Entendre

samedi 7 avril 2012

Ni responsable, ni coupable…

Filed under: Economie, Elections, Société, Violence — Étiquettes : , , , , , , — Jean-Luc @ 18:20


Après 12 ans d’enquête et de recherches approfondies, ils se sont aperçus que l’Erika avait coulé dans les eaux internationales et non pas dans les eaux territoriales françaises, et que donc Total ne pouvait pas être responsable de la pollution des côtes bretonnes.

Tant que la justice fonctionnera de cette façon, il ne faudra pas s’étonner que les gens votent Mélenchon !

Je suis étonné qu’il y ait encore des Français qui fassent le plein chez Total.
Même par hasard…

lundi 12 septembre 2011

Total discount

Filed under: Economie, Science — Étiquettes : , , , , , , , , , , , — Jean-Luc @ 12:27


Ainsi, Total va élargir à 500 points de vente en 2012 son expérimentation de stations-service « discount » où il vend ses carburants moins cher.

Attention : faut pas croire que Total soit pris d’une subite anthropophilie ! S’il se lance dans cette aventure, c’est bien sûr pour gagner plus, donc pour vous piquer plus de pognon. Mais s’il gagne plus, ce sera en piquant des clients à Carrefour, qui gagnera moins, et qui risque de ne pas apprécier. Il y a longtemps que Total regrette que ses clients partent à Carrefour, qui vend son essence beaucoup moins cher que lui. Il y a longtemps aussi que les clients ne s’arrêtent plus chez Total par hasard, mais uniquement quand la panne sèche menace, ou quand ils ont vraiment beaucoup trop bu.

C’est au cours d’une séance de furieux brain-storming que l’idée a germé dans la tête d’un crâne d’œuf commercialo-marketingo-publicitaire, qui eut soudain une soudaine illumination.

– Et si, Votre Majesté, si nous baissions le prix de vente de nos carburants ?

Christophe Gabriel Jean Marie Jacquin de Margerie eut un haut-le-cœur ; il devint gonflé violet, et s’écria :
– Hors de ma vue, abominable vermisseau ! Monstre abject ! Assassin putride, tu veux couler la boîte et me tuer ? Passe donc à la caisse te faire payer ton mois et fiche le camp ! Disparais à jamais dans les flammes de l’enfer. Je te hais.

– Mais, Votre Altesse, vous vous méprenez, répondit le crâne d’œuf. Je cherche au contraire à maximiser le profit de votre noble et florissante industrie.

– Tu te fous de moi, sombre crétin ? Tu sais très bien que si on diminue le prix de vente, mon bénéfice, qui est égal à la différence entre mon prix de vente et mon prix de revient, va s’effondrer comme le CACA40.

– Permettez-moi d’oser vous contredire avec beaucoup d’excuses très plates, Mon Seigneur, mais si vous vous souvenez encore de votre cours de mathématiques de CM2, vous n’êtes pas sans ignorer que le bénéfice total du marchand de patates est égal au bénéfice qu’il fait sur chaque kilo de patates multiplié par le nombre de kilos de patates vendus. Ainsi, Mon Excellence Sérénissime, même avec un bénéfice un peu réduit, si le nombre d’articles vendus augmente considérablement, le bénéfice peut croître de façon vertigineuse : car beaucoup de fois un petit peu peuvent faire beaucoup plus que très peu de fois beaucoup !

– Et tu penses que ce qui s’applique aux méprisables et viles patates peut aussi s’appliquer à mon somptueux litre d’essence ?, demandit alors le noble moustachu en fronçant les sourcils et en clignant des yeux.

– Mais tout ce qu’il y a de plus bien évidemment, Ma Béatitude ! De toute façon, au point où on en est, on ne risque plus rien d’essayer.

– Mais alors, baissons, baissons, baissons encore, et vendons notre essence juste et seulement au prix de revient !

– Ah mais que non, Lumière du Monde, je crois que là, ce serait aller beaucoup trop loin : si le bénéfice par kilo de patate est nul, le bénéfice total sera nul également. Rappelez-vous votre cours de CE1 : zéro multiplié par n’importe quoi, même beaucoup, ça fait toujours seulement zéro !

– Mais alors, à quel prix devons-nous vendre notre royal breuvage pour que notre bénéfice soit le plus énorme possible ?

– Je n’en ai pas la moindre idée, Mon Éminence Vénérable, mais je crois que les clients qui s’arrêtent chez nous actuellement le font seulement par hasard, ou parce qu’ils sont en panne sèche, ou parce qu’ils sont bourrés. Avec un litre de Votre Sublime Liqueur moins cher, nous ne pouvons qu’accroître notre clientèle, et donc, possiblement, augmenter Votre Profit, comme ci-dessus démontré.

