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mardi 18 octobre 2011

Prophétie auto-réalisatrice


Donc l’agence Moody’s (c’est un nom qui fait la gueule !), sous-marin de l’extrême droite de notre capitalisme à l’agonie, envisage de surveiller les finances de la France dans les trois prochains mois en vue d’abaisser éventuellement sa note de AAA à … on ne sait pas quoi, comme elle a déjà fait pour la Grèce, le Portugal et l’Italie. Entre autres.

Comme il n’est pas question que cette officine cryptofasciste payée par les banques ait quelque pouvoir que ce soit sur les taux auxquels la France peut emprunter, le petit Nicolas va tout faire pour que la France conserve son AAA.

C’est-à-dire continuer à virer les fonctionnaires (on lui suggère d’essayer « deux sur trois » au lieu des « un sur deux » qui ne produisent pas de réel effet durable sur la finance), fermer les écoles, supprimer ou privatiser les hôpitaux et ce qui reste de services publics, etc.

Moyennant quoi, la rigueur va s’accroître, le chômage va augmenter, le PIB va s’effondrer, et Moody’s pourra, dans trois mois, nous passer à AB -, voire BCD – – ou pire !

Et, comme les banques ne feront plus confiance à la France, les taux de nos emprunts vont monter en flèche, si bien qu’il nous faudra payer encore plus pour rembourser une dette qui n’en finit pas de gonfler. Et la France va faire faillite, justifiant ainsi les inquiétudes actuellement affichées par Moody’s.

C’est ce qu’on appelle une prophétie auto-réalisatrice.

Je suggère un autre scénario : Moody’s maintient sans aucune hésitation son AAA. La France continue à emprunter à bas coût. Donc elle peut financer la croissance, le PIB augmente et Moodys est content. Ou contente ?

C’est également une prophétie auto-réalisatrice.

Comme on le voit, Moody’s est libre de choisir aujourd’hui l’avenir de la France. S’il (si elle ?) a choisi un avenir sombre, c’est parce qu’il (elle ?) ne nous aime pas et qu’il (elle) veut notre malheur.

Je propose que le petit Nicolas déclare la guerre à Moody’s.

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mardi 21 juin 2011

Le prix de l’éducation


Si vous trouvez que l’éducation coûte cher, essayez l’ignorance. (Abraham Lincoln)

– Bon, François, tu me vireras 16 000 postes d’enseignants en septembre, et tu fermeras 1 500 classes en primaire. L’enseignement coûte très cher, il ne rapporte absolument rien, et en plus c’est rien que des repères de gauchistes…

– Mais, Votre Altesse Sérénissime, n’oubliez pas (si je puis me permettre d’oser argumenter devant Votre Béatitude) que Votre Bienheureux Poste de Guide Suprême sera remis au vote populaire (maudit soit-il) dans une dizaine de mois… Cette mesure risque d’être très impopulaire et votre avenir pourrait en pâtir.

– Ah, tu as raison, pour une fois. Essaie donc de supprimer plutôt des classes techniques. Ces gens-là ne comprennent rien à rien, ça passera probablement plus facilement. Et puis annonce donc qu’on ne fermera rien pour la rentrée 2012. Comme ça, s’ils ne votent pas pour moi…

jeudi 2 juin 2011

Faire et défaire, c’est toujours travailler…


Après avoir supprimé 16 000 postes d’enseignants pour la rentrée 2011, le ministère de l’éducation nationale, sous la direction de Luc-Marie Chatel, publie dans Libération et sur la dernière page du Monde d’hier (à quel prix ?) une pub pour recruter 17 000 enseignants

On n’est pas loin de la schizophrénie !

Ah, bien sûr, ils vont sélectionner des gens (français, blancs, catholiques ; on ne va quand même pas mettre des barbares tunisiens ou libyens à l’éducation nationale !) sans qualification, qui seront donc payés au SMIC pour remplacer les titulaires, virés, ou absents ici ou là pour cause de dépression.

Il n’y a pas de petites économies… L’intérim coûte moins cher que les CDI.
Et, franchement, l’enseignement, à quoi ça sert vraiment ?

