Entendre

mercredi 2 novembre 2011

Ah, la bonne guerre pour aller tuer les petits enfants !


La guerre n’est pas une belle aventure. Tout le monde est d’accord, à part peut-être quelques malades mentaux.

Mais il y a guerre et guerre.
Il y a la bonne guerre, la belle guerre, la vraie, la noble : c’est la guerre où les gars s’étripent face à face, directement, à la baïonnette, ou à la limite un qui fait exploser la tête de l’autre avec un 357 magnum, pendant que l’autre lui arrache deux jambes et un bras avec une grenade offensive. Ça c’est une guerre de mecs, de vrais durs.

Et puis il y a les sales guerres, les guerres dégueulasses, dont on ne veut pas trop parler parce qu’on n’en est pas trop fiers. Des guerres de gonzesses, des guerres de trouillards minables qui n’ont rien dans le pantalon, et qui préfèrent ne prendre aucun risque. Ceux-là saupoudrent le territoire ennemi de mines antipersonnel : des petites boîtes à moitié enterrées qu’on ne voit presque pas, mais qui explosent quand un pied les effleure.

Un pied d’ennemi, ou un pied de femme, ou un pied de gosse…
Un pied d’innocent le plus souvent civil, arraché pendant la guerre, dans le meilleur des cas.
Un pied de civil, un pied d’enfant qui ne demandait rien à personne, qui explose
parfois trente ans après la fin de la guerre.

Le summum de l’élégance !

C’était tellement dégueulasse, ces mines antipersonnel que les gens ont fini par tomber d’accord pour les interdire (traité d’Ottawa, 1997-1999).

Mais comme ça faisait un manque à gagner pour les industries d’armement qui les fabriquent, elles ont continué à les fabriquer (et les militaires lâches ont continué à les utiliser) en expliquant que ce n’était plus des mines antipersonnel mais des bombes à sous-munitions.

Mais c’était tellement dégueulasse, ces bombes à sous-munitions que les gens ont fini par tomber d’accord pour les interdire (traité d’Oslo, 2008-2010).

Mais faut pas rêver.

Les militaires lâches et les industries de mort ont de la suite dans les idées. De vraies têtes de cochon. Ils ont exercé une telle pression sur les gouvernements que maintenant les gouvernements préparent un projet de protocole qui autoriserait les bombes à sous-munitions fabriquées après 1980… en contradiction totale avec le traité d’Oslo.

Parlez-en autour de vous : il faudrait que le petit Nicolas (qui a signé le traité d’Oslo) s’explique clairement avant mai 2012 sur la remise en cause de sa signature…

Existe-t-il quelqu’un, à part lui, qui souhaite l’autorisation de cette arme qui tue essentiellement des enfants en temps de paix ?

vendredi 28 octobre 2011

Intérêt


Les médicaments anti-Alzheimer ont un intérêt médical faible.
Un premier pas (évident) vers leur déremboursement.

D’un strict point de vue sarko-libéral, les malades d’Alzheimer ont un intérêt nul !

mardi 18 octobre 2011

Prophétie auto-réalisatrice


Donc l’agence Moody’s (c’est un nom qui fait la gueule !), sous-marin de l’extrême droite de notre capitalisme à l’agonie, envisage de surveiller les finances de la France dans les trois prochains mois en vue d’abaisser éventuellement sa note de AAA à … on ne sait pas quoi, comme elle a déjà fait pour la Grèce, le Portugal et l’Italie. Entre autres.

Comme il n’est pas question que cette officine cryptofasciste payée par les banques ait quelque pouvoir que ce soit sur les taux auxquels la France peut emprunter, le petit Nicolas va tout faire pour que la France conserve son AAA.

C’est-à-dire continuer à virer les fonctionnaires (on lui suggère d’essayer « deux sur trois » au lieu des « un sur deux » qui ne produisent pas de réel effet durable sur la finance), fermer les écoles, supprimer ou privatiser les hôpitaux et ce qui reste de services publics, etc.