– Dans mes bras, mon petit, mon fils, mon trésor ! Appliquons immédiatement ma glorieuse et lumineuse idée, et que les pétrodollars pleuvent sur moi comme l’iode 131 sur Fukushima.

Ainsi fut fait, et le moustachu fut satisfait. Il l’a dit dans le poste.

On se demande juste pourquoi il avait attendu si longtemps…

samedi 9 juillet 2011

Le prix du carburant


France Info diffusait hier une information qui conforte le sentiment que tout un chacun peut avoir lorsqu’il va faire le plein de son réservoir : les pétroliers modifient le prix du carburant à la pompe en fonction du prix du pétrole brut… mais ils ne le font pas de façon symétrique selon que ça monte ou que ça descend.
On peut appeler ça « l’effet cliquet ».

On dirait une blague de potache, mais non : c’est le résultat d’une étude très sérieuse menée par « ESG Research Lab », entre 1990 et aujourd’hui, sur plus de mille relevés.

Lorsque le brut augmente, le prix du carburant à la pompe monte vite et beaucoup, lorsque le prix du brut descend, le prix du carburant descend… un peu et lentement.

Des précisions ?
Pour 1 % d’augmentation du prix du brent, le carburant augmente de 0,12 %.
Pour 1 % de baisse du prix du brent, le prix de carburant descend de 0,07 %.
Il doit s’agir là de moyennes sur 20 ans.

Ainsi, si le prix du brent augmente de 1 % puis descend de 1 %, revenant donc à son tarif initial (si on néglige les bricoles), le prix du carburant monte de 0,12 % puis descend de 0,07 %, augmentant ainsi de 0,05 % le bénéfice des pétroliers.
Ça fonctionne pareil dans l’autre sens, si la baisse intervient avant l’augmentation…

Interrogée sur ce « curieux » phénomène, l’industrie pétrolière répond qu’elle « ne comprend pas » ! Elle prétend que le calcul réel est « très compliqué », qu’il faut tenir compte des stocks, de délais d’adaptation, du cours du dollar, de l’offre et de la demande, et de tas de choses que personne ne peut comprendre tellement c’est difficile. Elle nie en outre avoir constaté cette dissymétrie, évidente pourtant pour tout automobiliste, et précise, peut-être pour se disculper, que ses marges sont extraordinairement faibles puisque « 60 % du prix du carburant est constitué de taxes » ! Le marché, disent-ils, est « très peu rémunérateur », et c’est d’ailleurs la raison pour laquelle il y a de moins en moins de stations d’essences en France, et même peut-être que bientôt il sera difficile de faire le plein tellement ils sont sur la paille !…

Enfin bon, 60 % de taxes, ça leur laisse quand même 40 % pour le prix de revient du produit et les bénéfices, dont on peut penser qu’ils ne sont pas totalement négligeables. Total avoue benoîtement un bénéfice de 1 centime par litre, ce qui, compte tenu du volume vendu chaque jour, fait un confortable matelas !

C’en est au point que Christian Estrosi, qui n’est pourtant pas un gauchiste, envisageait en mars dernier de taxer les bénéfices pétroliers…

D’ailleurs, une autre information intéressante diffusée également par France Info il y a quelques jours, précise que la plupart des entreprises du CACA40 paient des impôts ridiculement faibles en France ; en particulier, Total, qui fait donc des bénéfices faramineux, ne paie aucun impôt en France. Ils arrivent à ça en déclarant les frais ici, les gains là-bas, avec des montages financiers tordus conseillés certainement par des spécialistes financiers qui optimisent les gains.

Les bénéfices annoncés chaque année par Total se montent ainsi à :
–        12 milliards d’euros pour 2006
–        12 milliards d’euros pour 2007
–        14 milliards d’euros pour 2008
–         8 milliards d’euros pour 2009
–        10 milliards d’euros pour 2010

Et tout cela sans payer aucun impôt en France !

On aimerait être aussi misérables qu’eux !

jeudi 5 mai 2011

Le rat de Paluel et les nucléopolytechnocrates

Ah, le problème de l’énergie !…

En fait, c’est très simple : l’énergie, yen a plus.

Le pétrole, on arrive au bout (on en a déjà bu la moitié, et au rythme où la consommation augmente, le reste ne durera pas 30 ans). Et ça dégueulasse tout partout, surtout quand BP fait des marées noires dans le golfe du Mexique.
Le gaz de schiste ? C’est encore plus crade. Ça peut nous donner une rallonge de 10 ou 15 ans… Et après ?
En plus, tout ça produit du CO2 qui fait chauffer l’atmosphère. Personnellement je ne me plains pas trop de la chaleur, mais il y en a que ça gêne. Et au bout du compte, ils ont peut-être raison.

