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mardi 21 juin 2011

Le prix de l’éducation


Si vous trouvez que l’éducation coûte cher, essayez l’ignorance. (Abraham Lincoln)

– Bon, François, tu me vireras 16 000 postes d’enseignants en septembre, et tu fermeras 1 500 classes en primaire. L’enseignement coûte très cher, il ne rapporte absolument rien, et en plus c’est rien que des repères de gauchistes…

– Mais, Votre Altesse Sérénissime, n’oubliez pas (si je puis me permettre d’oser argumenter devant Votre Béatitude) que Votre Bienheureux Poste de Guide Suprême sera remis au vote populaire (maudit soit-il) dans une dizaine de mois… Cette mesure risque d’être très impopulaire et votre avenir pourrait en pâtir.

– Ah, tu as raison, pour une fois. Essaie donc de supprimer plutôt des classes techniques. Ces gens-là ne comprennent rien à rien, ça passera probablement plus facilement. Et puis annonce donc qu’on ne fermera rien pour la rentrée 2012. Comme ça, s’ils ne votent pas pour moi…

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lundi 20 juin 2011

Balles réelles

Filed under: Langue, Société, Violence — Étiquettes : , , , , , , , , , — Jean-Luc @ 14:35


Le « virtuel » prend une place de plus en plus grande dans nos vies, hélas !

D’après le petit Robert, « virtuel » qualifie « ce qui est à l’état de simple possibilité », donc sans aucune existence réelle. Un amour virtuel n’est pas un amour. Un président virtuel n’est pas un président, une balle virtuelle n’est pas une balle…

Mais de plus en plus, dans notre monde multimédiatisé, on qualifie de virtuel tout et n’importe quoi, et on parle de plus en plus de certaines événements ou objets « virtuels » comme s’ils existaient. On entend même parler de « réalité virtuelle » (oxymore) !

On en arrive à un point tel que, dans nos journaux télévisés, les présentateurs se sentent obligés de préciser que Ben Ali, Kadhafi ou Bachar el-Assad font tirer « à balles réelles » sur les manifestants, comme si certains dictateurs se contentaient de faire tirer des balles virtuelles…

samedi 18 juin 2011

On ne « détruit » pas la radioactivité

Filed under: Science, Société — Étiquettes : , , , , — Jean-Luc @ 15:20


Du thé vert radioactif provenant du Japon a été intercepté à Roissy. Il a été saisi car il est contaminé avec du césium 137, un isotope radioactif dont la période (aussi appelée demi-vie : temps au bout duquel il ne reste que la moitié de la radioactivité initiale) est de 30 ans.

« Le lot sera détruit », annonce sobrement l’information.

Soyons clairs : on peut colorer le thé en bleu pour le rendre moins appétissant, on peut le dissoudre dans de l’acide fluorhydrique, on peut le mélanger à des têtes de sardines pourries, on peut le brûler, ou le fondre dans un bloc de verre… tout cela ne changera rien à la radioactivité des atomes de césium 137.

Un atome radioactif reste radioactif, quels que soient les traitements qu’il subit, jusqu’à ce qu’il se désintègre en émettant les rayons ionisants qui le rendent dangereux.

Ce qui est inquiétant, c’est précisément l’arnaque qui consiste à annoncer que « le lot sera détruit », comme si, après cette destruction, il ne restera rien.

Après la destruction, il y aura toujours autant de radioactivité, mais on ne saura peut-être plus où elle a été dispersée…

Ce n’est pas vraiment un avantage !

mercredi 15 juin 2011

Les avantages du nucléaire


Anne Lauvergeon, présidente d’Areva, considère que le nucléaire doit continuer à se développer en France, bien que les Allemands, les Suisses et les Italiens aient décidé d’arrêter, et malgré les doutes des Japonais.

Bon, elle est un peu obligée : c’est son boulot de développer le nucléaire. Comme je suppose qu’elle est grassement payée, je ne vois pas pourquoi elle dirait du mal de ce qui la fait vivre… confortablement, je présume.
En plus, elle est actuellement candidate à sa propre succession : elle ne va pas se tirer une balle dans le pied !

Et pour développer le nucléaire, elle construit des réacteurs EPR « encore plus sûrs » que les précédents (PWR). C’est déjà avouer que les PWR (dont nous avons encore 58 exemplaires un peu partout en France) étaient « moins sûrs » que les EPR. Ce qu’elle s’était bien gardée de nous dire !

Mais les assureurs ne sont pas dupes : aucun d’eux n’a jamais accepté de couvrir les risques d’un accident nucléaire. Ni sur un PWR, ni sur un EPR. Pas fous, les assureurs. Personnellement, j’estime qu’ils sont un bon thermomètre de la sûreté des centrales, et je croirais les affirmations d’Anne Lauvergeon sur la sécurité quand elle trouvera un assureur qui accepte de prendre le risque de rembourser un éventuel accident.

Autre argument désespéré d’Anne Lauvergeon : « Le nucléaire en France représente plus de quatre cent mille emplois. »

Très bien. Et l’éolien, et le photovoltaïque ? Rien ? Et pourquoi donc ne s’y mettrait-on pas ? Quand on aura quatre cent milles emplois dans l’éolien, on pourra peut-être comparer les avantages et les inconvénients.

Non ?

vendredi 10 juin 2011

Bouffées de neutrons

Filed under: Economie, Science — Étiquettes : , , , , , — Jean-Luc @ 23:43


Les rejets radioactifs à Fukushima ont été revus à la hausse par le gouvernement japonais. Plus de deux fois supérieurs à ce qui avait été initialement annoncé. En gros, 7 fois moins que Tchernobyl. Rien que ça !