Moyennant quoi, la rigueur va s’accroître, le chômage va augmenter, le PIB va s’effondrer, et Moody’s pourra, dans trois mois, nous passer à AB -, voire BCD – – ou pire !

Et, comme les banques ne feront plus confiance à la France, les taux de nos emprunts vont monter en flèche, si bien qu’il nous faudra payer encore plus pour rembourser une dette qui n’en finit pas de gonfler. Et la France va faire faillite, justifiant ainsi les inquiétudes actuellement affichées par Moody’s.

C’est ce qu’on appelle une prophétie auto-réalisatrice.

Je suggère un autre scénario : Moody’s maintient sans aucune hésitation son AAA. La France continue à emprunter à bas coût. Donc elle peut financer la croissance, le PIB augmente et Moodys est content. Ou contente ?

C’est également une prophétie auto-réalisatrice.

Comme on le voit, Moody’s est libre de choisir aujourd’hui l’avenir de la France. S’il (si elle ?) a choisi un avenir sombre, c’est parce qu’il (elle ?) ne nous aime pas et qu’il (elle) veut notre malheur.

Je propose que le petit Nicolas déclare la guerre à Moody’s.

lundi 12 septembre 2011

Total discount

Filed under: Economie, Science — Étiquettes : , , , , , , , , , , , — Jean-Luc @ 12:27


Ainsi, Total va élargir à 500 points de vente en 2012 son expérimentation de stations-service « discount » où il vend ses carburants moins cher.

Attention : faut pas croire que Total soit pris d’une subite anthropophilie ! S’il se lance dans cette aventure, c’est bien sûr pour gagner plus, donc pour vous piquer plus de pognon. Mais s’il gagne plus, ce sera en piquant des clients à Carrefour, qui gagnera moins, et qui risque de ne pas apprécier. Il y a longtemps que Total regrette que ses clients partent à Carrefour, qui vend son essence beaucoup moins cher que lui. Il y a longtemps aussi que les clients ne s’arrêtent plus chez Total par hasard, mais uniquement quand la panne sèche menace, ou quand ils ont vraiment beaucoup trop bu.

C’est au cours d’une séance de furieux brain-storming que l’idée a germé dans la tête d’un crâne d’œuf commercialo-marketingo-publicitaire, qui eut soudain une soudaine illumination.

– Et si, Votre Majesté, si nous baissions le prix de vente de nos carburants ?

Christophe Gabriel Jean Marie Jacquin de Margerie eut un haut-le-cœur ; il devint gonflé violet, et s’écria :
– Hors de ma vue, abominable vermisseau ! Monstre abject ! Assassin putride, tu veux couler la boîte et me tuer ? Passe donc à la caisse te faire payer ton mois et fiche le camp ! Disparais à jamais dans les flammes de l’enfer. Je te hais.

– Mais, Votre Altesse, vous vous méprenez, répondit le crâne d’œuf. Je cherche au contraire à maximiser le profit de votre noble et florissante industrie.

– Tu te fous de moi, sombre crétin ? Tu sais très bien que si on diminue le prix de vente, mon bénéfice, qui est égal à la différence entre mon prix de vente et mon prix de revient, va s’effondrer comme le CACA40.

– Permettez-moi d’oser vous contredire avec beaucoup d’excuses très plates, Mon Seigneur, mais si vous vous souvenez encore de votre cours de mathématiques de CM2, vous n’êtes pas sans ignorer que le bénéfice total du marchand de patates est égal au bénéfice qu’il fait sur chaque kilo de patates multiplié par le nombre de kilos de patates vendus. Ainsi, Mon Excellence Sérénissime, même avec un bénéfice un peu réduit, si le nombre d’articles vendus augmente considérablement, le bénéfice peut croître de façon vertigineuse : car beaucoup de fois un petit peu peuvent faire beaucoup plus que très peu de fois beaucoup !

– Et tu penses que ce qui s’applique aux méprisables et viles patates peut aussi s’appliquer à mon somptueux litre d’essence ?, demandit alors le noble moustachu en fronçant les sourcils et en clignant des yeux.