Le nucléaire, on voit ce que ça donne : Three Mile Island, Tchernobyl, Fukushima, et bientôt Gravelines ou Cruas ! Parce que, faut pas rêver, nos nucléopolytechnocrates n’ont rien à envier à leurs homologues (comme ils disent à la télé) japonais, étatsuniens ou russes.
Soyons bien clair : aucun accident n’a jamais été prévu. Aucun. Jamais. La première définition du mot « accident » dans le Petit Robert est : « Événement fortuit, imprévisible. » L’accident est toujours accidentel. L’accident prend toujours tout le monde par surprise. L’accident est par nature imprévisible. Sinon, on le prévoirait et il n’y aurait donc pas d’accident ! CQFD.

Ils essaient de nous faire croire qu’un accident est impossible en France parce qu’on n’a ici ni séismes ni tsunamis. Ou alors seulement des tout petits. Mais ce ne sera évidemment pas un séisme qui provoquera l’accident en France. Même s’ils viennent de multiplier par quatre le nombre de communes françaises situées en zone à risque sismique.
C’est un conducteur de centrale (faut-il dire un pilote ?) qui pètera un plomb (il vient d’apprendre que sa femme le trompe avec son meilleur copain) et tirera au fusil d’assaut sur ses copilotes, comme ça s’est produit récemment dans un sous-marin (nucléaire) britannique. Deux morts et cinq blessés (dont un grave) dans la cabine de pilotage ; dans la panique un des pilotes survivants arrive à tourner vers la gauche une manette qu’il aurait dû tourner vers la droite, ce qui entraîne une dramatique augmentation de la température du cœur ; les panneaux de commande endommagés par la fusillade empêchent de redescendre les barres de contrôle. Au même moment, un rat crevé qui bouche une conduite d’eau de refroidissement la fait exploser, alors qu’un éclair provoqué par un violent orage vient de faire disjoncter tous les circuits électriques ; et c’est précisément à cet instant qu’un commando de fanatiques écolos antinucléaires arrive à faire sauter les diesels de secours. Je n’ose pas parler de l’Airbus A380, détourné par un terroriste, qui va s’écraser dans dix secondes sur la centrale…

Hirofukushima en France : à Fessenheim ou à Paluel.

Bon, moi, ce que j’en dis… j’en sais rien, j’essaie d’imaginer le pire, ce que nos nucléopolytechnocrates refusent d’imaginer parce que « c’est impossible » (en français dans le texte). Aux USA, ils font discuter leurs nucléopolytechnocrates (en anglais) avec des romanciers, des auteurs de science-fiction et des malades mentaux, pour essayer d’imaginer le pire. En France, nos nucléopolytechnocrates s’imaginent qu’ils ont assez d’imagination à eux tout seul pour imaginer le pire. Ils refusent de discuter avec des malades mentaux qui ne sont pas assez rigoureux dans leurs raisonnements. Ils n’ont donc pas pu imaginer le pire de ce qui peut arriver. Ils n’ont pu imaginer que ce que leur petite tête de nucléopolytechnocrate bien coiffé a pu imaginer. Ce qu’on leur enseigne dans les écoles. Et dans les écoles, on n’enseigne pas l’accident le pire. On n’enseigne que les accidents connus… Évidemment ; ceux qu’on n’a jamais imaginés, on ne peut pas les enseigner : on ne les connaît pas !

Selon certaines informations récentes, il semblerait toutefois que certains zozos d’EdF (des mal-éduqués probablement) commencent, après Fukushima, à envisager qu’il puisse arriver un problème grave sur deux réacteurs d’une même centrale, avec panne électrique et panne simultanée des circuits de refroidissement C’est le pire qu’ils puissent envisager actuellement, après 40 ans de fonctionnement. J’ignore s’ils envisagent aussi une panne concomitante des diesels de secours…

En plus, il est grotesque de dépendre à 80 % d’une seule méthode de production d’électricité. Ma grand-mère disait bien qu’il ne faut jamais mettre tous ses œufs dans le même panier. Mais en France, on a tout misé sur le nucléaire. 80 % des œufs dans le panier nucléaire ! Donc le jour où le nucléaire devient inutilisable (ce qui ne saurait tarder, au rythme où les accidents se produisent), on n’a plus d’énergie.
C’est d’ailleurs une des raisons pour lesquelles on s’acharne à maintenir obstinément le nucléaire en France. On ne peut pas l’arrêter : on n’a plus que lui. Si on l’arrêtait, on ne pourrait plus faire rouler qu’un train sur cinq, il faudrait éteindre quatre radiateurs sur cinq et on ne produirait plus que 20 % de nos voitures.

