Entendre

mardi 31 mai 2011

À Fukushima, tout n’est pas fini…

Filed under: Politique, Science, Société — Étiquettes : , , , , , , , , — Jean-Luc @ 16:48


Il va bien falloir en reparler !
Il y a déjà trois semaines que Tepco a avoué timidement que la cuve du réacteur no 1 de Fukushima était percée en plusieurs endroits par le combustible fondu.
Tellement timidement que pratiquement personne n’a entendu, et personne n’en parle.

Pourtant, une cuve percée après fusion du cœur, c’est pas rien !
Three Mile Island, c’était un cœur partiellement fondu dans une cuve qui avait tenu le coup.

Fukushima, c’est une fusion totale du cœur dans une cuve percée, et deux autres cœurs fondus au moins partiellement (réacteurs n° 2 et 3).

Ils sont tellement embêtés, à Fukushima (la ville), qu’ils ont (d’après un article du Monde d’hier) relevé la dose d’irradiation admissible pour la population « civile » de 1 à 20 mSv par an.

Ils font comme ça les divins spécialistes du nucléaire : ils définissent des doses admissibles, mais si ça fuit tellement que les doses sont dépassées, ils relèvent les seuils admissibles. Comme ça, ils sont tranquilles.
En France, la dose admissible pour le public est de 1 mSv par an (code de la santé publique, Article R1333-8). Notez-la bien. Parce qu’au premier problème rencontré sur nos centrales, ils relèveront ce seuil à 10 ou 20 mSv par an, sans aucun état d’âme.

Mais, bon… Il va falloir attendre que la panique provoquée par DSK et Tron se tasse un peu pour que nos journalistes consentent à changer de sujet.
D’autant que Luc Ferry a encore des révélations à faire

La vie sexuelle de nos gouvernants est quand même vachement plus importante que les catastrophes nucléaires que le Japon nous prépare.

En tout cas, ça intéresse plus les lecteurs.

samedi 28 mai 2011

Divins pilotes

Filed under: Science — Étiquettes : , , , , — Jean-Luc @ 1:10


J’espère qu’il n’y a pas de tube Pitot dans nos centrales nucléaires…

Vous imaginez : après un givrage, le pilote automatique de la centrale se déclare incompétent et se déconnecte en avertissant le pilote humain que les données qu’il reçoit ne sont plus fiables. Le pilote humain est obligé de prendre les commandes manuelles. Il constate sur le tableau de bord que la puissance augmente, mais comme il pense que l’indication est erronée, il croit qu’elle diminue. Il fait donc remonter les barres de contrôle pour l’augmenter,  et c’est le décrochage !

Heureusement que les erreurs des pilotes automatiques de nos centrales ont toutes été prévues et corrigées à l’avance.

Et que les divins pilotes de nos centrales ne font jamais d’erreur humaine.

À Fukushima, c’est pas pareil : ils sont japonais.

vendredi 27 mai 2011

Travailler deux heures par jour

Filed under: Economie, Société — Étiquettes : , , , , , , , , , , , — Jean-Luc @ 18:49


C’est le titre d’un livre merveilleux, écrit en 1977 par le collectif « Adret » (qui comprenait quelques scientifiques), et que l’on trouve encore dans le commerce.

Non, ce n’est pas une utopie, c’est le résultat d’un calcul simple du temps de « travail lié », à répartir entre tous les membres de la société pour conserver une qualité de vie suffisante pour le bonheur de tous.

L’expression « travail lié » utilisée par les auteurs désigne le travail que personne n’aime faire mais qui est nécessaire (vider les poubelles, vidanger la voiture, écailler le poisson, faire le ménage…).
Les autres travaux (non « liés ») sont agréables à certains qui peuvent les effectuer avec plaisir (entretenir des jardins, enseigner des enfants – ou des immigrés sans-papiers –, dessiner des carrosseries, faire des recherches scientifiques, soigner des malades, écrire des romans ou des livres de géographie, couper les cheveux, élever des chèvres, faire la cuisine…).

On arrive là à une vision plus positive du travail et de l’humanité :
– Quand le travail n’est pas contraint par des obligations désagréables (horaires imposés, petit chef hargneux et con, exigence de production, conditions matérielles déplorables), les gens aiment faire des choses, avec attention et application.
– Quand on ne les oblige à rien, les gens ne restent pas forcément couchés toute la journée à attendre la suite, en bénéficiant de « l’assistanat », « cancer de la société ». Certains font même beaucoup de choses intéressantes, et avec des résultats collectivement utiles.