Le cœur des réacteurs 1, 2 et 3 est en fusion (depuis le 11 mars, à quelques jours près) ; chacun d’eux a vraisemblablement percé la cuve et serait donc au fond des enceintes de confinement. Certains nucléopolytechnocrates en profitent pour affirmer que le combustible est « donc » refroidi et solidifié.
Ce n’est pas l’opinion de tout le monde : le GSIEN en particulier s’inquiète que des bouffées de neutrons aient été récemment détectées au voisinage du site, ainsi que de l’iode 131, ce qui indiquerait la formation de « masses critiques » qui divergent temporairement dans un magma encore en fusion.

Le gouvernement japonais reconnaît qu’il était insuffisamment préparé pour une telle catastrophe.

Mais nous pouvons dormir tranquilles. Ce n’est pas en France que le petit Nicolas aurait eu tant d’hésitation devant la fusion de trois cœurs de réacteurs : il aurait immédiatement fait distribuer des comprimés d’iode aux populations voisines.

Le plus dramatique, dans cette histoire, est que l’action de Tepco a chuté de 27,62 % lundi à Tokyo, et encore de 10 % mercredi !

lundi 6 juin 2011

Le prix du nucléaire


Éric Besson a déclaré dimanche sur Europe 1 que la sortie du nucléaire coûtera très cher. Il en conclut qu’il vaut mieux conserver le nucléaire.

Trois commentaires :

1- Il a raison pour la première partie de ses affirmations : la sortie du nucléaire va nous coûter très cher. Surtout que chez nous, en France, on a fait l’erreur de miser à 80 % sur le nucléaire et pratiquement rien sur le renouvelable. Pour les Allemands, qui vont sortir du nucléaire, c’est plus simple et moins coûteux : ils n’ont que 20 % de nucléaire et 17 % de renouvelable. Signalons au passage que les énergies renouvelables en Allemagne occupent plus de 375 000 emplois.

2- Continuer le nucléaire va aussi nous coûter très cher, quand on aura réellement pu constater le prix du démantèlement des vieilles centrales, le coût de la construction des nouvelles centrales (le prix des EPR n’arrête pas d’augmenter au fur et à mesure qu’on les construit…) et, bien sûr, le prix de la gestion des déchets pendant 24 000 ans. Encore que, pour ça, à mon avis, Éric Besson compte sur nos enfants pour payer. Ou peut-être même nos petits-enfants.
Et je ne parle même pas de l’hypothèse d’un accident à la Fukushima dont on a du mal à imaginer le coût total, même si nos divins pilotes rendent cette hypothèse très peu probable…

3- Ne vaut-il pas mieux vivre pauvre que mourir riche ?

samedi 4 juin 2011

Le prix de la guerre

Filed under: Economie, Elections, Politique, Violence — Étiquettes : , , — Jean-Luc @ 22:47


Remplir sa déclaration d’impôts est l’occasion de jeter un œil sur la façon dont notre gouvernement dépense ce qu’il nous soustrait.

On peut ainsi constater (déclaration de François Baroin) que 10,2 % de nos dépenses sont (officiellement) consacrées à la guerre (achats de Rafales, bombes atomiques, bombes pas atomiques, mines anti-personnel, sous-marins nucléaires, missiles, drones, canon divers et autres hélicoptères de combat). Cela représente une somme de 37,4 milliards d’euros pour 2011, soit presque 600 euros par Français, du nouveau-né au vieillard.

Et cela ne comprend certainement pas tout ; il doit bien y avoir en particulier des tas de labos (le CEA, le CNRS ou divers autres, non recensés comme « militaires ») qui effectuent des travaux sur les armes chimiques, bactériologiques ou autres façons d’exterminer son prochain aussi efficacement que possible.

On ne s’étonnera pas que ce montant attribué à la guerre soit en augmentation (en 2010, les 37,1 milliards dépensés pour la guerre ne représentaient que 8,8 % de nos dépenses), puisque le nombre de guerres dans lesquelles la France est engagée pour satisfaire les (mauvaises) humeurs du petit Nicolas ne cesse de croître (Afghanistan, Côte d’Ivoire, Libye…).

On peut également constater que la « charge de la dette » est passée de 43,0 milliards à 45,4 milliards, ce qui montre bien que le petit Nicolas ne fait pas vraiment d’efforts pour rembourser notre dette : il s’en fout complètement, dans un an il ne sera plus là, et laissera à son successeur le soin de remettre la France sur pied… si c’est encore possible.

jeudi 2 juin 2011

Faire et défaire, c’est toujours travailler…


Après avoir supprimé 16 000 postes d’enseignants pour la rentrée 2011, le ministère de l’éducation nationale, sous la direction de Luc-Marie Chatel, publie dans Libération et sur la dernière page du Monde d’hier (à quel prix ?) une pub pour recruter 17 000 enseignants

On n’est pas loin de la schizophrénie !

Ah, bien sûr, ils vont sélectionner des gens (français, blancs, catholiques ; on ne va quand même pas mettre des barbares tunisiens ou libyens à l’éducation nationale !) sans qualification, qui seront donc payés au SMIC pour remplacer les titulaires, virés, ou absents ici ou là pour cause de dépression.

Il n’y a pas de petites économies… L’intérim coûte moins cher que les CDI.
Et, franchement, l’enseignement, à quoi ça sert vraiment ?

Et puis, « faire et défaire, c’est toujours travailler ».

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