Ah ben oui ! Il aurait fallu faire un petit peu d’éolien, un petit peu d’hydraulique, un petit peu de pétrole, un petit peu de géothermie, un petit peu de biomasse, un petit peu de photovoltaïque, un petit peu (mais très petit peu) de nucléaire. Et beaucoup d’économies d’énergie. Nos nucléopolytechnocrates disent « tout ça, ça ne marche pas ». Mais ils n’en savent rien : ils n’ont jamais essayé ! Depuis 50 ans on dépense des fortunes dans le nucléaire (et encore, on n’a pas tout payé : après il va falloir démanteler… et ça, personne ne sait faire !), et on n’a donné aucun financement de recherche pour les éoliennes ou la géothermie. Si on avait mis dans les éoliennes le centième de ce qu’on a mis dans le nucléaire, il y a longtemps que les éoliennes auraient définitivement remplacé le nucléaire… Ça fait quand même un peu autiste comme comportement, non ? Ou schizophrène, peut-être, faudrait demander à un spécialiste.

Depuis les années 70, tous les promoteurs immobiliers, sponsorisés par Areva (qui s’appelait alors Cogema), installent à tour de bras des chauffages électriques dans des maisons « tout électrique ». Ils disaient « ça ne coûte pas cher ». Évidement, puisque le consommateur ne payait, au début, que la production, c’est-à-dire le salaire du conducteur (faut-il dire pilote ?). La construction des centrales était offerte par nos impôts (EdF était encore une entreprise nationalisée, au service du public), l’uranium était volé ou acheté à vil prix (c’est-à-dire échangé contre des armes) dans les anciennes colonies françaises en Afrique, et la déconstruction, le démantèlement, qu’on voit maintenant arriver (et que personne ne sait faire…) n’existait pas. Je ne parle pas du retraitement, ni de la surveillance des déchets par l’armée pendant 24 000 ans (demi-vie du plutonium). Si on avait obligé EdF à vendre son électricité au prix de revient réel, tout compris, elle aurait été cent fois plus chère (l’électricité, pas EdF, essayez de suivre un peu !). En fait, le véritable problème était de trouver des clients pour absorber la formidable surproduction d’électricité « offerte » par nos réacteurs nucléaires… Et le chauffage électrique est une assez bonne solution à ce problème puisqu’un radiateur consomme 100 à 200 fois plus qu’une ampoule « basse consommation », et que chaque kWh restitué par le radiateur nécessite la production de 3 ou 4 kWh dans la centrale. Il est difficile d’imaginer un gaspillage mieux organisé !

Car le chauffage électrique est une pure aberration du point de vue économique et scientifique ! En transformant la chaleur en électricité qu’on envoie à perpète pour la retransformer en chaleur, on perd au moins 70 % de l’énergie. Il faut évidemment fabriquer et consommer local ! C’est vrai pour le chauffage comme pour les tomates, les chemises ou les téléphones portables.
Et si chacun fabrique l’énergie dont il a besoin, il n’y a plus aucune panne ni accident grave. Au pire, on va s’approvisionner dans la ferme voisine. « Small is beautiful », disaient nos ancêtres de 1968. Alors que la centralisation expose à des risques de panne importants… Aujourd’hui, si un seul de nos 58 réacteurs est arrêté, ce sont deux départements qui sont privés d’électricité.

Nos nucléopolytechnocrates nous lancent à la gueule des pelletées de chiffres que personne n’a ni l’envie ni le temps d’aller vérifier. Il faudrait des mois. Ils n’ont aucune importance (les chiffres). Il est probablement vrai que le charbon, avec les coups de grisou, tue beaucoup plus que le nucléaire… au moins jusqu’à présent ! Mais je demande à voir plus tard, quand on en sera au cinquième accident grave (niveau 7), dont un près d’une capitale. Un coup de grisou fait quinze morts. Un accident nucléaire peut en faire dix millions. Les 27 000 morts de Fukushima ont été noyés ou écrasés. Ils n’ont rien à voir avec le nucléaire (mais nous allons constater des milliers de morts japonais irradiés cancérifiés d’ici quelques années). Nos nucléopolytechnocrates en profitent pour essayer de nous faire croire que Fukushima n’est pas un accident nucléaire, mais seulement une catastrophe naturelle. Et pourtant si : Fukushima est bien un accident nucléaire. S’il n’y avait eu qu’une usine de choucroute à Fukushima, il ne se serait rien passé de plus que les 27 000 morts écrasés sous leur maison ou noyés ! Et si Tokyo avait été un peu plus près de Fukushima, ou si le vent avait été un peu fort et orienté sud-ouest, on aurait pu avoir vingt millions de morts. Irradiés. Et ça, c’est pas naturel !

