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dimanche 24 avril 2011

Quand torture rime avec culture !

Filed under: Société, Violence — Étiquettes : , , , , , , — Jean-Luc @ 18:14


Ainsi donc la corrida entre dans le « patrimoine immatériel français »

Un vendredi saint !

Alors déjà, à mon avis, il s’agit plutôt d’un patrimoine espagñol importé par quelques rares villes occitanes. Au nord de Nîmes et Arles, les corridas sont rares, pour ne pas dire inexistantes. Du côté de Lille, ils préfèrent plutôt les combats de coqs, ce qui n’est pas tellement mieux.

Ensuite, je ne crois pas que la torture et la mise à mort d’un animal, fût-il potentiellement dangereux quand des imbéciles l’excitent avec un torchon rouge, puisse faire partie d’un quelconque patrimoine.
Ou alors, il faudrait également enregistrer le massacre rituel des dauphins au couteau au patrimoine immatériel du Danemark, la chaise électrique et l’injection létale au patrimoine immatériel étatsunien et la lapidation des femmes adultères au patrimoine immatériel du Soudan…

Tiens, on devrait mettre le petit Mitterrand dans une arène, face aux lions. Ce serait sûrement très beau.

On croit rêver !

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4 commentaires »

  1. Pour une fois je suis pleinement d’accord avec toi, et j’ai été stupéfaite de cet enthousiasme de l’unesco (l’onu vraiment n’a plus de sens !) pour ce que je considère comme barbare. Pourquoi l’Unesco vient-elle estampiller cette tradition de son label « culturel » ? Comme si, alors que l’humanité, les gens en général, aspirent plutôt à la paix … quelque part le pouvoir venait rappeler l’importance de la terreur. Car il s’agit bien de cela, même si un animal est en jeu. La terreur est pratique, c’est économique : il s’agit de terroriser un minimum d’individus (ici des animaux) pour que l’immense majorité des autres individus, se tiennent « tranquilles » vis à vis du pouvoir. Et quand ce jugement là vient de l’onu ! Les animaux, les plus faibles, les moins riches, les moins bien portants, les femmes, les enfants, ceux qui ont un visa venant de pays indésirables, etc. … Mieux vaut être du côté du manche ou des ‘banderilles’ :o( Tout ceci est symbolique et pas à la gloire de l’humanité. En tant que femme, je n’aime pas les traditions.

    Commentaire par Emelire — mercredi 27 avril 2011 @ 10:57

    • La terreur pour conserver le pouvoir… Eh oui !

      Et l’actualité en remet une couche avec la question parallèle « faut-il donner des baffes à nos enfants ? », qui me met assez mal à l’aise.
      Car autant je pense que le père qui donne une raclée tous les soirs à sa progéniture parce qu’il rentre bourré de sa recherche d’emploi est une catastrophe, autant je pense qu’une claque donnée dans un moment de stress par un père ou une mère qui, par ailleurs, est le(la) plus dou(ce)x des parents ne doit pas être montée en épingle.
      Il faut savoir relativiser, et je ne pense pas que légiférer pour interdire les châtiments corporels nous conduise automatiquement au meilleur des mondes.

      Commentaire par Jean-Luc — mercredi 27 avril 2011 @ 22:55

  2. pfff…. perso gifler un enfant, je trouve que c’est trop, c’est le visage, désolée mais pour moi c’est pas touche et je suis pour cette loi, a priori. Mais il faut toujours éduquer, avant de faire n’importe quoi + une loi (qui bien sûr n’est pas comprise). Car le but n’est pas la peur de la loi, mais la compréhension de la loi, du cadre. Quand la loi dit qu’un parent ne doit pas gifler et pas donner de fessée, la loi indique au citoyen et à la citoyenne, que le seuil de tolérance à la violence familiale est en train de baisser. Donc qu’il faut penser, agir, et surtout se poser la question autrement qu’en termes de défouloir sur son gosse. Sur sa femme (ou son homme) c’est interdit. Pourquoi devrait on alors avoir le droit de frapper un enfant, alors que précisément il est beaucoup plus faible que nous. Car… gifler un ado qui dépasse son père ou sa mère d’une bonne tête, comme par hasard, c’est bien moins fréquent (et pourtant les ados sont réputés indisciplinés et faisant sortir les parents de leurs gonds). Il s’agit donc bien clairement d’un rapport de force dont l’adulte profite car l’enfant est faible.
    Et je parle en tant que parent, avec expérience pratique et maman de garçon aussi (puisqu’il paraît que les garçons sont + durs à élever, etc.).
    Je trouve que la campagne télé est super bien faite, elle montre bien que la violence conduit à la violence, etc. Et qu’il est possible de se poser des questions et d’envisager d’autres manières d’agir. (heureusement !). Les enfants n’ont pas à servir de défouloir à leurs parents.
    Au contraire élever sans violence et un peu « librement un enfant » (ça veut pas dire faire n’importe quoi mais lui laisser faire des choix avec de vrais éléments en main, c’est vraiment élever un enfant, le construire, pour qu’il puisse ensuite faire ses propres choix raisonnablement, sans lui imposer lourdement ses propres principes (et perso ça vaut aussi pour mon féminisme). Ce qu’on appelle l’éducation silencieuse.
    Même si nul-le n’est parfait-e, déjà avoir ça comme ligne de conduite ben c’est un bon plan.
    Si les adultes ont besoin de chatiments corporels, eh bien qu’ils les appliquent à leur propre personne, une bonne claque sur leur propre joue leur remettra les idées en place après une journée de boulot stressante ;o)
    on peut aussi préférer le sport…

    Commentaire par Emelire — jeudi 12 mai 2011 @ 23:22

    • Étant viscéralement non-violent, je pourrais a priori être plutôt d’accord avec toi, Emelire. Mais je reste persuadé que légiférer n’est pas la meilleure méthode. La loi interdit le vol ou l’assassinat ; cela n’empêche pas les voleurs ou les meurtriers d’agir.
      Une loi interdisant les gifles n’empêchera aucun père rentrant bourré le soir de passer « une trempe » à ses gosses.

      Je pense plutôt que la solution est à chercher du côté de l’éducation.
      Et, dans ce sens, je suis d’accord avec toi pour apprécier la campagne télé : je n’ai vu qu’une vidéo, celle où la grand-mère demande pardon à sa fille qui vient de gifler la petite dernière. C’est tout à fait remarquable, et on est là dans le registre de l’éducation. C’est en développant ce côté-là qu’on arrivera peut-être à faire comprendre aux parents violents qu’ils reproduisent ce qu’on leur a fait subir.

      Commentaire par Jean-Luc — samedi 14 mai 2011 @ 0:35


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