Et puis, « faire et défaire, c’est toujours travailler ».

mardi 26 octobre 2010

Certif

Filed under: Société — Étiquettes : , , , , , , , , — Jean-Luc @ 19:21


Jean-François Copé, député UMP, vient d’avoir une idée formidable : instaurer un examen avant l’entrée au collège afin de vérifier que les enfants ont bien assimilé les bases des connaissances nécessaires à la poursuite de leurs études. On éviterait ainsi de retrouver au collège, voire au lycée (et même parfois à l’université, si, si…), des élèves qui ne savent ni lire, ni écrire, ni compter.
Certains (le PS, la PEEP, le SNES-FSU…) crient au scandale et à la démagogie : cela mettrait certains élèves en difficulté, il y a déjà bien assez de compétition et de tri !

Personnellement, je trouve que cette idée est très bonne. On appellerait ça « l’examen de sixième », ou « le certif ».
Mais… attendez, ça me revient : il me semble bien que j’ai passé quelque chose comme ça il y a bien longtemps, dans ma jeunesse, au siècle dernier.

Bon, alors, ce n’est peut-être pas une idée si novatrice qu’il a eue là, le Copé.

Allez. Pour l’aider un peu, je vais lui souffler une autre idée : instaurer un examen entre la terminale et la faculté, pour ceux qui voudraient entreprendre des études supérieures. On appellerait ça le « baccalauréat », et certains élèves parmi les moins bons pourraient même ne pas être reçus s’il n’obtiennent pas des notes suffisantes, disons… la moyenne.

jeudi 14 octobre 2010

Chiens méchants

Filed under: Politique, Société — Étiquettes : , , , , , , , , , — Jean-Luc @ 21:24


Le petit Nicolas a choisi d’ignorer, superbement et tête haute, avec force coups de menton, les manifestations qui s’insurgent contre la réforme des retraites. Je ne suis pas persuadé que ce soit, pour lui, un bon choix. Mais il fait comme il veut…

Mieux : il lâche ses chiens contre nos enfants, inquiets de constater qu’on oblige les vieux à travailler plus longtemps, ce qui, évidemment, ne va pas faciliter leur entrée, déjà problématique, sur le marché du travail !

Et encore… Si ces chiens n’étaient là que pour contenir des débordements inévitables, ce serait presque acceptable. Mais non : ces chiens sont armés, et ils ont l’ordre (ou prennent la liberté ?) de tirer dans le tas.

Même avec des flashballs cela peut avoir des conséquences dramatiques.

Aujourd’hui, un lycéen va peut-être perdre un œil. Ce qui s’était déjà produit il y a un peu plus d’an au même endroit.

Pourrait-on désarmer les policiers envoyés contre les manifs, ou au moins leur apprendre qu’on ne tire pas dans la tête ?

Même avec un flashball…

mardi 5 octobre 2010

Le français ait mort parce que je l’est tué

Filed under: Divers, Langue, Société — Étiquettes : , , , , , — Jean-Luc @ 0:09


Nos enfants ne connaissent plus l’orthographe.
Pire, ils ne comprennent plus le sens des mots.

André Chervel, professeur de linguistique française, interrogé lundi, sur les journaux télévisés, ne peut imaginer que deux solutions : « laisser les choses en l’état, ou réformer l’ortografe. »

Il me semble que c’est une attitude bien pessimiste quant aux capacités d’apprentissage de nos chères têtes blondes. Et réformer l’orthographe n’empêchera aucun ignare d’écrire : « Le français ait mort parce que je l’est tué. » Je les sens bien capables d’aller jusque là si on ne les guide pas un peu dans la compréhension des mots. Ce n’est pas écrire « le français é mort parce que je l’é tué » qui changera quoi que ce soit.
En outre l’orthographe est porteuse de sens. Monsieur Chervel proposera-t-il d’écrire « iatil ancore un franssé dan la sale » ?

La confusion des verbes être et avoir est un des buts fondamentaux du libéralisme avancé. Il ne faudrait pas trop lui faciliter le travail !

J’ai une troisième solution à proposer : demander à nos jeunes d’apprendre l’orthographe, comme des millions de Français l’ont apprise, tant bien que mal, avant eux. Mais pour cela, il faut peut-être leur demander de faire un petit effort.