C’est une vision ! Mais c’est autrement plus motivant que « travailler plus pour gagner plus ».

L’excellent mensuel Alternatives économiques me remet cet ouvrage en mémoire : ils publient sur leur site un article du numéro spécial Et si on changeait tout… (avril 2011), dans lequel ils proposent de réduire le temps de travail à 32 heures.
Par semaine !
Ce qui fait un peu plus de 4 heures et demie par jour.

Allez, encore un effort !

lundi 23 mai 2011

Les radars, la bombe et le tabac

Le petit Nicolas reste inflexible : malgré l’impopularité de cette mesure, les panneaux avertisseurs de radars vont disparaître de nos routes. On comprend la grogne des automobilistes : ils étaient informés qu’on allait mesurer leur vitesse, ils pouvaient ralentir puis accélérer après le radar. Maintenant ils ne sauront plus qui les contrôlera quand et comment, et ils devront faire attention en permanence.

En fait, c’est bien le but recherché, et je m’étonne qu’il ait fallu si longtemps pour le mettre en place.

Personnellement, quand j’ai appris, lors de l’installation, qu’ils mettaient des avertissements avant les radars, cela m’a paru stupide. Aussi stupide que l’annonce de Jacques Chirac que la France allait reprendre les essais nucléaires parce que notre bombe n’était pas au point.

Il y a des choses qu’il vaut mieux cacher pour être efficace : si nos agresseurs potentiels ignorent les capacités de notre force de frappe, ils se méfient et hésitent à attaquer. Si on leur dit que notre bombe n’est vraiment pas au point, et peut-être même hors d’état de fonctionner correctement… ce n’est pas bon pour nous. L’effet « dissuasif » (puisque c’est l’effet recherché) est quasi nul !

De même, si les automobilistes connaissent à l’avance l’endroit où les flics (ou l’électronique, maintenant c’est pareil) vont mesurer leur vitesse, ils sont moins respectueux des limitations que s’ils ne savent pas où et quand sera fait le contrôle.

Ceci étant, le petit Nicolas se bat ici pour réduire le nombre de morts sur nos routes : 4 000 par an environ. Très bien. Mais que fait-il pour diminuer le nombre de morts provoqués par le tabac ?
Rien.
Et combien y a-t-il de morts chaque année en France dû à l’usage du tabac ?

66 000.

Ah, c’est pas pareil ? Et pourquoi donc ?

Parce que l’industrie du tabac fait vivre des milliers de salariés, parce que les revenus du tabac procurent des finances à l’État, parce que les PDG de ces industries sont des copains du petit Nicolas…

Ah bon. Alors comme ça, je comprends.

Enfin, pour les finances de l’état, ça se discute : il y en a qui disent que le tabac coûte 3 % de notre PIB à la société.

Oui, mais alors, si c’est comme ça, on pourrait aussi faire de l’alcool, en France : du vin, du cognac,  des eaux de vie, peut-être même du rhum ?
Et puis si on cultivait le pavot, en France, cela pourrait peut-être rapporter aussi de l’argent à l’état ?
Et si on fabriquait des armes ?…

Bon, arrête, tu vas devenir insolent.

dimanche 22 mai 2011

La peste ou le choléra ?

Filed under: Société — Étiquettes : , — Jean-Luc @ 15:03


S’il plaide non coupable DSK risque 74 ans de prison.
S’il plaide coupable, il risque 25 ans de prison.


À son âge (62 ans), cela ne fait pas une grosse différence…

samedi 21 mai 2011

À quelque chose malheur est bon

Filed under: Divers, Politique, Science, Société — Étiquettes : , , , , — Jean-Luc @ 15:26


« L’affaire DSK » est une catastrophe, quelle que soit la réalité des faits, dans tout les cas, qu’il soit innocent ou coupable.
Catastrophe pour lui, évidemment. Catastrophe pour la femme de ménage, certainement. Catastrophe pour le PS, bien sûr…

Mais en cherchant bien, on peut quand même trouver un avantage important à cette tragédie : depuis une semaine on n’entend plus parler de Le Pen.