Mais on ne l’aurait peut-être pas su, puisque nos nucléopolytechnocrates refusent de comptabiliser les morts par cancer au-delà de trois semaines après l’accident. Ils disent qu’on ne peut pas vraiment savoir, que ça peut être dû au tabac, ou à l’alcool, ou à une mauvaise hygiène de vie. Ainsi, l’accident de Tchernobyl a fait entre un million de morts, selon les manifestants, et vingt-huit morts, selon la police : c’est ceux qu’elle a pu réellement voir écrasés par l’explosion au lendemain de la catastrophe. Les autres… on ne sait pas, on ne peut pas vraiment savoir. Certains étaient déjà très vieux et parfois malades. De toute façon, ils seraient bien morts un jour ou l’autre ! Peut-être bien d’un cancer…

Un récent article du Monde résumait bien le problème de la sécurité : quand les conséquences d’un accident deviennent illimitées, même si la probabilité de l’accident est très petite, on ne peut pas se permettre de prendre le risque.
Une des meilleures preuves qu’on ne doit pas prendre le risque est qu’aucune assurance n’accepte de couvrir les conséquences d’un accident nucléaire. Dans notre société ultra-libérale avancée, où seul le fric compte, si les assurances refusent d’assurer les centrales nucléaires, c’est bien qu’elles n’ont rien à y gagner, et donc que le risque d’y perdre est important !… Voilà un bel aveu que le nucléaire n’est pas sûr. Sinon, nos banquiescrocs n’hésiteraient pas à se faire du fric facile avec ça…

Alors où va-t-on ?
L’énergie, yen a plus. Ça veut dire qu’on va être obligés d’économiser l’énergie. Et de réduire notre consommation. Ce qui est encore la meilleure « source d’énergie ». Et la moins polluante ! Le problème est que ça ne plaît pas à EdF, à Areva, à GazdeFrance-Suez-DolceVita, à Bouygues, au CACA40 qui risquent de gagner moins. Et cela va à l’encontre du dogme (vérité indémontrable, mais indiscutable) de la croissance perpétuelle, dont ceux qui me connaissent savent ce que j’en pense.
Il n’est évidemment pas possible de continuer à vendre l’énergie comme si elle était gratuite. Elle est loin de l’être, comme certains l’avaient cru au XXe siècle. Et on ne peut pas non plus continuer à polluer l’atmosphère avec du CO2 et empoisonner l’environnement avec du césium 137 (demi-vie : 30 ans).

Il faut donc que le prix de l’énergie augmente. C’est inéluctable. Et il vaudrait mieux faire très vite ! Ceux qui prétendent le contraire sont des menteurs.
Ou des candidats à l’élection présidentielle.

Mais alors, les pauvres ?
Ben oui, les pauvres vont avoir des problèmes.
Une solution (déjà proposée pour l’eau), serait de distribuer les premiers kWh presque gratuitement (ce qui permet aux plus pauvres d’assurer l’essentiel), et d’augmenter ensuite le tarif très rapidement au fur et à mesure que la consommation s’accroît (ce qui peut dissuader les plus riches de gaspiller n’importe comment). Il n’y a pas de raison que les riches puissent remplir leur piscine au même tarif dérisoire que les pauvres paient pour boire ou faire la cuisine. Il n’y a pas de raison que les riches gaspillent l’essence de leurs gros 4×4 pour aller faire des safaris au Kenya au même tarif que les pauvres qui sont obligés de prendre leur scooter tous les jours pour aller bosser à la mine.

Une autre méthode, qui dans le fond est assez analogue, serait de distribuer un « revenu d’existence » à tout individu vivant, sans aucune contrepartie, sans aucun engagement, sans aucune condition de travail. Cela permettrait aux plus démunis d’avoir un peu de ressources pour survivre, même dans les temps difficiles.

Mais de toute façon, on ne peut plus continuer à bouffer ici comme quatre quand il y en a qui crèvent de faim ou de soif, pas bien loin. C’est valable pour les kWh comme pour le caviar. Et si les pays du sud essaient de fabriquer autant de voitures que nous, on va tous crever dans quelques années, nord et sud enfin réunis. Faut être raisonnables. Il n’y a pas de raison qu’on change d’ordinateur ou de télé tous les deux ans quand nos voisins n’ont même pas de quoi bouffer. Alors il va bien falloir accepter quelques voitures pour nos voisins du sud, qui n’en ont jamais eues, et beaucoup moins pour nous. Mais ça ne plaira évidemment pas à Renault, à General Motors, au CACA40 et à Monsieur Tout-le-monde, qui s’accroche à son gros 4×4 pour aller parader sur les Champs-Élysées et dîner au Fouquet’s avec sa Rolex.

