureux Poste de Guide Suprême sera remis au vote populaire (maudit soit-il) dans une dizaine de mois… Cette mesure risque d’être très impopulaire et votre avenir pourrait en pâtir.

– Ah, tu as raison, pour une fois. Essaie donc de supprimer plutôt des classes techniques. Ces gens-là ne comprennent rien à rien, ça passera probablement plus facilement. Et puis annonce donc qu’on ne fermera rien pour la rentrée 2012. Comme ça, s’ils ne votent pas pour moi…

lundi 6 juin 2011

Le prix du nucléaire


Éric Besson a déclaré dimanche sur Europe 1 que la sortie du nucléaire coûtera très cher. Il en conclut qu’il vaut mieux conserver le nucléaire.

Trois commentaires :

1- Il a raison pour la première partie de ses affirmations : la sortie du nucléaire va nous coûter très cher. Surtout que chez nous, en France, on a fait l’erreur de miser à 80 % sur le nucléaire et pratiquement rien sur le renouvelable. Pour les Allemands, qui vont sortir du nucléaire, c’est plus simple et moins coûteux : ils n’ont que 20 % de nucléaire et 17 % de renouvelable. Signalons au passage que les énergies renouvelables en Allemagne occupent plus de 375 000 emplois.

2- Continuer le nucléaire va aussi nous coûter très cher, quand on aura réellement pu constater le prix du démantèlement des vieilles centrales, le coût de la construction des nouvelles centrales (le prix des EPR n’arrête pas d’augmenter au fur et à mesure qu’on les construit…) et, bien sûr, le prix de la gestion des déchets pendant 24 000 ans. Encore que, pour ça, à mon avis, Éric Besson compte sur nos enfants pour payer. Ou peut-être même nos petits-enfants.
Et je ne parle même pas de l’hypothèse d’un accident à la Fukushima dont on a du mal à imaginer le coût total, même si nos divins pilotes rendent cette hypothèse très peu probable…

3- Ne vaut-il pas mieux vivre pauvre que mourir riche ?

vendredi 27 mai 2011

Travailler deux heures par jour

Filed under: Economie, Société — Étiquettes : , , , , , , , , , , , — Jean-Luc @ 18:49


C’est le titre d’un livre merveilleux, écrit en 1977 par le collectif « Adret » (qui comprenait quelques scientifiques), et que l’on trouve encore dans le commerce.

Non, ce n’est pas une utopie, c’est le résultat d’un calcul simple du temps de « travail lié », à répartir entre tous les membres de la société pour conserver une qualité de vie suffisante pour le bonheur de tous.

L’expression « travail lié » utilisée par les auteurs désigne le travail que personne n’aime faire mais qui est nécessaire (vider les poubelles, vidanger la voiture, écailler le poisson, faire le ménage…).
Les autres travaux (non « liés ») sont agréables à certains qui peuvent les effectuer avec plaisir (entretenir des jardins, enseigner des enfants – ou des immigrés sans-papiers –, dessiner des carrosseries, faire des recherches scientifiques, soigner des malades, écrire des romans ou des livres de géographie, couper les cheveux, élever des chèvres, faire la cuisine…).

On arrive là à une vision plus positive du travail et de l’humanité :
– Quand le travail n’est pas contraint par des obligations désagréables (horaires imposés, petit chef hargneux et con, exigence de production, conditions matérielles déplorables), les gens aiment faire des choses, avec attention et application.
– Quand on ne les oblige à rien, les gens ne restent pas forcément couchés toute la journée à attendre la suite, en bénéficiant de « l’assistanat », « cancer de la société ». Certains font même beaucoup de choses intéressantes, et avec des résultats collectivement utiles.

C’est une vision ! Mais c’est autrement plus motivant que « travailler plus pour gagner plus ».

L’excellent mensuel Alternatives économiques me remet cet ouvrage en mémoire : ils publient sur leur site un article du numéro spécial Et si on changeait tout… (avril 2011), dans lequel ils proposent de réduire le temps de travail à 32 heures.
Par semaine !
Ce qui fait un peu plus de 4 heures et demie par jour.