– Mais tout ce qu’il y a de plus bien évidemment, Ma Béatitude ! De toute façon, au point où on en est, on ne risque plus rien d’essayer.

– Mais alors, baissons, baissons, baissons encore, et vendons notre essence juste et seulement au prix de revient !

– Ah mais que non, Lumière du Monde, je crois que là, ce serait aller beaucoup trop loin : si le bénéfice par kilo de patate est nul, le bénéfice total sera nul également. Rappelez-vous votre cours de CE1 : zéro multiplié par n’importe quoi, même beaucoup, ça fait toujours seulement zéro !

– Mais alors, à quel prix devons-nous vendre notre royal breuvage pour que notre bénéfice soit le plus énorme possible ?

– Je n’en ai pas la moindre idée, Mon Éminence Vénérable, mais je crois que les clients qui s’arrêtent chez nous actuellement le font seulement par hasard, ou parce qu’ils sont en panne sèche, ou parce qu’ils sont bourrés. Avec un litre de Votre Sublime Liqueur moins cher, nous ne pouvons qu’accroître notre clientèle, et donc, possiblement, augmenter Votre Profit, comme ci-dessus démontré.

– Dans mes bras, mon petit, mon fils, mon trésor ! Appliquons immédiatement ma glorieuse et lumineuse idée, et que les pétrodollars pleuvent sur moi comme l’iode 131 sur Fukushima.

Ainsi fut fait, et le moustachu fut satisfait. Il l’a dit dans le poste.

On se demande juste pourquoi il avait attendu si longtemps…

samedi 27 août 2011

Les erreurs de l’économie, et la « règle d’or »


Au commencement était le troc.

J’ai besoin d’un couteau. Je rencontre un gars qui en a un, et qui a faim. J’échange ma vieille poule, dont je n’ai plus l’usage, contre son couteau. Tout le monde est content.

Inconvénient : quand j’ai envie d’une vache, il faut que je trouve 120 ou 130 poules pour les troquer contre la vache. Comme on n’a pas toujours 130 poules sous la main, on a fini par inventer l’argent.

Des coquillages, de l’or, des pièces métalliques… peu importe. Des objets qui plaisent à tout le monde, et qui ont une forte valeur.

Avantage : je peux économiser pendant plusieurs années l’équivalent d’une vache sans crainte que mes poules meurent ou tombent malades avant que j’aie pu les troquer contre une vache.

Inconvénient : l’argent n’a pas d’utilité en soi, mais comme il se conserve bien et qu’il permet d’acheter n’importe quoi, on finit par le rechercher pour lui-même. On le met de côté et on en fait des gros tas qu’on stocke dans des coffres où il n’est d’aucune utilité puisque son seul intérêt est l’échange commercial.

L’invention de l’argent est la première erreur de l’économie.

Deuxième erreur de l’économie : le prêt.

Il est difficile de l’éviter totalement. Même dans le cas du troc, si je rencontre le gars qui a un couteau alors que je n’ai pas ma poule sur moi, je peux essayer de lui emprunter le couteau jusqu’à ce que j’aie retrouvé ma poule et que je l’aie apportée au gars pour lui rembourser son prêt.

Ça peut fonctionner. Mais il ne faut pas que cela devienne une pratique permanente : si j’emprunte une poule pour rembourser le gars qui m’a prêté son couteau, je reste débiteur et, à long terme, je ne m’en sors pas !

Madoff a construit un système de ce genre… il a été condamné à 150 ans de prison (ce qui est beaucoup trop ! Comme il a déjà plus de 70 ans, il fera au mieux 20 ou 25 ans).

Mais la véritable catastrophe arrive avec le prêt à intérêt : j’emprunte le couteau du gars qui me dit d’accord, mais tu me rembourseras deux couteaux.

Quand en plus cela arrive après l’invention de l’argent, on finit par trouver des gens qui prêtent leur argent pour en gagner.
Tu as besoin de 100 dollars. Je te les prête, et tu m’en rendras 120 l’an prochain.