Quand on partagera, il faudra vraiment bien diminuer notre niveau de vie pour homogénéiser tout ça. Sinon ça va exploser.
Et si on ne partage pas, il va falloir construire des murs très
hauts et très très costauds, tout autour de nous, avec des miradors, des chiens policiers, des mitrailleuses et des chars. Et je ne suis même pas sûr que cela suffise.
Alors peut-être une petite bombe atomique ?…

— Mais oui, mais d’accord, mais alors pourquoi le petit Nicolas, ou Ségolène ou Martine ne nous expliquent pas qu’ils vont être obligés de réduire notre niveau de vie ?
— Ben parce que s’ils construisent leur campagne là-dessus, personne ne votera pour eux.
— Aaaaah… c’est pour ça !

— Ben évidemment.

vendredi 29 avril 2011

Franchement on s’est bien marré…


Nous y voilà, nous y sommes.

Depuis cinquante ans que cette tourmente menace dans les hauts-fourneaux de l’incurie de l’humanité, nous y sommes.
Dans le mur, au bord du gouffre, comme seul l’homme sait le faire avec brio, qui ne perçoit la réalité que lorsqu’elle lui fait mal.

Telle notre bonne vieille cigale à qui nous prêtons nos qualités d’insouciance, nous avons chanté, dansé. Quand je dis « nous », entendons un quart de l’humanité tandis que le reste était à la peine. Nous avons construit la vie meilleure, nous avons jeté nos pesticides à l’eau, nos fumées dans l’air, nous avons conduit trois voitures, nous avons vidé les mines, nous avons mangé des fraises du bout monde, nous avons voyagé en tous sens, nous avons éclairé les nuits, nous avons chaussé des tennis qui clignotent quand on marche, nous avons grossi, nous avons mouillé le désert, acidifié la pluie, créé des clones, franchement on peut dire qu’on s’est bien amusé.

On a réussi des trucs carrément épatants, très difficiles, comme faire fondre la banquise, glisser des bestioles génétiquement modifiées sous la terre, déplacer le Gulf Stream, détruire un tiers des espèces vivantes, faire péter l’atome, enfoncer des déchets radioactifs dans le sol, ni vu ni connu.

Franchement on s’est marré.
Franchement on a bien profité.
Et on aimerait bien continuer, tant il va de soi qu’il est plus rigolo de sauter dans un avion avec des tennis lumineuses que de biner des pommes de terre.

Certes.

Mais nous y sommes.

À la Troisième Révolution.
Qui a ceci de très différent des deux premières (la Révolution néolithique et la Révolution industrielle, pour mémoire) qu’on ne l’a pas choisie.

« On est obligés de la faire, la Troisième Révolution ? » demanderont quelques esprits réticents et chagrins.

Oui.

On n’a pas le choix, elle a déjà commencé, elle ne nous a pas demandé notre avis. C’est la mère Nature qui l’a décidé, après nous avoir aimablement laissés jouer avec elle depuis des décennies. La mère Nature, épuisée, souillée, exsangue, nous ferme les robinets. De pétrole, de gaz, d’uranium, d’air, d’eau. Son ultimatum est clair et sans pitié: Sauvez-moi, ou crevez avec moi (à l’exception des fourmis et des araignées qui nous survivront, car très résistantes, et d’ailleurs peu portées sur la danse).

Sauvez-moi ou crevez avec moi.

Évidemment, dit comme ça, on comprend qu’on n’a pas le choix, on s’exécute illico et, même, si on a le temps, on s’excuse, affolés et honteux. D’aucuns, un brin rêveurs, tentent d’obtenir un délai, de s’amuser encore avec la croissance.

Peine perdue.

Il y a du boulot, plus que l’humanité n’en eut jamais.
Nettoyer le ciel, laver l’eau, décrasser la terre, abandonner sa voiture, figer le nucléaire, ramasser les ours blancs, éteindre en partant, veiller à la paix, contenir l’avidité, trouver des fraises à côté de chez soi, ne pas sortir la nuit pour les cueillir toutes, en laisser au voisin, relancer la marine à voile, laisser le charbon là où il est – attention, ne nous laissons pas tenter, laissons ce charbon tranquille – récupérer le crottin, pisser dans les champs (pour le phosphore, on n’en a plus, on a tout pris dans les mines, on s’est quand même bien marré).

