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vendredi 13 novembre 2009

Brice Hortefeux

Filed under: Divers, Langue, Société — Étiquettes : , , — Jean-Luc @ 12:58

Ne dites plus « fichier », dites « base de données ».
Ne dites plus « caméra de vidéo-surveillance », dites « caméra de vidéo-protection ».

Ce sont des recommandations de notre sinistre de l’intérieur.

Il nous prend pour des cons !

Ah, c’est important, le langage…

Personnellement, je continuerai à dire que les caméras de surveillance permettront aux flics d’entrer mon nom dans leurs fichiers.
Comme aux plus beaux jours de l’URSS des années 60.

Tiens, aujourd’hui, c’est la saint Brice.

Protégez-nous, saint Brice, avec vos caméras !

Si vous en connaissez…

mardi 9 septembre 2008

SAFARI, EDVIGE, CRISTINA et les autres…

Filed under: Politique, Société — Étiquettes : , , — Jean-Luc @ 23:02

Apparemment, EDVIGEExploitation documentaire et valorisation de l’information Générale »… J’aime tant lorsque les militaires ou les politiques se mettent à écrire des acronymes poético-littéraires !) fout les chocottes à l’ensemble du monde démocratique.
Il n’y a guère qu’Hortefeux (qui ne fait pas partie du monde démocratique, et qui continue imperturbablement à expulser hors de France tout ce qui n’est pas blanc, riche, vieux, bien éduqué, catholique, de droite, ou d’extrême droite…) pour estimer que c’est un bon fichier très comme il faut.
Et peut-être MAM, qui fait semblant de s’en foutre parce qu’elle n’a pas assez d’opinions personnelles pour s’opposer au chef.

La CNIL (créée en 1978 après le scandale du projet SAFARI, ancêtre d’EDVIGE) a émis plusieurs objections qui n’ont pas été prises en compte par le gouvernement. Car (hélas), depuis 2004, la CNIL n’a plus le pouvoir de bloquer un fichier liberticide : si le gouvernement est toujours tenu de demander l’avis de la CNIL, il n’est plus obligé d’en tenir compte.
Fillon essaie même de faire croire que la CNIL est d’accord et a donné son aval à ce monstre liberticide !

Le Conseil d’État a probablement émis quelques objections aussi, mais il n’a pas le droit de les rendre publiques. On se doute bien pourtant que s’il était d’accord, le gouvernement l’aurait proclamé haut et fort depuis longtemps.

La Ligue des droits de l’homme, interrogée lundi sur France Inter, en la personne de son président, Jean-Pierre Dubois, est stupéfaite de voir arriver un tel fichier, qui établit un fichage politique, médical et financier de ses citoyens, depuis l’âge de 13 ans, dans une société qui essaie encore de se prétendre démocratique !

Même Hervé Morin, sinistre de la Guerre et de l’Holocauste nucléaire, s’inquiète de cette atteinte aux libertés et de cette instauration d’un état policier digne de la Corée du Nord ou de l’URSS des mauvais jours.

Même aussi Rama Yade, sinistre des droits de l’homme rétrécis, se dit « inquiète » pour les libertés.

Et même encore, Laurence Parisot, qui est loin d’être une gauchiste, s’est déclarée « troublée », et a demandé au gouvernement « des explications » sur le contenu de ce fichier, qui, je le rappelle, enregistrera, sans aucune limite de temps, des informations sur les tendances politiques, l’état de santé présent et passé, les antécédents psychiatriques, les origines raciales ou ethniques, les opinions philosophiques et religieuses, les orientations sexuelles, les patrimoines, ou les problèmes financiers de tout individu âgé de 13 ans ou plus, jugé « susceptible de porter atteinte à l’ordre public ».
Il n’est même pas question de réprimer des actes : la simple estimation que l’individu pourrait porter atteinte à l’ordre public autorise le fichage.
Estimation par qui ? Mystère et boule de gomme. Peut-être le petit Nicolas lui-même ?
Nous voici revenus au temps des lettres de cachet !
« Tiens, celui-ci, j’estime qu’il pourrait porter atteinte à l’ordre public : au cachot ! »

Comme demande Jean-Pierre Dubois (LDH) : « En quoi la santé ou l’activité sexuelle d’un gosse de 13 ans peut-elle intéresser le gouvernement ou la police au point d’être enregistrée dans un fichier ? »

Pour lâcher un peu de lest, MAM (qui ne doit pas trop savoir où elle en est) a expliqué aujourd’hui que l’on pourrait éventuellement envisager que les renseignements concernant les gosses de 13 ans puissent peut-être effacés « après un certain temps »…
C’est à la limite de la provocation. Il n’est pas question d’accepter que les renseignements collectés sur nos gosses puissent « éventuellement » être effacés « après un certain temps » ! Il n’est tout simplement pas acceptable qu’une police politique fiche les gosses de treize ans. Point.
Surtout pour ce qui concerne leur orientation sexuelle !

Comme dit encore Jean-Pierre Dubois (LDH) : « Le gouvernement n’a rien à faire dans notre chambre à coucher ! » Encore moins dans celle de nos enfants…

Le petit Nicolas, qui doit sentir que ça tourne très mal, a convoqué une réunion d’urgence aujourd’hui avec Fillon et MAM. Il semblerait qu’il ne soit plus très chaud pour la consignation des orientations sexuelles. Et il estimerait qu’il n’est pas vraiment nécessaire de ficher les personnalités connues. En gros, les députés et ministres risquent de s’en sortir sans trop de problème. Et les homosexuels pourront peut-être ne pas être enregistrés en tant que tels…
Ben dis-donc ! Elle est de plus en plus libérale, notre démocratie.
Et le reste, il n’est pas opposé ? Voilà peut-être une des clés du problème : ils ont mis la barre très très haut, espérant qu’en la descendant un petit peu, le reste passerait facilement.

La pétition « Non à EDVGIGE » continue de circuler. Il est encore temps d’ajouter votre signature à celle des 132 639 Français qui se sont déjà déclarés opposés à ce fichage politico-policier (mais soyez patients ! Ce soir en tout cas, le site semble saturé et difficile à atteindre. Ou il a peut-être été débranché par notre police politique ?).

Je rappelle en outre que si le courroux populaire arrive à faire disparaître ce fichier immonde, il restera encore un autre fichier dont on parle moins, puisqu’il est « confidentiel-défense ».
Le fichier CRISTINACentralisation du renseignement intérieur pour la sécurité du territoire et les intérêts nationaux »… Ah, ces militaires, quels poètes !) est le même qu’EDVIGE, sauf qu’il est tenu par les militaires et qu’il est « confidentiel-défense ».
Vous n’en saurez donc pas plus.

Comme dit MAM, qui n’a pas l’air d’y comprendre grand-chose : il faut bien que la société se défende contre les ennemis !
Des ennemis ? Où ça ?

Addendum du 11 septembre :
À signaler une « petite » pétition parallèle, pour ceux qui n’arriveraient pas à se connecter sur « nonaedvige » (souvent saturée) : « L’honneur perdu d’Edwige », qui a tout de même recueilli 7 551 signatures à ce jour. Avec Nonaedvige qui en est à 142 823, cela fait un total de 150 374 Français que les droits de l’homme démangent !

À moins qu’il y en ait (des intégristes !) qui signent les deux ?

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