Ce système est parfaitement immoral et dégueulasse puisque les gens qui n’ont pas de quoi vivre et qui sont obligés d’emprunter pour manger finissent par payer plus cher : ils doivent rembourser des intérêts que rien ne justifie, en plus de ce qu’ils ont emprunté.

Alors que ceux qui ont beaucoup d’argent n’ont pas besoin de « travailler plus pour gagner plus ». Ils n’ont même plus besoin de travailler du tout : il leur suffit de prêter une partie de l’argent qu’ils ont pour gagner largement de quoi manger, aller au cinéma et même partir en vacances sur leur propre yacht au lieu d’emprunter celui des copains.

Le prêt à intérêt devrait être interdit. Il est d’ailleurs interdit par la Bible (Deutéronome 23,19) et a donc été longtemps interdit par l’Église chrétienne. Il est également interdit par le Coran. Il n’y a guère que les ultra-libéraux riches et pas trop catholiques qui trouvent que le prêt est très bien pour gagner de l’argent sans trop se fatiguer, ou pour dépenser l’argent qu’ils n’ont pas, tant qu’on leur en prête.

Le petit Nicolas commence à être très embêté avec tous les prêts qu’il n’arrive pas à rembourser parce qu’il a vraiment emprunté beaucoup trop d’argent. Dans le cas des familles, il y a des commissions de désendettement qui expliquent qu’il faut arrêter d’utiliser la carte bancaire à débit différé, mais pour le petit Nicolas, rien n’a été prévu !

C’est pourquoi il voudrait que soit écrite dans la Constitution la « règle d’or » : l’État ne doit pas emprunter plus qu’il ne pourra rembourser. Autrement dit, l’État ne doit pas dépenser plus qu’il ne gagne. Ça fait penser à un drogué qui dirait : « Interdisez-moi d’acheter de la drogue sinon je ne m’en sortirai pas ! »

N’oublions pas que c’est quand même lui, le petit Nicolas, qui a enflé la dette publique de façon dramatique depuis qu’il est président. Et il n’était pas obligé. Alors plutôt que proposer une loi pour réduire les déficits, il pourrait tout simplement réduire les déficits, s’il pense qu’il faut le faire… Il n’a pas besoin de loi pour cela : c’est quand même lui le chef ! Emprunter ou ne pas emprunter : c’est lui qui décide.

En plus, pourquoi veut-il réduire le déficit ? Pour conserver la note « AAA » de meilleur élève de l’économie décernée par les « agences de notation », ces inconnus ignares devant lesquels le monde entier se prosterne. Et pourquoi veut-il conserver cette note de premier de la classe ? Pour pouvoir emprunter à des taux avantageux !

Est-ce qu’il n’a pas l’impression de se mordre un petit peu la queue ?

En plus, avec les principes du petit Nicolas, qui refuse d’augmenter les impôts, il va être difficile, voire impossible de réduire le déficit. Même s’il revend son « Air Sarko One » à 260 millions d’euros, et même s’il réduit les frais de champagne à l’Élysée.

Ah, sauf peut-être s’il ferme tous les hôpitaux, s’il ferme toutes les écoles, s’il ferme tous les tribunaux en virant tous ces parasites de fonctionnaires qui y glandouillent sans rien produire qui rapporte un tant soit peu d’argent…

Mais cette « règle d’or » est une telle évidence qu’elle aurait pu être énoncée par un enfant de 6 ans. On ne comprend pas pourquoi il a fallu attendre le petit Nicolas pour proposer une telle banalité. On a l’impression que ce président, qui devrait être le summum de l’élite de la nation, le top de l’intelligence, un puits de sciences, découvre tout à coup ce que sont une addition et une soustraction…

Enfin… Je me doute de la raison de cette proposition : comme il sait qu’il n’a aucune chance d’être réélu dans quelques mois, il glisse des peaux de banane sous les pieds de la gauche qui sera obligée de réduire les dépenses de l’Élysée, de revendre « Air Sarko One », et d’augmenter les impôts en même temps pour arriver à faire fonctionner les écoles et les hôpitaux !


