Entendre

jeudi 4 novembre 2010

Le silence est d’or

Filed under: Economie, Politique, Société — Étiquettes : , , , , , , , , , — Jean-Luc @ 20:59


Comme le petit Nicolas a sagement fermé sa gueule en ce qui concerne les droits de l’homme en Chine, la France a pu récolter quelques milliards (16 selon les participants, 4,237 selon la police) de contrats de fabrication de centrales nucléaires et autres mines antipersonnel.

Ça vaut combien la vie d’un homme ?

mercredi 30 juin 2010

Égalité fraternité…

Filed under: Economie, Politique, Société — Étiquettes : , , , , , , , — Jean-Luc @ 21:10


1er juillet 2010 : les salaires des fonctionnaires sont augmentés de 0,5 %, avec garantie qu’il n’y aura aucune autre augmentation jusqu’à la fin 2011.

Même date : le prix du gaz augmente de 4,7 %, sans aucune garantie qu’il n’augmentera pas encore dans trois ou six mois. Depuis le début 2010, cela mène l’augmentation totale à 15 %…

Ah oui, c’est sûr : mieux vaut être Total ou BP (même avec des fuites) qu’instit en ZEP au nord de Paris…

Ministre ou président, est-ce que c’est aussi fonctionnaire ?

vendredi 11 juin 2010

La vie comme elle va… et la mort

Filed under: Economie, Société — Étiquettes : , , , , , , , — Jean-Luc @ 10:25

BP a dépensé plus d’un milliard d’euros pour colmater la fuite de son puits après l’explosion de sa plate-forme, due à des imprudences.
Comme ça, ça ne dit pas grand-chose.
Disons que, rapporté au nombre d’êtres humains vivants, sur Terre, cela fait 16 centimes par personne, nouveau-nés maliens ou vieillards inuits inclus.

BP a toujours prétendu que sa fuite ne faisait que 5 000 barils par jour. En fait, elle aurait été comprise entre 20 000 et 40 000 barils par jour…

Le cours de l’action BP s’effondre.

Et ça continue à fuir sous la cloche…

Tout ça pour essayer de gagner un peu plus en travaillant un peu moins !

Il paraît que BP bidouille sur Internet pour dérouter les recherches d’information vers ses propres sites, où l’information est (évidemment) moins critique.


Alors allons-y pour quelques photos éloquentes :

Chasse au pélican mazouté, en bateau, …

… ou à pied.

Et là, on ne voit pas les poissons !

Oh, BP, tu le vois, l’œil du pélican qui te regarde ?

mercredi 26 mai 2010

Le prix d’un mort

Filed under: Economie, Politique, Société — Étiquettes : , , , , , , — Jean-Luc @ 11:16


BP n’a jamais annoncé que ses plates-formes pétrolières offshore n’étaient pas sûres.

Cette remarque n’est pas une plaisanterie. Elle découle « naturellement » de la marée noire qui s’étale depuis plus d’un mois en Louisiane.
Avant la catastrophe, BP ne disait rien. Tout allait bien, la sécurité était assurée. Il n’y avait aucun problème.

Depuis l’explosion de la plate-forme, BP annonce, l’air un peu coincé quand même, qu’il (ou elle ? BP est-il/elle du genre féminin ?) paiera les dégâts. À combien BP évalue-t-il/elle le « prix » d’un oiseau mort ? À qui BP règlera-t-il/elle ce prix ? À la famille de l’oiseau ?

C’est bien un des problèmes de notre société libérale avancée (tellement avancée qu’elle commence à pourrir sur pied et à puer ferme), où l’on « compense » par le fric les conneries qu’on n’a pas voulu éviter.
Je dis bien « pas voulu » et non pas « pas pu ». Car il ne s’agit pas de problèmes techniques, mais de négligence volontaire et cynique : « Ne perdons pas de temps avec la sécurité, il y a trop de “manque-à-gagner” si on ralentit la production ».

D’où l’explosion, les onze morts, et l’engagement a posteriori de BP de « payer les dégâts ». Cela leur serait revenu infiniment moins cher de régler les problèmes techniques de sécurité en amont, avant l’explosion.

Revenons à ma remarque du début :
EdF n’a jamais annoncé que ses centrales nucléaires n’étaient pas sûres.

