Entendre

samedi 28 mars 2015

Sécurité

Filed under: Politique, Science, Société — Étiquettes : , , , , , , — Jean-Luc @ 5:07

Un pilote d’Airbus, que personne n’imaginait dépressif, pète les plombs et précipite son A320 sur une montagne des Alpes. 150 morts.

Un pilote de centrale nucléaire, que personne n’imaginait dépressif, pète les plombs et relève les barres de contrôle de son réacteur. Fusion du cœur, explosion, et dispersion des déchets radioactifs. 345 000 morts.

Un président de la République, que personne n’imaginait dépressif, pète les plombs et appuie sur le bouton rouge de la bombe. Troisième guerre mondiale. 182 millions de morts immédiats, et tout l’hémisphère nord inhabitable pour quelques milliers d’années.

Il y a longtemps que les banques ont compris le problème et, dans la moindre agence de campagne, le coffre ne s’ouvre qu’avec trois clés différentes détenues par trois personnes différentes.

Il y a moins de chances qu’elles pètent les plombs simultanément…

mardi 6 décembre 2011

Sécurité


Greenpeace a réussi à introduire un commando de militants dans la centrale nucléaire de Nogent sur Seine, jusque sur le toit d’un des réacteurs.

Au moment où le gouvernement s’auto-congratule et clame sa satisfaction de voir que tous les tests auxquels les centrales ont été soumises après Fukushima ont été positifs, cet épisode est bien savoureux.

Il montre à l’évidence que l’accident, celui qui casse pour de vrai, est toujours consécutif à un événement qu’on n’avait pas prévu.

Avant Fukushima, personne n’avait prévu que les groupes de secours pourraient ne pas démarrer au moment où tous les circuits électriques sautaient.

Avant Fukushima, nos centrales étaient sûres à 100 %.

Après Fukushima, poussés par l’inquiétude justifiée de la population, le gouvernement a bien voulu mettre nos centrales « à l’épreuve ». Il a constaté que si les problèmes qui se sont produits à Fukushima, grosso modo, étaient arrivés en France nos réacteurs auraient tenu. Enfin, c’est ce qu’il annonce.

Greenpeace montre aujourd’hui qu’il y a (encore !) des failles dans la sécurité. Un porte-parole du ministère de l’intérieur a précisé : « À aucun moment l’intégrité des installations nucléaires n’a été mise en péril. »

Mais le petit Nicolas a déclaré lui-même qu’il était « irresponsable de prendre des risques avec sa vie et avec la vie des autres ».

Faudrait savoir : yavait un risque ou yavait pas de risque ?

Je suppose que si le groupuscule « irresponsable » de Greenpeace avait été un commando « responsable » d’Al-Qaida, les discours (et les conséquences matérielles de l’expédition) n’auraient pas été les mêmes.

Le ministre de l’intérieur, le sinistre Guéant, a déclaré pour conclure qu’il y avait des « défaillances » dans notre dispositif de sécurité. Ah ben oui, mais ce n’est pas ce qu’il disait il y a quelques semaines.

Non, le nucléaire n’est pas sûr. Nous sommes d’accord.

Mais c’est grâce au test de Greenpeace qu’on en est sûr.

On devrait les décorer !

jeudi 27 octobre 2011

Indépendance énergétique


Depuis quarante ans, on nous bassine avec le tout nucléaire, « garantie de l’indépendance énergétique de la France ».

Alors d’abord, c’est une supercherie, parce que je ne sais pas où nos nucléopolytechnocrates vont chercher leur uranium, mais ce n’est certainement pas dans le Berry, ni en Provence ni en Picardie. C’est peut-être même pour cela que la France a des relations douloureuses avec certains pays d’Afrique…

Ensuite, c’est même tellement faux qu’Éric Besson prévient à l’avance qu’on risque de subir une pénurie et des pannes d’électricité l’hiver prochain parce que l’Allemagne a fermé des centrales nucléaires après Fukushima.

Ah ben oui : en hiver, nous importons de l’électricité allemande… s’ils en ont en trop.

Une certaine vision de l’indépendance énergétique !

mercredi 7 septembre 2011

Tchernobyl et algues vertes


Il y a longtemps qu’on s’en doutait : maintenant on en est sûrs ! Les algues vertes ne sont pas bonnes. Cet été, trente-six sangliers sont morts en allant trottiner sur les plages bretonnes, au milieu les algues vertes. Aujourd’hui, de vrais scientifiques affirment que le H2S que dégage la décomposition de ces algues est aussi dangereux pour l’homme que pour les sangliers.