vendredi 26 août 2011

Familles aisées

Filed under: Divers, Economie, Politique, Société — Étiquettes : , , , , , , , — Jean-Luc @ 15:15


Ça y est, la décision est prise. Les revenus des ménages « aisés » (c’est comme ça que Fillon, qui en fait probablement partie, les appelle), c’est-à-dire dépassant 500 000 euros par an et par part d’impôt (soit 125 000 euros par mois pour une famille standard d’un couple avec deux enfants – 3 parts…) vont être taxés exceptionnellement, et pour quelques mois, à 3 %.

Il se moque de qui, Fillon ? Surtout que tout le monde est d’accord pour dire que cette mesure ne rapportera pratiquement rien vis-à-vis du gouffre à combler !

Ça leur fait quand même, à ces pauvres gens, une perte de 4 000 euros par mois, soit presque trois Smic ! Il ne restera donc, à cette famille « moyenne aisée », que 121 000 euros par mois pour vivre !
Ou survivre ?…Une misère !

On se demande s’ils vont pouvoir y arriver, la vie est si chère…

Mais bon, certains d’entre eux l’ont demandé eux-mêmes.

Ils avaient peut-être peur de voir leur tête se balancer au bout d’une pique ?

samedi 13 août 2011

La vente à découvert commence à faire des bulles

Filed under: Economie — Étiquettes : , , , , , , , — Jean-Luc @ 0:36


La France pourrait enfin interdire (comme l’Allemagne il y a un an) la « vente à découvert », mais sur quelques valeurs seulement, et pour quelques jours.

Ce système consiste à vendre cher le matin des actions qu’on n’a pas, pour les acheter ensuite bon marché le soir si elles ont baissé !
Le système inverse existe également : c’est le « règlement différé », qui consiste à acheter pas cher le matin des actions alors qu’on n’a pas d’argent, pour les revendre cher le soir si elles ont monté.

Dans les deux cas, on se retrouve avec un bénéfice confortable, surtout quand la Bourse monte ou descend de quelques % dans la journée, ce qui est le cas actuellement.

Je parle de soir et de matin, mais, avec les ordinateurs modernes, on peut gagner des fortunes en quelques microsecondes.

Mais dans les deux cas et en langage courant, vendre quelque chose qu’on ne possède pas, ou acheter sans payer, ça s’appelle du vol, ou de l’escroquerie.

En outre, celui qui vend bon marché le soir après avoir acheté cher le matin (ou celui qui achète cher le soir après avoir vendu pas cher le matin) est un con.

Interdire la vente à découvert est une première étape.
La suivante consistera à interdire la Bourse.

samedi 9 juillet 2011

Le prix du carburant


France Info diffusait hier une information qui conforte le sentiment que tout un chacun peut avoir lorsqu’il va faire le plein de son réservoir : les pétroliers modifient le prix du carburant à la pompe en fonction du prix du pétrole brut… mais ils ne le font pas de façon symétrique selon que ça monte ou que ça descend.
On peut appeler ça « l’effet cliquet ».

On dirait une blague de potache, mais non : c’est le résultat d’une étude très sérieuse menée par « ESG Research Lab », entre 1990 et aujourd’hui, sur plus de mille relevés.

Lorsque le brut augmente, le prix du carburant à la pompe monte vite et beaucoup, lorsque le prix du brut descend, le prix du carburant descend… un peu et lentement.

Des précisions ?
Pour 1 % d’augmentation du prix du brent, le carburant augmente de 0,12 %.
Pour 1 % de baisse du prix du brent, le prix de carburant descend de 0,07 %.
Il doit s’agir là de moyennes sur 20 ans.