S’efforcer.
Réfléchir, même.

Et, sans vouloir offenser avec un terme tombé en désuétude, être solidaire.
Avec le voisin, avec l’Europe, avec le monde.

Colossal programme que celui de la Troisième Révolution.

Pas d’échappatoire, allons-y.

Encore qu’il faut noter que récupérer du crottin, et tous ceux qui l’ont fait le savent, est une activité foncièrement satisfaisante. Qui n’empêche en rien de danser le soir venu, ce n’est pas incompatible.

À condition que la paix soit là, à condition que nous contenions le retour de la barbarie – une autre des grandes spécialités de l’homme, sa plus aboutie peut-être.

À ce prix, nous réussirons la Troisième Révolution.

À ce prix nous danserons, autrement sans doute, mais nous danserons encore

Fred Vargas

Merci à   L’ami du Foyer de Grenelle qui a publié ce texte dans son no 345, avril-mai 2011.

lundi 25 avril 2011

Gaz de schiste

Éric Besson n’en rate pas une : « Il ne faut pas fermer la porte au gaz de schiste », a-t-il déclaré après le rapport très mitigé sur l’utilisation de cette ressource, au moins avec les méthodes de facturation de roches actuellement envisagées.

Il serait dommage, en effet, de se priver d’une source d’énergie fossile qui pourrait encore aggraver la situation climatique de la Terre en augmentant le taux de CO2 dans l’atmosphère. Et ne parlons pas des dégâts que son extraction provoque dans l’environnement au sol !…

Après tout, il n’y a pas que le solaire ou l’éolien, comme source d’énergie. Il faut savoir diversifier !

jeudi 21 avril 2011

Dioxyde de carbone et uranium : qui va gagner ?


À la fin du XIXe siècle, l’industrie qui se développait à grande vitesse (pour améliorer la condition humaine) pompait allègrement dans les stocks de charbon et de pétrole pour faire tourner ses machines. Personne n’y a rien trouvé à redire jusqu’à ce qu’on s’aperçoive (très récemment) que les combustibles fossiles dégageaient tant de gaz carbonique que la Terre allait rapidement devenir inhabitable : trop chaude ! Aujourd’hui, on discute pour essayer (mais c’est pas gagné !) de rejeter moins de CO2 dans l’atmosphère. Attention : cela ne veut pas dire que le taux de CO2 dans l’atmosphère va diminuer, mais juste qu’il augmentera moins vite…

Certains ont trouvé, avec l’énergie nucléaire, une bonne façon de « ne plus polluer ». EdF et Areva en sont très fières. L’uranium : enfin une énergie « propre » qui n’émet pas de CO2 ! Grâce au nucléaire la planète va être sauvée…
Sauvée ?

Ben peut-être pas.

Quand on voit, après Tchernobyl, puis Fukushima, l’augmentation de la dispersion d’éléments radioactifs dans la nature, on peut quand même se poser des questions. Certes, la France est actuellement (à peu près) épargnée. De même que le Kénya ou le Pérou ne souffraient pas d’un taux trop élevé de CO2 dans les années 1930. Mais qu’en sera-t-il dans cent ans ?

Il faut bien souligner que l’énergie nucléaire crée et accumule de nos jours des quantités invraisemblables d’isotopes radioactifs dont la durée de vie se mesure en milliers d’années. Et dont personne ne sait que faire, une fois que les combustibles usés sont extraits des réacteurs. Alors quand ces produits sont répandus dans l’atmosphère ou la mer pour cause d’accident, n’en parlons pas !

Après les essais des bombes nucléaires dans la deuxième moitié du XXe siècle, qui ont dispersé pas mal de saletés radioactives dans l’air que nous respirons, Tchernobyl et Fukushima ont montré que les pollutions consécutives à un accident concernent la planète entière, tout comme le CO2 dégagé par nos parents et grands-parents il y a cent ans.

Les japonais viennent d’interdire totalement l’accès aux environs de leur centrale agonisante, dans un rayon de 20 km. En attendant plus. Les habitants du coin apprécient modérément.

Mais les isotopes radioactifs, ça se balade… Il arrivera certainement un jour où nos descendants, munis de compteurs Geiger, chercheront en vain un endroit pas trop radioactif pour pique-niquer.

Rappelons que si la période (temps au bout duquel la radioactivité est divisée par deux) du césium 137 n’est « que » de 30 ans, celle du plutonium 239, créé dans les réacteurs, et dispersés dans la nature quand ils explosent, est de 24 000 ans. Ce ne sont que deux exemples.