Hélas, il y a d’autres conséquences collatérales à ce désastre : on n’entend plus parler non plus de Fukushima, autre catastrophe qui est loin d’être terminée.

jeudi 19 mai 2011

« Erreur humaine » n’est pas français !

Filed under: Religion, Science, Société — Étiquettes : , , , , , — Jean-Luc @ 14:04

La catastrophe de Fukushima pourrait avoir été provoquée par une erreur humaine.

Heureusement, en France, il ne peut pas y avoir d’erreur humaine.
Ah ben non : les opérateurs d’EdF sont limite divins. Et en plus, toutes leurs erreurs possibles ont déjà été envisagées et corrigées à l’avance.

M’enfin, si ! Puisqu’on vous le dit !…

jeudi 12 mai 2011

Kit mains libres

Filed under: Politique, Science, Société — Étiquettes : , , , , , , , , , , , — Jean-Luc @ 9:22

Ainsi, les pouvoirs publics commencent à s’apercevoir que, lorsqu’un conducteur a un téléphone portable dans une main et une cigarette dans l’autre, il est gêné pour passer les vitesses, tenir le volant, et régler le GPS. Sa conduite s’en ressent au point qu’il aurait une plus grande probabilité d’accident que s’il ne tenait que son volant, sans accessoires.

Il va donc être bientôt interdit de téléphoner en conduisant.

Ah bon, c’est déjà fait ?

Oui mais ils vont sévir et ça va être plus interdit. Il faut dire que 20 % d’augmentation de morts sur les routes en avril, ça la fout mal pour le petit Nicolas qui a toujours prétendu que, grâce à lui, il n’y avait quasiment plus d’accidents sur les routes de France. Et c’est difficile ici d’accuser les Tunisiens ou les Roms en situation irrégulière…

Je m’en fous disent certains : j’ai un kit mains libres…

Et ben non : des études très récentes, très approfondies et très fines permettent de constater que lorsqu’un conducteur téléphone, même avec un kit mains libres, son attention est détournée, son angle de vision se rétrécit, il accommode à l’infini et ne regarde plus que l’horizon en pensant à son interlocutrice, il n’entend plus le klaxon du gars qui le double, il oublie de mettre son clignotant, et il a quand même plus d’accidents que s’il ne téléphone pas.

Bon, c’est la science moderne qui nous le dit.

Moi, quand j’étais petit (et ça remonte loin !) il y avait un petit panneau à côté des conducteurs d’autobus : « Il est interdit de parler au conducteur. »

À mon avis, ils devaient déjà se douter de quelque chose.

Mais l’expérience des autres ne sert pas !

samedi 7 mai 2011

Terrorisme et civilisation

Ben Laden a donc été tué.

Barak Obama a proclamé : « Justice est faite. »
Comme tout bon (ou mauvais) cow-boy, il confond ici sans aucun état d’âme « justice » et « vengeance ». Oui, l’Amérique a été vengée par l’assassinat de cet abominable criminel, désarmé, pendant son sommeil. Mais non, la justice n’a pas été rendue. La justice se rend sous un chêne, ou à la rigueur dans un tribunal impartial et indépendant, qui décide seul de la peine à appliquer ; on ne se fait pas justice soi-même, la kalachnikov à l’épaule ou le colt à la main, comme essaient de le faire les terroristes d’Al-Qaida. Boris Cyrulnik a écrit dans Le Monde un excellent article sur la différence, importante, entre ces deux notions. Mais pour bien comprendre, il faut prendre un temps de réflexion, ce qui n’est peut-être pas l’activité préférée des étatsuniens.

Grâce à cette opération, on a appris qu’Al-Qaida envisageait pour septembre prochain un (ou des ?) attentat(s ?) terroriste(s ?) contre un (ou des ?) train(s ?), aux États-Unis, pour « fêter » le décanniversaire du 11 septembre 2001.
À mon avis, c’est un mauvais objectif : le trains étatsuniens sont lents, inconfortables, bruyants, sales et malodorants, et très peu d’étatsuniens les utilisent. Et probablement seulement les plus pauvres. Un attentat dans n’importe quel grand magasin, ou n’importe quel aéroport aurait été plus meurtrier. C’est quand même ce qu’ils cherchent, non ?

Mais essayons de récapituler.