Ainsi, si le prix du brent augmente de 1 % puis descend de 1 %, revenant donc à son tarif initial (si on néglige les bricoles), le prix du carburant monte de 0,12 % puis descend de 0,07 %, augmentant ainsi de 0,05 % le bénéfice des pétroliers.
Ça fonctionne pareil dans l’autre sens, si la baisse intervient avant l’augmentation…

Interrogée sur ce « curieux » phénomène, l’industrie pétrolière répond qu’elle « ne comprend pas » ! Elle prétend que le calcul réel est « très compliqué », qu’il faut tenir compte des stocks, de délais d’adaptation, du cours du dollar, de l’offre et de la demande, et de tas de choses que personne ne peut comprendre tellement c’est difficile. Elle nie en outre avoir constaté cette dissymétrie, évidente pourtant pour tout automobiliste, et précise, peut-être pour se disculper, que ses marges sont extraordinairement faibles puisque « 60 % du prix du carburant est constitué de taxes » ! Le marché, disent-ils, est « très peu rémunérateur », et c’est d’ailleurs la raison pour laquelle il y a de moins en moins de stations d’essences en France, et même peut-être que bientôt il sera difficile de faire le plein tellement ils sont sur la paille !…

Enfin bon, 60 % de taxes, ça leur laisse quand même 40 % pour le prix de revient du produit et les bénéfices, dont on peut penser qu’ils ne sont pas totalement négligeables. Total avoue benoîtement un bénéfice de 1 centime par litre, ce qui, compte tenu du volume vendu chaque jour, fait un confortable matelas !

C’en est au point que Christian Estrosi, qui n’est pourtant pas un gauchiste, envisageait en mars dernier de taxer les bénéfices pétroliers…

D’ailleurs, une autre information intéressante diffusée également par France Info il y a quelques jours, précise que la plupart des entreprises du CACA40 paient des impôts ridiculement faibles en France ; en particulier, Total, qui fait donc des bénéfices faramineux, ne paie aucun impôt en France. Ils arrivent à ça en déclarant les frais ici, les gains là-bas, avec des montages financiers tordus conseillés certainement par des spécialistes financiers qui optimisent les gains.

Les bénéfices annoncés chaque année par Total se montent ainsi à :
–        12 milliards d’euros pour 2006
–        12 milliards d’euros pour 2007
–        14 milliards d’euros pour 2008
–         8 milliards d’euros pour 2009
–        10 milliards d’euros pour 2010

Et tout cela sans payer aucun impôt en France !

On aimerait être aussi misérables qu’eux !

jeudi 7 juillet 2011

Agence de notation

Filed under: Economie, Violence — Étiquettes : , , , , , — Jean-Luc @ 1:16


Ya des trucs, ça s’appelle « agence de notation », que ça fait un peu instit années 40 ou détective privé années 50, et qu’on sait pas trop ce que c’est. Mais dès qu’ils disent quelque chose, le monde entier tremble.

–        Y sont chefs de chez chef ?
–        Non, non, ils sont rien…
–        Même pas un diplôme de l’ENA ?
–        Oh non !
–        Mais ils sont élus par qui ?
–        Ils sont pas élus, c’est juste eux qui disent : « On est agence de notation. »
–        C’est une secte ?
–        Non, non. Enfin, j’crois pas.
–        Mais au moins ils ont prix Nobel de quelque chose ?
–        Non, non, ils sont rien de connu.
–        Ben alors s’ils disent quelque chose, personne ne les croit ?
–        Ben si, c’est eux qui ont dit que la Grèce était en faillite.
–        Et on les a cru ?
–        Oui, oui. Et maintenant ils disent que le Portugal va mal.
–        Et on les croit ?
–        Ben oui !
–        Mais pourquoi donc ? Qu’est-ce qu’ils savent de plus que DSK ou Christine qui a Lagarde du FMI ou le petit Nicolas ?
–        Rien.
–        Alors pourquoi on leur dit pas : « Casse-toi pauv’ con » ?
–        On sait pas… C’est les agences de notation…
–        Ah ben dis donc ! Quand je serai grand, je serai agence de notation.

mardi 5 juillet 2011

Notre accident nucléaire de niveau 7


C’est donc à Fessenheim, à 25 km au nord de Mulhouse, que se produira notre accident nucléaire de niveau 7, succédant à Tchernobyl et Fukushima.

