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jeudi 21 avril 2011

Dioxyde de carbone et uranium : qui va gagner ?


À la fin du XIXe siècle, l’industrie qui se développait à grande vitesse (pour améliorer la condition humaine) pompait allègrement dans les stocks de charbon et de pétrole pour faire tourner ses machines. Personne n’y a rien trouvé à redire jusqu’à ce qu’on s’aperçoive (très récemment) que les combustibles fossiles dégageaient tant de gaz carbonique que la Terre allait rapidement devenir inhabitable : trop chaude ! Aujourd’hui, on discute pour essayer (mais c’est pas gagné !) de rejeter moins de CO2 dans l’atmosphère. Attention : cela ne veut pas dire que le taux de CO2 dans l’atmosphère va diminuer, mais juste qu’il augmentera moins vite…

Certains ont trouvé, avec l’énergie nucléaire, une bonne façon de « ne plus polluer ». EdF et Areva en sont très fières. L’uranium : enfin une énergie « propre » qui n’émet pas de CO2 ! Grâce au nucléaire la planète va être sauvée…
Sauvée ?

Ben peut-être pas.

Quand on voit, après Tchernobyl, puis Fukushima, l’augmentation de la dispersion d’éléments radioactifs dans la nature, on peut quand même se poser des questions. Certes, la France est actuellement (à peu près) épargnée. De même que le Kénya ou le Pérou ne souffraient pas d’un taux trop élevé de CO2 dans les années 1930. Mais qu’en sera-t-il dans cent ans ?

Il faut bien souligner que l’énergie nucléaire crée et accumule de nos jours des quantités invraisemblables d’isotopes radioactifs dont la durée de vie se mesure en milliers d’années. Et dont personne ne sait que faire, une fois que les combustibles usés sont extraits des réacteurs. Alors quand ces produits sont répandus dans l’atmosphère ou la mer pour cause d’accident, n’en parlons pas !

Après les essais des bombes nucléaires dans la deuxième moitié du XXe siècle, qui ont dispersé pas mal de saletés radioactives dans l’air que nous respirons, Tchernobyl et Fukushima ont montré que les pollutions consécutives à un accident concernent la planète entière, tout comme le CO2 dégagé par nos parents et grands-parents il y a cent ans.

Les japonais viennent d’interdire totalement l’accès aux environs de leur centrale agonisante, dans un rayon de 20 km. En attendant plus. Les habitants du coin apprécient modérément.

Mais les isotopes radioactifs, ça se balade… Il arrivera certainement un jour où nos descendants, munis de compteurs Geiger, chercheront en vain un endroit pas trop radioactif pour pique-niquer.

Rappelons que si la période (temps au bout duquel la radioactivité est divisée par deux) du césium 137 n’est « que » de 30 ans, celle du plutonium 239, créé dans les réacteurs, et dispersés dans la nature quand ils explosent, est de 24 000 ans. Ce ne sont que deux exemples.

N’est-il pas temps de se demander ce que deviendront ces « déchets » dans 100, 500 ou 2000 ans ? Qu’ils soient conservés précieusement dans des bidons stockés sous l’Élysée et gardés par l’armée, ou qu’ils soient répandus « par accident » dans la nature…

Peut-on garantir qu’aucun Kadhafi futur ne s’amusera avec ?

Ou peut-on garantir que tous les futurs chefs d’État, pendant plusieurs milliers d’années, seront obligatoirement sains d’esprit ?


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Un commentaire »

  1. La « mentalactivité » des chefs d’Etat n’est hélas pas encore mesurable par des compteurs « Jexagère » appropriés…

    Commentaire par Dominique Hasselmann — jeudi 21 avril 2011 @ 22:15


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