Le 11 septembre 2001, Al-Qaida avait réussi à tuer un peu moins de 3000 américains dans les tours jumelles du World Trade Center. Ce nombre inclut les passagers des avions écrasés sur les tours, et les terroristes eux-mêmes.

Depuis, ils ont réussi encore quelques attentats ça et là, dont le plus meurtrier a probablement été celui de Madrid, en 2004, qui a fait un peu moins de 200 morts.

Au total, et en comptant très large, soyons généreux, disons 5000 morts, pour une population d’abominables chiens infidèles chrétiens occidentaux qui dépasse largement un milliard d’individus en ne comptant que l’Europe et l’Amérique du Nord…

5000 morts en dix ans, pour tout l’Occident chrétien, cela correspond à peu près au bilan des accidents de la route pour la seule France, en une seule année.

Et ils imaginent sérieusement qu’ils vont gagner la guerre avec ça ?

Le terrorisme est insupportable parce qu’il est inhumain. Personne ne peut accepter que quiconque tue (ou simplement prenne en otage) des innocents, quelle que soit la cause à défendre. Le terrorisme, c’est le degré zéro de la civilisation ; c’est le niveau le plus primaire de la bête : je ne t’aime pas, je te tue. Et encore… Les animaux ne tuent que quand ils ont vraiment faim !

Lorsqu’en plus le bilan est tellement ridicule, il faut vraiment être… (allez, disons-le !) stupide pour continuer ce genre d’action.

jeudi 5 mai 2011

Le rat de Paluel et les nucléopolytechnocrates

Ah, le problème de l’énergie !…

En fait, c’est très simple : l’énergie, yen a plus.

Le pétrole, on arrive au bout (on en a déjà bu la moitié, et au rythme où la consommation augmente, le reste ne durera pas 30 ans). Et ça dégueulasse tout partout, surtout quand BP fait des marées noires dans le golfe du Mexique.
Le gaz de schiste ? C’est encore plus crade. Ça peut nous donner une rallonge de 10 ou 15 ans… Et après ?
En plus, tout ça produit du CO2 qui fait chauffer l’atmosphère. Personnellement je ne me plains pas trop de la chaleur, mais il y en a que ça gêne. Et au bout du compte, ils ont peut-être raison.

Le nucléaire, on voit ce que ça donne : Three Mile Island, Tchernobyl, Fukushima, et bientôt Gravelines ou Cruas ! Parce que, faut pas rêver, nos nucléopolytechnocrates n’ont rien à envier à leurs homologues (comme ils disent à la télé) japonais, étatsuniens ou russes.
Soyons bien clair : aucun accident n’a jamais été prévu. Aucun. Jamais. La première définition du mot « accident » dans le Petit Robert est : « Événement fortuit, imprévisible. » L’accident est toujours accidentel. L’accident prend toujours tout le monde par surprise. L’accident est par nature imprévisible. Sinon, on le prévoirait et il n’y aurait donc pas d’accident ! CQFD.

Ils essaient de nous faire croire qu’un accident est impossible en France parce qu’on n’a ici ni séismes ni tsunamis. Ou alors seulement des tout petits. Mais ce ne sera évidemment pas un séisme qui provoquera l’accident en France. Même s’ils viennent de multiplier par quatre le nombre de communes françaises situées en zone à risque sismique.
C’est un conducteur de centrale (faut-il dire un pilote ?) qui pètera un plomb (il vient d’apprendre que sa femme le trompe avec son meilleur copain) et tirera au fusil d’assaut sur ses copilotes, comme ça s’est produit récemment dans un sous-marin (nucléaire) britannique. Deux morts et cinq blessés (dont un grave) dans la cabine de pilotage ; dans la panique un des pilotes survivants arrive à tourner vers la gauche une manette qu’il aurait dû tourner vers la droite, ce qui entraîne une dramatique augmentation de la température du cœur ; les panneaux de commande endommagés par la fusillade empêchent de redescendre les barres de contrôle. Au même moment, un rat crevé qui bouche une conduite d’eau de refroidissement la fait exploser, alors qu’un éclair provoqué par un violent orage vient de faire disjoncter tous les circuits électriques ; et c’est précisément à cet instant qu’un commando de fanatiques écolos antinucléaires arrive à faire sauter les diesels de secours. Je n’ose pas parler de l’Airbus A380, détourné par un terroriste, qui va s’écraser dans dix secondes sur la centrale…

Hirofukushima en France : à Fessenheim ou à Paluel.