Les parents sont-ils prêts ?

mercredi 22 septembre 2010

Des policiers armés dans nos collèges

Filed under: Politique, Société — Étiquettes : , , , , , , , — Jean-Luc @ 9:35


C’est une grande première : des policiers armés s’installent dans nos collèges pour surveiller nos chères têtes blondes. Éventuellement peut-être pour pouvoir les mettre en garde à vue plus rapidement.

Il a raison, le petit Nicolas : il ne faut laisser aucun répit à la délinquance, l’attaquer avant même qu’elle se manifeste. C’est le prix à payer pour notre tranquillité.

Et les armes ?

Ben les armes, c’est pour que nos policiers se sentent rassurés.
Nos bambins peuvent être si violents !…

Et puis il faut aussi habituer nos enfants à la présence permanente des armes dans notre société.
Après, ils pourront être flics.
Comme de toute façon il n’y a plus d’avenir dans l’enseignement, ni dans la justice, ni dans la santé, ni dans les services publics, il ne reste plus guère, comme carrière envisageable, que flic, soldat, ou ministre.

mercredi 8 septembre 2010

1,1 million d’après la police ; 2,7 millions d’après les organisateurs

Filed under: Divers, Science, Société — Étiquettes : , , , , , , , , — Jean-Luc @ 22:26


On se demandait depuis longtemps pourquoi il existait un tel écart entre les mesures des flics et celles des syndicats.

On a peut-être eu une explication partielle au journal télévisé de mardi soir, qui nous a montré les différences entre les deux méthodes de comptage :

– les RG se cachent au fond d’une petite pièce sombre d’un troisième étage, d’où ils ont une vue très limitée sur une partie du boulevard. Ils font un bâton sur un papier chaque fois qu’ils ont aperçu 10 manifestants traverser le cadre de la fenêtre.
– les syndicalistes se mettent sur le bord du boulevard, et ils font un bâton sur un papier chaque fois qu’ils ont compté 25 manifestant passant devant eux.

À mon avis, c’est les syndicalistes qui ont raison : déjà ils voient passer à peu près tous les manifestants, contrairement aux RG qui, en raison de leur cadre de vision très limité, ne doivent en voir (au mieux) que la moitié.

Ensuite, si les syndicalistes se trompent d’une personne dans un tas de 25 ça fait 4 % d’erreur, alors que si les flics se trompent d’une personne sur un tas de 10, ça fait 10 % d’erreur.

Il y a longtemps qu’on essaie de faire comprendre aux élèves que, pour une incertitude donnée, la mesure d’une valeur élevée est plus précise que celle d’une valeur faible.

Les flics n’ont peut-être pas tout bien suivi à l’école ?

vendredi 21 mai 2010

Législation sur les couteaux

Filed under: Divers, Politique, Société — Étiquettes : , , , — Jean-Luc @ 15:07


Une élève de 5e a été blessée au couteau par une « camarade », au collège Martin Luther King (ça ne s’invente pas !) de Villiers-le-Bel, pendant la récré.

J’espère qu’il y a déjà dans ce collège des caméras de vidéo-protection et des portiques de détection de métaux.

Je pense que le petit Nicolas va rapidement proposer une loi interdisant les couteaux à l’école.

Et, si cela s’avère insuffisant, une loi pour interdire les couteaux partout.

mercredi 17 février 2010

Kafka, Chatel, et la vidéo-surveillance

Filed under: Divers, Politique, Société — Étiquettes : , , , — Jean-Luc @ 11:19


Tous les jours, ou presque, maintenant, un élève ou un prof est victime de violence à l’intérieur d’établissements scolaires.

Luc Chatel prend les choses très au sérieux : il va organiser des états généraux sur la sécurité à l’école… en avril !

Il aurait pu augmenter les effectifs des surveillants, comme le demandent les enseignants.
Ben non ! On va donc créer une commission, peut-être plusieurs, qui vont pouvoir réfléchir au moyen d’augmenter le nombre de caméras de vidéo-protection dans notre univers kafkaïen, et probablement proposer quelques lois pour augmenter les peines des responsables de violence.

Pendant ce temps-là, les voyous continuent à se défouler.

Ce serait trop simple (et beaucoup trop onéreux) de mettre tout de suite 11 surveillants de plus à Vitry !

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