N’est-il pas temps de se demander ce que deviendront ces « déchets » dans 100, 500 ou 2000 ans ? Qu’ils soient conservés précieusement dans des bidons stockés sous l’Élysée et gardés par l’armée, ou qu’ils soient répandus « par accident » dans la nature…

Peut-on garantir qu’aucun Kadhafi futur ne s’amusera avec ?

Ou peut-on garantir que tous les futurs chefs d’État, pendant plusieurs milliers d’années, seront obligatoirement sains d’esprit ?


samedi 2 avril 2011

Fukushima… et divers !


Il a suffi que je m’éloigne trois semaines au soleil pour qu’ils nous mettent en vrac Fukushima, la guerre en Libye et le retour de Gbagbo.

Je reviendrai certainement sur Fukushima qui montre enfin, comme le déclare Denis Clerc dans Alternatives économiques qu’une probabilité même très faible d’un risque illimité n’est pas acceptable…

Pour aujourd’hui, je me contenterai de deux remarques :

La première pour constater que la guerre en Libye est en mauvaise passe depuis que nos avions ne peuvent plus aller bombarder les troupes de Kadhafi pour cause de mauvais temps : nuages, vent, et peut-être même pluie. Souhaitons que nos prochain ennemis ne choisissent pas l’hiver pour nous attaquer…

La seconde pour souligner l’augmentation des tarifs du gaz de 5,2 %, qui porte à 20 % l’augmentation depuis un an. Non, ce n’est pas un poisson d’avril. Personne n’a jamais pu expliquer clairement pourquoi le prix du gaz était indexé sur celui du pétrole, un peu comme si le prix de la banane était lié à celui du papier… GdF-Suez-Dolcevita fait, comme Total, des bénéfices faramineux qu’il redistribue largement à ses actionnaires. On ne voit donc pas vraiment ce qui justifie cette augmentation ! L’habitude, peut-être ? Néanmoins, le gouvernement (qui doit bien sentir l’indécence de cette augmentation) va réfléchir à un gel des tarifs, jusqu’à la prochaine élection présidentielle.

Jusqu’à la prochaine élection présidentielle ?
Oui : jusqu’à la prochaine élection présidentielle.
Et après ?
Ben après… on verra !

Ils nous prennent encore pour des cons ?

Si j’étais le petit Nicolas, tant qu’à faire, puisqu’il ne sera pas réélu, j’aurais déclaré un gel illimité et définitif des tarifs. Ça m’aurait peut-être rapporté quelques voix de plus. Je me demande s’il est encore capable de réfléchir.

mercredi 23 février 2011

Mauvais joueur

Filed under: Economie, Politique, Violence — Étiquettes : , , , , , , , , — Jean-Luc @ 14:53


Le petit Nicolas a donc demandé à l’Union européenne de suspendre ses relations économiques et financières avec la Libye, ce qui n’est pas vraiment conforme au dogme principal de l’ultra-libéralisme avancé selon lequel tant qu’on gagne du fric, on ne s’occupe pas du reste !

Par exemple, nous ne pourrons plus livrer au guignol-tyran-dictateur-tortionnaire-clown Mouammar Kadhafi les centrales nucléaires et les Rafale qu’il était venu commander en 2007 pour tirer sur son peuple.

Ça va nous faire un manque à gagner !

Surtout qu’avec toutes ses conneries, il fait monter le prix du pétrole

lundi 21 février 2011

Psychiatrie

Filed under: Economie, Politique, Violence — Étiquettes : , , , , , , — Jean-Luc @ 19:23

Le tortionnaire-Guide-Suprême et tyran-colonel-voyou-terroriste de Libye, Mouammar Kadhafi pourrait être en fuite vers le Venezuela, après 41 ans de dictature féroce sur un pays qui regorge de pétrole (premier – ou deuxième ? – ou quatrième ?, j’arrive pas à savoir – producteur africain : les récentes émeutes dans ce pays ont fait bondir le cours du brut).

La France avait reçu ce clown il y a trois ans (le jour même de la journée des droits de l’homme !), avec tous les honneurs, comme elle reçoit avec affection, légion d’honneur, et trémolos dans la voix, la plupart des tyrans-tortionnaires-dictateurs de la planète.

On se demande s’ils le font exprès (les Français, pas les tortionnaires) !

Je pense qu’il va falloir renouveler notre ambassadeur à Tripoli. Mais il faudra que le petit Nicolas le choisisse avec précaution : un ambassadeur ne peut pas se permettre d’être aussi désagréable, vulgaire et agressif qu’un président de la république.

Et j’espère qu’il y a de bons hôpitaux psychiatriques au Venezuela.

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