Bon, moi, ce que j’en dis… j’en sais rien, j’essaie d’imaginer le pire, ce que nos nucléopolytechnocrates refusent d’imaginer parce que « c’est impossible » (en français dans le texte). Aux USA, ils font discuter leurs nucléopolytechnocrates (en anglais) avec des romanciers, des auteurs de science-fiction et des malades mentaux, pour essayer d’imaginer le pire. En France, nos nucléopolytechnocrates s’imaginent qu’ils ont assez d’imagination à eux tout seul pour imaginer le pire. Ils refusent de discuter avec des malades mentaux qui ne sont pas assez rigoureux dans leurs raisonnements. Ils n’ont donc pas pu imaginer le pire de ce qui peut arriver. Ils n’ont pu imaginer que ce que leur petite tête de nucléopolytechnocrate bien coiffé a pu imaginer. Ce qu’on leur enseigne dans les écoles. Et dans les écoles, on n’enseigne pas l’accident le pire. On n’enseigne que les accidents connus… Évidemment ; ceux qu’on n’a jamais imaginés, on ne peut pas les enseigner : on ne les connaît pas !

Selon certaines informations récentes, il semblerait toutefois que certains zozos d’EdF (des mal-éduqués probablement) commencent, après Fukushima, à envisager qu’il puisse arriver un problème grave sur deux réacteurs d’une même centrale, avec panne électrique et panne simultanée des circuits de refroidissement C’est le pire qu’ils puissent envisager actuellement, après 40 ans de fonctionnement. J’ignore s’ils envisagent aussi une panne concomitante des diesels de secours…

En plus, il est grotesque de dépendre à 80 % d’une seule méthode de production d’électricité. Ma grand-mère disait bien qu’il ne faut jamais mettre tous ses œufs dans le même panier. Mais en France, on a tout misé sur le nucléaire. 80 % des œufs dans le panier nucléaire ! Donc le jour où le nucléaire devient inutilisable (ce qui ne saurait tarder, au rythme où les accidents se produisent), on n’a plus d’énergie.
C’est d’ailleurs une des raisons pour lesquelles on s’acharne à maintenir obstinément le nucléaire en France. On ne peut pas l’arrêter : on n’a plus que lui. Si on l’arrêtait, on ne pourrait plus faire rouler qu’un train sur cinq, il faudrait éteindre quatre radiateurs sur cinq et on ne produirait plus que 20 % de nos voitures.

Ah ben oui ! Il aurait fallu faire un petit peu d’éolien, un petit peu d’hydraulique, un petit peu de pétrole, un petit peu de géothermie, un petit peu de biomasse, un petit peu de photovoltaïque, un petit peu (mais très petit peu) de nucléaire. Et beaucoup d’économies d’énergie. Nos nucléopolytechnocrates disent « tout ça, ça ne marche pas ». Mais ils n’en savent rien : ils n’ont jamais essayé ! Depuis 50 ans on dépense des fortunes dans le nucléaire (et encore, on n’a pas tout payé : après il va falloir démanteler… et ça, personne ne sait faire !), et on n’a donné aucun financement de recherche pour les éoliennes ou la géothermie. Si on avait mis dans les éoliennes le centième de ce qu’on a mis dans le nucléaire, il y a longtemps que les éoliennes auraient définitivement remplacé le nucléaire… Ça fait quand même un peu autiste comme comportement, non ? Ou schizophrène, peut-être, faudrait demander à un spécialiste.