Ah ben si : c’est la même question. Tant que l’accident ne s’est pas produit, tout va bien, la sécurité est assurée. Il n’y a aucun problème.
Combien de fois faudra-t-il rappeler que l’accident est, par essence, imprévisible ? Si l’on savait prévoir les accidents, il n’y en aurait plus.

Ah mais, monsieur, le risque zéro n’existe pas !

D’accord. Mais alors, il faut envisager les dégâts pour savoir jusqu’où on accepte un accident.

Un vol AF 447, qui disparaît au milieu de l’Atlantique avec 228 personnes à bord… c’est supportable (encore que…).
Une marée noire au large de la Louisiane… c’est déjà presque insupportable, si l’on en juge par l’agitation des américains, premiers concernés.
Et une centrale nucléaire qui explose après fusion du cœur, irradiant gravement quelques centaines de milliers de civils ?

Ce que je veux dire, c’est que, puisque l’accident n’est pas contrôlable, il ne faut pas mettre en route des appareils qui font vraiment beaucoup trop de dégâts une fois que l’accident s’est produit.

Tiens : à combien EdF évalue-t-il/elle le « prix » d’un mort ?

vendredi 14 mai 2010

Choix de société

Filed under: Economie, Science, Société — Étiquettes : , , , , — Jean-Luc @ 0:02

BP exploitait une plate-forme pétrolière au large de l’embouchure du Mississipi. Un jour, il y a eu un problème sur « un dispositif crucial de sécurité mal conçu ». Les chefs ont dit : « Allez les p’tits gars, on continue, on ne peut pas s’arrêter, au prix où on peut vendre le pétrole, si on ne le récupérait plus il y aurait un manque à gagner. »

La plate-forme a donc explosé. Onze morts, dix-sept blessés, dont on ne parle pas beaucoup.

Depuis plus de trois semaines, le pétrole s’écoule donc dans l’océan : BP « perd » (ou plutôt il ne récupère plus — tiens ! un manque à gagner…) 5 000 barils par jour (un baril c’est 150 litres : une baignoire) à 84 dollar le baril. Les oiseaux, les poissons, les lamantins ne disent rien mais n’en pensent pas moins. Sauf ceux qui ne pensent déjà plus. Les pêcheurs râlent doucement. BP les embauche pour nettoyer les côtes. Le tourisme en Louisiane s’effondre. L’action BP a perdu 12 % depuis l’explosion. BP essaie en vain de trouver une solution pour colmater la fuite. Une cloche, deux cloches, un tuyau de récupération… Ils en sont à 450 millions de dollars de frais d’essais de colmatage. Ils disent qu’il faudra peut-être deux ou trois mois pour stopper la fuite. Ils disent qu’ils sont confiants. Qu’ils trouveront une solution (ils pensent que l’homo economicus liberalis est intelligent !). Que de toute façon ils ont de quoi payer… On estime qu’ils dépasseront largement le milliard de dollars.
C’est dire combien ils se font de bénef quand ils n’ont pas de problème de ce genre !

Tout ça pour quelques petits chefs qui ont pris la mauvaise décision pour essayer de gagner un peu plus.

Dernier détail : la plate-forme appartient à Transocean, une boîte suisse, « la plus grande société de forage offshore du monde ».
Je les entends déjà d’ici : « C’est pas moi, c’est l’autre »…

Avec un milliard de dollars, on construit combien d’écoles ?

Non, je ne suis pas hors sujet…
C’est un choix de société.

dimanche 16 août 2009

M’sieur, elle fait rien qu’à nous embêter !

Filed under: Economie, Politique — Étiquettes : , — Jean-Luc @ 0:24

Aung San Suu Kyi, prix Nobel de la paix, enfermée depuis 14 ans sous prétexte qu’elle n’est pas d’accord avec la façon dont la junte militaire birmane torture ses opposants, vient d’être condamnée à 3 ans de détention supplémentaires, réduits à 18 mois en dernière minute, peut-être sous la pression internationale.

C’est bien fait pour elle !

Elle n’a qu’à se tenir tranquille, au lieu de rien faire qu’à embêter ces pauvres militaires dictateurs tortionnaires, prix Nobel de rien du tout, qui ont pris le pouvoir par les armes quand elle a été démocratiquement élue il y a presque 20 ans.

Lesquels tyrans militaires sont aujourd’hui largement soutenus par Total qui leur achète leur gaz et leur pétrole à prix d’or sans que le peuple birman reçoive le moindre centime, faut pas rêver.