Dans un sens, c’est plutôt favorable puisque les vents d’ouest dominants emporteront l’iode 131, le césium 137 et le plutonium 239 vers l’Allemagne, qui commence 2 km à l’est.

Les pauvres ! Eux qui viennent précisément de décider d’arrêter le nucléaire…

Cette centrale, la plus vieille de France, mise en service en 1977 sur une zone à risque sismique, devait durer trente ans. Jusqu’en 2007 donc. Elle durera jusqu’en 2021…

C’est cette centrale qui avait dû être refroidie à la lance à incendie lors de la canicule de 2003, le débit du Rhin étant devenu insuffisant pour assurer son refroidissement « naturel ».

L’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a donné son feu vert pour prolonger de dix ans notre angoisse.

Je pense que la principale raison est qu’ils n’ont rien à proposer pour la remplacer. Mais tant que l’on ne fera en France aucune étude sur l’éolien, le photovoltaïque ou la géothermie profonde, parce qu’on n’a plus de fric puisque tout va dans le nucléaire, il est évident que nous n’aurons rien pour remplacer le nucléaire.

Une autre raison qui tend à prolonger les centrales est que personne ne sait démanteler une centrale nucléaire, et que le prix que ça va coûter serait, à lui seul, une raison pour ne jamais arrêter.

André-Claude Lacoste, président de l’ASN, a annoncé : « J’ai le sentiment que les centrales nucléaires sont sûres. »

Est-il bien raisonnable de laisser la décision de prolonger la vie de nos centrales à un homme qui confond raisonnement scientifique et sentiment ?

Rappelons à Monsieur Lacoste que le Japon vient d’élargir la zone d’évacuation autour de Fukushima (un accident qui avait été déclaré au niveau 4 le 11 mars dernier avant d’être relevé jusqu’au niveau 7 – maximal – quelques semaines plus tard), car la radioactivité dépasse dans cette nouvelle zone la limite « légale » de 20 mSv par an (limite rehaussée quand ils se sont aperçus que la précédente valeur de 1 mSv par an allait être de toute façon largement dépassée).

Rappelons aussi à ce monsieur qu’un article du monde daté du 3-4 juillet signale que des enfants habitant à 60 km de Fukushima pissent du césium 134 et 137. Cela s’appelle une contamination interne. Mais bon, chez nous on s’en fout, ce seront les petits Allemands qui pisseront du césium.

Il y a tout de même, pour l’ASN, deux conditions à cette prolongation :

1- renforcer le radier afin d’augmenter sa résistance au corium en cas d’accident grave avec percement de la cuve. C’est ce qui s’est produit à Fukushima dans trois des réacteurs. Le radier est cette dalle de béton sur laquelle s’écoule le cœur en fusion (environ 2 000°) quand il y a un problème. Et pourquoi donc faut-il le renforcer ? N’avions-nous pas les centrales les plus sûres du monde et sans aucun défaut ? De toute façon, ils auront du mal à intervenir puisque c’est une zone, sous la cuve, fortement radioactive, où je ne pense pas qu’ils oseront envoyer des maçons, même intérimaires polonais… Enfin… j’espère !

2- Installer des dispositifs de secours pour refroidir quand il fait trop chaud. En voilà une idée qu’elle est bonne ! Ils n’y avaient donc pas encore pensé, depuis 1977.

Mais enfin pourquoi donc n’ont-ils pas confiance ? Pensent-ils que nos divins pilotes pourraient laisser fondre le cœur ?

Et tout cela pour quoi ? Pour faire passer la probabilité d’accident de « une chance sur dix millions » à « une chance sur vingt millions ».
Est-ce bien raisonnable ? Tant qu’il reste une chance, l’accident nucléaire ayant des conséquences que personne maintenant ne peut plus ignorer ni nier, le nucléaire reste inacceptable.

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