Le scientifique « petit Nicolas » avait, lui, affirmé que « l’environnement, ça suffit comme ça », et qu’il fallait aussi laisser les agriculteurs et cochoniculteurs travailler, même salement. On cherche ses voix où on peut, mais je ne suis pas sûr que les agriculteurs bretons pèsent autant électoralement que les familles qui vont se baigner sur les plages de Bretagne.

Enfin, on verra dans quelques mois…

Ce qui nous manque, dans le domaine des algues vertes, c’est un professeur Pierre Pellerin qui affirmerait avec conviction que le nuage des algues vertes n’a pas pu pénétrer les frontières de la France, et que de toute façon, ce qui est passé n’a eu aucune conséquence parce que c’était négligeable, et que, même s’il y a maintenant des malades, on ne peut pas faire de relation causale parce que c’était il y a très longtemps, et ils peuvent avoir attrapé leur maladie n’importe où et n’importe comment.

Il suffit de le dire avec assurance !

mardi 5 juillet 2011

Notre accident nucléaire de niveau 7


C’est donc à Fessenheim, à 25 km au nord de Mulhouse, que se produira notre accident nucléaire de niveau 7, succédant à Tchernobyl et Fukushima.

Dans un sens, c’est plutôt favorable puisque les vents d’ouest dominants emporteront l’iode 131, le césium 137 et le plutonium 239 vers l’Allemagne, qui commence 2 km à l’est.

Les pauvres ! Eux qui viennent précisément de décider d’arrêter le nucléaire…

Cette centrale, la plus vieille de France, mise en service en 1977 sur une zone à risque sismique, devait durer trente ans. Jusqu’en 2007 donc. Elle durera jusqu’en 2021…

C’est cette centrale qui avait dû être refroidie à la lance à incendie lors de la canicule de 2003, le débit du Rhin étant devenu insuffisant pour assurer son refroidissement « naturel ».

L’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a donné son feu vert pour prolonger de dix ans notre angoisse.

Je pense que la principale raison est qu’ils n’ont rien à proposer pour la remplacer. Mais tant que l’on ne fera en France aucune étude sur l’éolien, le photovoltaïque ou la géothermie profonde, parce qu’on n’a plus de fric puisque tout va dans le nucléaire, il est évident que nous n’aurons rien pour remplacer le nucléaire.

Une autre raison qui tend à prolonger les centrales est que personne ne sait démanteler une centrale nucléaire, et que le prix que ça va coûter serait, à lui seul, une raison pour ne jamais arrêter.

André-Claude Lacoste, président de l’ASN, a annoncé : « J’ai le sentiment que les centrales nucléaires sont sûres. »

Est-il bien raisonnable de laisser la décision de prolonger la vie de nos centrales à un homme qui confond raisonnement scientifique et sentiment ?

Rappelons à Monsieur Lacoste que le Japon vient d’élargir la zone d’évacuation autour de Fukushima (un accident qui avait été déclaré au niveau 4 le 11 mars dernier avant d’être relevé jusqu’au niveau 7 – maximal – quelques semaines plus tard), car la radioactivité dépasse dans cette nouvelle zone la limite « légale » de 20 mSv par an (limite rehaussée quand ils se sont aperçus que la précédente valeur de 1 mSv par an allait être de toute façon largement dépassée).

Rappelons aussi à ce monsieur qu’un article du monde daté du 3-4 juillet signale que des enfants habitant à 60 km de Fukushima pissent du césium 134 et 137. Cela s’appelle une contamination interne. Mais bon, chez nous on s’en fout, ce seront les petits Allemands qui pisseront du césium.

Il y a tout de même, pour l’ASN, deux conditions à cette prolongation :

1- renforcer le radier afin d’augmenter sa résistance au corium en cas d’accident grave avec percement de la cuve. C’est ce qui s’est produit à Fukushima dans trois des réacteurs. Le radier est cette dalle de béton sur laquelle s’écoule le cœur en fusion (environ 2 000°) quand il y a un problème. Et pourquoi donc faut-il le renforcer ? N’avions-nous pas les centrales les plus sûres du monde et sans aucun défaut ? De toute façon, ils auront du mal à intervenir puisque c’est une zone, sous la cuve, fortement radioactive, où je ne pense pas qu’ils oseront envoyer des maçons, même intérimaires polonais… Enfin… j’espère !