Oui, Total… C’est les mêmes que ceux qui font exploser des usines un peu partout en France, et couler des pétroliers de temps en temps au large de la Bretagne.

Total prétend que si c’est pas eux qui achètent le pétrole birman, d’autres le feront.

C’est une excuse du même niveau que celle des militaires SS qui expliquaient après la guerre qu’ils obéissaient à contrecœur aux ordres qu’on leur donnait et que s’ils ne l’avaient pas fait, d’autres, plus cruels encore, l’auraient fait à leur place.

Il y a des gens qui ont une certaine éthique.

D’autre non.

dimanche 21 décembre 2008

OPEP

Filed under: Economie — Étiquettes : , , — Jean-Luc @ 16:10

Le pétrole, qui va devenir de plus en plus rare, va nécessairement devenir de plus en plus cher, puisque tout ce qui est rare est cher. Mais actuellement, dans un système économique et financier qui n’en finit pas de crever, les gens, qui ont de moins en moins d’argent, achètent de moins en moins de pétrole, donc il en reste beaucoup dans les cuves, donc le prix s’effondre : moins de 34 dollars le baril alors qu’il avait frôlé les 150 dollars l’été dernier.

Tiens, à propos, il faudrait que quelqu’un prévienne Total, qui continue à nous vendre son essence à plus d’un euro le litre, comme si le baril était resté au-dessus de 100 dollars…

Les pays de l’OPEP ont beaucoup réfléchi : « Si le prix du baril descend, on gagne moins. On va donc réduire la production. Il y aura donc moins de pétrole produit, donc un pétrole plus rare, donc un pétrole plus cher, donc on va gagner plus et en plus en travaillant moins. »

Oui, mais ce n’est que la moitié du raisonnement. Car s’il y a moins de pétrole produit, il y a moins de pétrole vendu donc ils devraient aussi gagner moins.

Ah, les lois de l’économie (existe-t-il vraiment des lois en économie ?) sont bien difficiles. C’est la raison pour laquelle un économiste distingué peut affirmer exactement le contraire d’un autre économiste aussi distingué, avec autant de conviction et autant de chances d’avoir raison.

En tout cas, je peux affirmer que si l’OPEP vend son pétrole à 0 dollars le baril, elle en vendra plein, mais elle ne gagnera rien. Si elle vend son pétrole à un prix infini, elle n’en vendra pas, et elle ne gagnera rien non plus. Donc, mathématiquement, il existe un prix du baril pour lequel son bénéfice est maximal.

Mais lequel ?

lundi 29 octobre 2007

Pétrole, croissance, et 4×4

Filed under: Politique, Science — Étiquettes : , , — Jean-Luc @ 12:17

Quoi qu’on en dise, et quoi qu’on en pense, les réserves de pétrole sont limitées.

Même si toute la Terre était constituée de pétrole, les réserves de pétrole seraient limitées au volume de la Terre. Ce n’est pas le cas, et il y en a beaucoup moins, bien sûr. Alors, on peut piocher allègrement dans les réserves… tant qu’elles ne sont pas vides. Mais… pas plus !

La plupart des « experts » s’accordent pour estimer que nous en sommes à peu près à la moitié des réserves. La production n’augmente plus ; elle commence même à diminuer. En un siècle (ou peut-être un peu plus), nous avons bu la moitié du pétrole disponible : il a été transformé en CO2 qui réchauffe notre atmosphère, grâce à l’effet de serre. Comme nos 4×4 sont toujours plus nombreux et plus voraces, que la Chine et l’Inde s’apprêtent à en fabriquer autant ou plus que nous, nous ne tiendrons pas un siècle de plus, il faut bien le comprendre. La fin va arriver très vite : dans quelques années.

La demande suit une courbe exponentielle. La production ne peut évidemment plus suivre.

copie-de-petrole.1193615029.JPG

Si j’étais Renault ou Total, je me poserais des questions sur mon avenir.

Est-il raisonnable de construire 9 milliards de bagnoles pour les 9 milliards d’habitants de la Terre ?

La réponse est clairement : non.

Alors, quand est-ce qu’on s’arrête ?

Oui, je sais, ça va faire du chômage. Mais avons-nous le choix ?

Et ce que je dis là est tout aussi valable pour les ordinateurs, les fours microondes ou les téléphones portables… Leur fabrication utilise des matières premières dont les ressources sont aussi limitées que le pétrole.

« Newer Posts

Propulsé par WordPress.com.

%d blogueurs aiment cette page :