Allez, encore un effort !

lundi 23 mai 2011

Les radars, la bombe et le tabac

Le petit Nicolas reste inflexible : malgré l’impopularité de cette mesure, les panneaux avertisseurs de radars vont disparaître de nos routes. On comprend la grogne des automobilistes : ils étaient informés qu’on allait mesurer leur vitesse, ils pouvaient ralentir puis accélérer après le radar. Maintenant ils ne sauront plus qui les contrôlera quand et comment, et ils devront faire attention en permanence.

En fait, c’est bien le but recherché, et je m’étonne qu’il ait fallu si longtemps pour le mettre en place.

Personnellement, quand j’ai appris, lors de l’installation, qu’ils mettaient des avertissements avant les radars, cela m’a paru stupide. Aussi stupide que l’annonce de Jacques Chirac que la France allait reprendre les essais nucléaires parce que notre bombe n’était pas au point.

Il y a des choses qu’il vaut mieux cacher pour être efficace : si nos agresseurs potentiels ignorent les capacités de notre force de frappe, ils se méfient et hésitent à attaquer. Si on leur dit que notre bombe n’est vraiment pas au point, et peut-être même hors d’état de fonctionner correctement… ce n’est pas bon pour nous. L’effet « dissuasif » (puisque c’est l’effet recherché) est quasi nul !

De même, si les automobilistes connaissent à l’avance l’endroit où les flics (ou l’électronique, maintenant c’est pareil) vont mesurer leur vitesse, ils sont moins respectueux des limitations que s’ils ne savent pas où et quand sera fait le contrôle.

Ceci étant, le petit Nicolas se bat ici pour réduire le nombre de morts sur nos routes : 4 000 par an environ. Très bien. Mais que fait-il pour diminuer le nombre de morts provoqués par le tabac ?
Rien.
Et combien y a-t-il de morts chaque année en France dû à l’usage du tabac ?

66 000.

Ah, c’est pas pareil ? Et pourquoi donc ?

Parce que l’industrie du tabac fait vivre des milliers de salariés, parce que les revenus du tabac procurent des finances à l’État, parce que les PDG de ces industries sont des copains du petit Nicolas…

Ah bon. Alors comme ça, je comprends.

Enfin, pour les finances de l’état, ça se discute : il y en a qui disent que le tabac coûte 3 % de notre PIB à la société.

Oui, mais alors, si c’est comme ça, on pourrait aussi faire de l’alcool, en France : du vin, du cognac,  des eaux de vie, peut-être même du rhum ?
Et puis si on cultivait le pavot, en France, cela pourrait peut-être rapporter aussi de l’argent à l’état ?
Et si on fabriquait des armes ?…

Bon, arrête, tu vas devenir insolent.

vendredi 29 avril 2011

Franchement on s’est bien marré…


Nous y voilà, nous y sommes.

Depuis cinquante ans que cette tourmente menace dans les hauts-fourneaux de l’incurie de l’humanité, nous y sommes.
Dans le mur, au bord du gouffre, comme seul l’homme sait le faire avec brio, qui ne perçoit la réalité que lorsqu’elle lui fait mal.

Telle notre bonne vieille cigale à qui nous prêtons nos qualités d’insouciance, nous avons chanté, dansé. Quand je dis « nous », entendons un quart de l’humanité tandis que le reste était à la peine. Nous avons construit la vie meilleure, nous avons jeté nos pesticides à l’eau, nos fumées dans l’air, nous avons conduit trois voitures, nous avons vidé les mines, nous avons mangé des fraises du bout monde, nous avons voyagé en tous sens, nous avons éclairé les nuits, nous avons chaussé des tennis qui clignotent quand on marche, nous avons grossi, nous avons mouillé le désert, acidifié la pluie, créé des clones, franchement on peut dire qu’on s’est bien amusé.