2- Installer des dispositifs de secours pour refroidir quand il fait trop chaud. En voilà une idée qu’elle est bonne ! Ils n’y avaient donc pas encore pensé, depuis 1977.

Mais enfin pourquoi donc n’ont-ils pas confiance ? Pensent-ils que nos divins pilotes pourraient laisser fondre le cœur ?

Et tout cela pour quoi ? Pour faire passer la probabilité d’accident de « une chance sur dix millions » à « une chance sur vingt millions ».
Est-ce bien raisonnable ? Tant qu’il reste une chance, l’accident nucléaire ayant des conséquences que personne maintenant ne peut plus ignorer ni nier, le nucléaire reste inacceptable.

samedi 18 juin 2011

On ne « détruit » pas la radioactivité

Filed under: Science, Société — Étiquettes : , , , , — Jean-Luc @ 15:20


Du thé vert radioactif provenant du Japon a été intercepté à Roissy. Il a été saisi car il est contaminé avec du césium 137, un isotope radioactif dont la période (aussi appelée demi-vie : temps au bout duquel il ne reste que la moitié de la radioactivité initiale) est de 30 ans.

« Le lot sera détruit », annonce sobrement l’information.

Soyons clairs : on peut colorer le thé en bleu pour le rendre moins appétissant, on peut le dissoudre dans de l’acide fluorhydrique, on peut le mélanger à des têtes de sardines pourries, on peut le brûler, ou le fondre dans un bloc de verre… tout cela ne changera rien à la radioactivité des atomes de césium 137.

Un atome radioactif reste radioactif, quels que soient les traitements qu’il subit, jusqu’à ce qu’il se désintègre en émettant les rayons ionisants qui le rendent dangereux.

Ce qui est inquiétant, c’est précisément l’arnaque qui consiste à annoncer que « le lot sera détruit », comme si, après cette destruction, il ne restera rien.

Après la destruction, il y aura toujours autant de radioactivité, mais on ne saura peut-être plus où elle a été dispersée…

Ce n’est pas vraiment un avantage !

mercredi 15 juin 2011

Les avantages du nucléaire


Anne Lauvergeon, présidente d’Areva, considère que le nucléaire doit continuer à se développer en France, bien que les Allemands, les Suisses et les Italiens aient décidé d’arrêter, et malgré les doutes des Japonais.

Bon, elle est un peu obligée : c’est son boulot de développer le nucléaire. Comme je suppose qu’elle est grassement payée, je ne vois pas pourquoi elle dirait du mal de ce qui la fait vivre… confortablement, je présume.
En plus, elle est actuellement candidate à sa propre succession : elle ne va pas se tirer une balle dans le pied !

Et pour développer le nucléaire, elle construit des réacteurs EPR « encore plus sûrs » que les précédents (PWR). C’est déjà avouer que les PWR (dont nous avons encore 58 exemplaires un peu partout en France) étaient « moins sûrs » que les EPR. Ce qu’elle s’était bien gardée de nous dire !

Mais les assureurs ne sont pas dupes : aucun d’eux n’a jamais accepté de couvrir les risques d’un accident nucléaire. Ni sur un PWR, ni sur un EPR. Pas fous, les assureurs. Personnellement, j’estime qu’ils sont un bon thermomètre de la sûreté des centrales, et je croirais les affirmations d’Anne Lauvergeon sur la sécurité quand elle trouvera un assureur qui accepte de prendre le risque de rembourser un éventuel accident.

Autre argument désespéré d’Anne Lauvergeon : « Le nucléaire en France représente plus de quatre cent mille emplois. »

Très bien. Et l’éolien, et le photovoltaïque ? Rien ? Et pourquoi donc ne s’y mettrait-on pas ? Quand on aura quatre cent milles emplois dans l’éolien, on pourra peut-être comparer les avantages et les inconvénients.

Non ?

vendredi 10 juin 2011

Bouffées de neutrons

Filed under: Economie, Science — Étiquettes : , , , , , — Jean-Luc @ 23:43


Les rejets radioactifs à Fukushima ont été revus à la hausse par le gouvernement japonais. Plus de deux fois supérieurs à ce qui avait été initialement annoncé. En gros, 7 fois moins que Tchernobyl. Rien que ça !