Depuis les années 70, tous les promoteurs immobiliers, sponsorisés par Areva (qui s’appelait alors Cogema), installent à tour de bras des chauffages électriques dans des maisons « tout électrique ». Ils disaient « ça ne coûte pas cher ». Évidement, puisque le consommateur ne payait, au début, que la production, c’est-à-dire le salaire du conducteur (faut-il dire pilote ?). La construction des centrales était offerte par nos impôts (EdF était encore une entreprise nationalisée, au service du public), l’uranium était volé ou acheté à vil prix (c’est-à-dire échangé contre des armes) dans les anciennes colonies françaises en Afrique, et la déconstruction, le démantèlement, qu’on voit maintenant arriver (et que personne ne sait faire…) n’existait pas. Je ne parle pas du retraitement, ni de la surveillance des déchets par l’armée pendant 24 000 ans (demi-vie du plutonium). Si on avait obligé EdF à vendre son électricité au prix de revient réel, tout compris, elle aurait été cent fois plus chère (l’électricité, pas EdF, essayez de suivre un peu !). En fait, le véritable problème était de trouver des clients pour absorber la formidable surproduction d’électricité « offerte » par nos réacteurs nucléaires… Et le chauffage électrique est une assez bonne solution à ce problème puisqu’un radiateur consomme 100 à 200 fois plus qu’une ampoule « basse consommation », et que chaque kWh restitué par le radiateur nécessite la production de 3 ou 4 kWh dans la centrale. Il est difficile d’imaginer un gaspillage mieux organisé !

Car le chauffage électrique est une pure aberration du point de vue économique et scientifique ! En transformant la chaleur en électricité qu’on envoie à perpète pour la retransformer en chaleur, on perd au moins 70 % de l’énergie. Il faut évidemment fabriquer et consommer local ! C’est vrai pour le chauffage comme pour les tomates, les chemises ou les téléphones portables.
Et si chacun fabrique l’énergie dont il a besoin, il n’y a plus aucune panne ni accident grave. Au pire, on va s’approvisionner dans la ferme voisine. « Small is beautiful », disaient nos ancêtres de 1968. Alors que la centralisation expose à des risques de panne importants… Aujourd’hui, si un seul de nos 58 réacteurs est arrêté, ce sont deux départements qui sont privés d’électricité.

Nos nucléopolytechnocrates nous lancent à la gueule des pelletées de chiffres que personne n’a ni l’envie ni le temps d’aller vérifier. Il faudrait des mois. Ils n’ont aucune importance (les chiffres). Il est probablement vrai que le charbon, avec les coups de grisou, tue beaucoup plus que le nucléaire… au moins jusqu’à présent ! Mais je demande à voir plus tard, quand on en sera au cinquième accident grave (niveau 7), dont un près d’une capitale. Un coup de grisou fait quinze morts. Un accident nucléaire peut en faire dix millions. Les 27 000 morts de Fukushima ont été noyés ou écrasés. Ils n’ont rien à voir avec le nucléaire (mais nous allons constater des milliers de morts japonais irradiés cancérifiés d’ici quelques années). Nos nucléopolytechnocrates en profitent pour essayer de nous faire croire que Fukushima n’est pas un accident nucléaire, mais seulement une catastrophe naturelle. Et pourtant si : Fukushima est bien un accident nucléaire. S’il n’y avait eu qu’une usine de choucroute à Fukushima, il ne se serait rien passé de plus que les 27 000 morts écrasés sous leur maison ou noyés ! Et si Tokyo avait été un peu plus près de Fukushima, ou si le vent avait été un peu fort et orienté sud-ouest, on aurait pu avoir vingt millions de morts. Irradiés. Et ça, c’est pas naturel !

Mais on ne l’aurait peut-être pas su, puisque nos nucléopolytechnocrates refusent de comptabiliser les morts par cancer au-delà de trois semaines après l’accident. Ils disent qu’on ne peut pas vraiment savoir, que ça peut être dû au tabac, ou à l’alcool, ou à une mauvaise hygiène de vie. Ainsi, l’accident de Tchernobyl a fait entre un million de morts, selon les manifestants, et vingt-huit morts, selon la police : c’est ceux qu’elle a pu réellement voir écrasés par l’explosion au lendemain de la catastrophe. Les autres… on ne sait pas, on ne peut pas vraiment savoir. Certains étaient déjà très vieux et parfois malades. De toute façon, ils seraient bien morts un jour ou l’autre ! Peut-être bien d’un cancer…

Un récent article du Monde résumait bien le problème de la sécurité : quand les conséquences d’un accident deviennent illimitées, même si la probabilité de l’accident est très petite, on ne peut pas se permettre de prendre le risque.
Une des meilleures preuves qu’on ne doit pas prendre le risque est qu’aucune assurance n’accepte de couvrir les conséquences d’un accident nucléaire. Dans notre société ultra-libérale avancée, où seul le fric compte, si les assurances refusent d’assurer les centrales nucléaires, c’est bien qu’elles n’ont rien à y gagner, et donc que le risque d’y perdre est important !… Voilà un bel aveu que le nucléaire n’est pas sûr. Sinon, nos banquiescrocs n’hésiteraient pas à se faire du fric facile avec ça…