On a réussi des trucs carrément épatants, très difficiles, comme faire fondre la banquise, glisser des bestioles génétiquement modifiées sous la terre, déplacer le Gulf Stream, détruire un tiers des espèces vivantes, faire péter l’atome, enfoncer des déchets radioactifs dans le sol, ni vu ni connu.

Franchement on s’est marré.
Franchement on a bien profité.
Et on aimerait bien continuer, tant il va de soi qu’il est plus rigolo de sauter dans un avion avec des tennis lumineuses que de biner des pommes de terre.

Certes.

Mais nous y sommes.

À la Troisième Révolution.
Qui a ceci de très différent des deux premières (la Révolution néolithique et la Révolution industrielle, pour mémoire) qu’on ne l’a pas choisie.

« On est obligés de la faire, la Troisième Révolution ? » demanderont quelques esprits réticents et chagrins.

Oui.

On n’a pas le choix, elle a déjà commencé, elle ne nous a pas demandé notre avis. C’est la mère Nature qui l’a décidé, après nous avoir aimablement laissés jouer avec elle depuis des décennies. La mère Nature, épuisée, souillée, exsangue, nous ferme les robinets. De pétrole, de gaz, d’uranium, d’air, d’eau. Son ultimatum est clair et sans pitié: Sauvez-moi, ou crevez avec moi (à l’exception des fourmis et des araignées qui nous survivront, car très résistantes, et d’ailleurs peu portées sur la danse).

Sauvez-moi ou crevez avec moi.

Évidemment, dit comme ça, on comprend qu’on n’a pas le choix, on s’exécute illico et, même, si on a le temps, on s’excuse, affolés et honteux. D’aucuns, un brin rêveurs, tentent d’obtenir un délai, de s’amuser encore avec la croissance.

Peine perdue.

Il y a du boulot, plus que l’humanité n’en eut jamais.
Nettoyer le ciel, laver l’eau, décrasser la terre, abandonner sa voiture, figer le nucléaire, ramasser les ours blancs, éteindre en partant, veiller à la paix, contenir l’avidité, trouver des fraises à côté de chez soi, ne pas sortir la nuit pour les cueillir toutes, en laisser au voisin, relancer la marine à voile, laisser le charbon là où il est – attention, ne nous laissons pas tenter, laissons ce charbon tranquille – récupérer le crottin, pisser dans les champs (pour le phosphore, on n’en a plus, on a tout pris dans les mines, on s’est quand même bien marré).

S’efforcer.
Réfléchir, même.

Et, sans vouloir offenser avec un terme tombé en désuétude, être solidaire.
Avec le voisin, avec l’Europe, avec le monde.

Colossal programme que celui de la Troisième Révolution.

Pas d’échappatoire, allons-y.

Encore qu’il faut noter que récupérer du crottin, et tous ceux qui l’ont fait le savent, est une activité foncièrement satisfaisante. Qui n’empêche en rien de danser le soir venu, ce n’est pas incompatible.

À condition que la paix soit là, à condition que nous contenions le retour de la barbarie – une autre des grandes spécialités de l’homme, sa plus aboutie peut-être.

À ce prix, nous réussirons la Troisième Révolution.

À ce prix nous danserons, autrement sans doute, mais nous danserons encore

Fred Vargas

Merci à   L’ami du Foyer de Grenelle qui a publié ce texte dans son no 345, avril-mai 2011.

lundi 25 avril 2011

Gaz de schiste

Éric Besson n’en rate pas une : « Il ne faut pas fermer la porte au gaz de schiste », a-t-il déclaré après le rapport très mitigé sur l’utilisation de cette ressource, au moins avec les méthodes de facturation de roches actuellement envisagées.

Il serait dommage, en effet, de se priver d’une source d’énergie fossile qui pourrait encore aggraver la situation climatique de la Terre en augmentant le taux de CO2 dans l’atmosphère. Et ne parlons pas des dégâts que son extraction provoque dans l’environnement au sol !…

Après tout, il n’y a pas que le solaire ou l’éolien, comme source d’énergie. Il faut savoir diversifier !

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