Le cœur des réacteurs 1, 2 et 3 est en fusion (depuis le 11 mars, à quelques jours près) ; chacun d’eux a vraisemblablement percé la cuve et serait donc au fond des enceintes de confinement. Certains nucléopolytechnocrates en profitent pour affirmer que le combustible est « donc » refroidi et solidifié.
Ce n’est pas l’opinion de tout le monde : le GSIEN en particulier s’inquiète que des bouffées de neutrons aient été récemment détectées au voisinage du site, ainsi que de l’iode 131, ce qui indiquerait la formation de « masses critiques » qui divergent temporairement dans un magma encore en fusion.

Le gouvernement japonais reconnaît qu’il était insuffisamment préparé pour une telle catastrophe.

Mais nous pouvons dormir tranquilles. Ce n’est pas en France que le petit Nicolas aurait eu tant d’hésitation devant la fusion de trois cœurs de réacteurs : il aurait immédiatement fait distribuer des comprimés d’iode aux populations voisines.

Le plus dramatique, dans cette histoire, est que l’action de Tepco a chuté de 27,62 % lundi à Tokyo, et encore de 10 % mercredi !

lundi 6 juin 2011

Le prix du nucléaire


Éric Besson a déclaré dimanche sur Europe 1 que la sortie du nucléaire coûtera très cher. Il en conclut qu’il vaut mieux conserver le nucléaire.

Trois commentaires :

1- Il a raison pour la première partie de ses affirmations : la sortie du nucléaire va nous coûter très cher. Surtout que chez nous, en France, on a fait l’erreur de miser à 80 % sur le nucléaire et pratiquement rien sur le renouvelable. Pour les Allemands, qui vont sortir du nucléaire, c’est plus simple et moins coûteux : ils n’ont que 20 % de nucléaire et 17 % de renouvelable. Signalons au passage que les énergies renouvelables en Allemagne occupent plus de 375 000 emplois.

2- Continuer le nucléaire va aussi nous coûter très cher, quand on aura réellement pu constater le prix du démantèlement des vieilles centrales, le coût de la construction des nouvelles centrales (le prix des EPR n’arrête pas d’augmenter au fur et à mesure qu’on les construit…) et, bien sûr, le prix de la gestion des déchets pendant 24 000 ans. Encore que, pour ça, à mon avis, Éric Besson compte sur nos enfants pour payer. Ou peut-être même nos petits-enfants.
Et je ne parle même pas de l’hypothèse d’un accident à la Fukushima dont on a du mal à imaginer le coût total, même si nos divins pilotes rendent cette hypothèse très peu probable…

3- Ne vaut-il pas mieux vivre pauvre que mourir riche ?

mardi 31 mai 2011

À Fukushima, tout n’est pas fini…

Filed under: Politique, Science, Société — Étiquettes : , , , , , , , , — Jean-Luc @ 16:48


Il va bien falloir en reparler !
Il y a déjà trois semaines que Tepco a avoué timidement que la cuve du réacteur no 1 de Fukushima était percée en plusieurs endroits par le combustible fondu.
Tellement timidement que pratiquement personne n’a entendu, et personne n’en parle.

Pourtant, une cuve percée après fusion du cœur, c’est pas rien !
Three Mile Island, c’était un cœur partiellement fondu dans une cuve qui avait tenu le coup.

Fukushima, c’est une fusion totale du cœur dans une cuve percée, et deux autres cœurs fondus au moins partiellement (réacteurs n° 2 et 3).

Ils sont tellement embêtés, à Fukushima (la ville), qu’ils ont (d’après un article du Monde d’hier) relevé la dose d’irradiation admissible pour la population « civile » de 1 à 20 mSv par an.

Ils font comme ça les divins spécialistes du nucléaire : ils définissent des doses admissibles, mais si ça fuit tellement que les doses sont dépassées, ils relèvent les seuils admissibles. Comme ça, ils sont tranquilles.
En France, la dose admissible pour le public est de 1 mSv par an (code de la santé publique, Article R1333-8). Notez-la bien. Parce qu’au premier problème rencontré sur nos centrales, ils relèveront ce seuil à 10 ou 20 mSv par an, sans aucun état d’âme.

Mais, bon… Il va falloir attendre que la panique provoquée par DSK et Tron se tasse un peu pour que nos journalistes consentent à changer de sujet.
D’autant que Luc Ferry a encore des révélations à faire

La vie sexuelle de nos gouvernants est quand même vachement plus importante que les catastrophes nucléaires que le Japon nous prépare.

En tout cas, ça intéresse plus les lecteurs.

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