Alors où va-t-on ?
L’énergie, yen a plus. Ça veut dire qu’on va être obligés d’économiser l’énergie. Et de réduire notre consommation. Ce qui est encore la meilleure « source d’énergie ». Et la moins polluante ! Le problème est que ça ne plaît pas à EdF, à Areva, à GazdeFrance-Suez-DolceVita, à Bouygues, au CACA40 qui risquent de gagner moins. Et cela va à l’encontre du dogme (vérité indémontrable, mais indiscutable) de la croissance perpétuelle, dont ceux qui me connaissent savent ce que j’en pense.
Il n’est évidemment pas possible de continuer à vendre l’énergie comme si elle était gratuite. Elle est loin de l’être, comme certains l’avaient cru au XXe siècle. Et on ne peut pas non plus continuer à polluer l’atmosphère avec du CO2 et empoisonner l’environnement avec du césium 137 (demi-vie : 30 ans).

Il faut donc que le prix de l’énergie augmente. C’est inéluctable. Et il vaudrait mieux faire très vite ! Ceux qui prétendent le contraire sont des menteurs.
Ou des candidats à l’élection présidentielle.

Mais alors, les pauvres ?
Ben oui, les pauvres vont avoir des problèmes.
Une solution (déjà proposée pour l’eau), serait de distribuer les premiers kWh presque gratuitement (ce qui permet aux plus pauvres d’assurer l’essentiel), et d’augmenter ensuite le tarif très rapidement au fur et à mesure que la consommation s’accroît (ce qui peut dissuader les plus riches de gaspiller n’importe comment). Il n’y a pas de raison que les riches puissent remplir leur piscine au même tarif dérisoire que les pauvres paient pour boire ou faire la cuisine. Il n’y a pas de raison que les riches gaspillent l’essence de leurs gros 4×4 pour aller faire des safaris au Kenya au même tarif que les pauvres qui sont obligés de prendre leur scooter tous les jours pour aller bosser à la mine.

Une autre méthode, qui dans le fond est assez analogue, serait de distribuer un « revenu d’existence » à tout individu vivant, sans aucune contrepartie, sans aucun engagement, sans aucune condition de travail. Cela permettrait aux plus démunis d’avoir un peu de ressources pour survivre, même dans les temps difficiles.

Mais de toute façon, on ne peut plus continuer à bouffer ici comme quatre quand il y en a qui crèvent de faim ou de soif, pas bien loin. C’est valable pour les kWh comme pour le caviar. Et si les pays du sud essaient de fabriquer autant de voitures que nous, on va tous crever dans quelques années, nord et sud enfin réunis. Faut être raisonnables. Il n’y a pas de raison qu’on change d’ordinateur ou de télé tous les deux ans quand nos voisins n’ont même pas de quoi bouffer. Alors il va bien falloir accepter quelques voitures pour nos voisins du sud, qui n’en ont jamais eues, et beaucoup moins pour nous. Mais ça ne plaira évidemment pas à Renault, à General Motors, au CACA40 et à Monsieur Tout-le-monde, qui s’accroche à son gros 4×4 pour aller parader sur les Champs-Élysées et dîner au Fouquet’s avec sa Rolex.

Quand on partagera, il faudra vraiment bien diminuer notre niveau de vie pour homogénéiser tout ça. Sinon ça va exploser.
Et si on ne partage pas, il va falloir construire des murs très
hauts et très très costauds, tout autour de nous, avec des miradors, des chiens policiers, des mitrailleuses et des chars. Et je ne suis même pas sûr que cela suffise.
Alors peut-être une petite bombe atomique ?…

— Mais oui, mais d’accord, mais alors pourquoi le petit Nicolas, ou Ségolène ou Martine ne nous expliquent pas qu’ils vont être obligés de réduire notre niveau de vie ?
— Ben parce que s’ils construisent leur campagne là-dessus, personne ne votera pour eux.
— Aaaaah… c’est pour ça !

— Ben évidemment.

Older Posts »

Propulsé par WordPress.com.

%d blogueurs aiment cette page :