Entendre

vendredi 29 avril 2011

Franchement on s’est bien marré…


Nous y voilà, nous y sommes.

Depuis cinquante ans que cette tourmente menace dans les hauts-fourneaux de l’incurie de l’humanité, nous y sommes.
Dans le mur, au bord du gouffre, comme seul l’homme sait le faire avec brio, qui ne perçoit la réalité que lorsqu’elle lui fait mal.

Telle notre bonne vieille cigale à qui nous prêtons nos qualités d’insouciance, nous avons chanté, dansé. Quand je dis « nous », entendons un quart de l’humanité tandis que le reste était à la peine. Nous avons construit la vie meilleure, nous avons jeté nos pesticides à l’eau, nos fumées dans l’air, nous avons conduit trois voitures, nous avons vidé les mines, nous avons mangé des fraises du bout monde, nous avons voyagé en tous sens, nous avons éclairé les nuits, nous avons chaussé des tennis qui clignotent quand on marche, nous avons grossi, nous avons mouillé le désert, acidifié la pluie, créé des clones, franchement on peut dire qu’on s’est bien amusé.

On a réussi des trucs carrément épatants, très difficiles, comme faire fondre la banquise, glisser des bestioles génétiquement modifiées sous la terre, déplacer le Gulf Stream, détruire un tiers des espèces vivantes, faire péter l’atome, enfoncer des déchets radioactifs dans le sol, ni vu ni connu.

Franchement on s’est marré.
Franchement on a bien profité.
Et on aimerait bien continuer, tant il va de soi qu’il est plus rigolo de sauter dans un avion avec des tennis lumineuses que de biner des pommes de terre.

Certes.

Mais nous y sommes.

À la Troisième Révolution.
Qui a ceci de très différent des deux premières (la Révolution néolithique et la Révolution industrielle, pour mémoire) qu’on ne l’a pas choisie.

« On est obligés de la faire, la Troisième Révolution ? » demanderont quelques esprits réticents et chagrins.

Oui.

On n’a pas le choix, elle a déjà commencé, elle ne nous a pas demandé notre avis. C’est la mère Nature qui l’a décidé, après nous avoir aimablement laissés jouer avec elle depuis des décennies. La mère Nature, épuisée, souillée, exsangue, nous ferme les robinets. De pétrole, de gaz, d’uranium, d’air, d’eau. Son ultimatum est clair et sans pitié: Sauvez-moi, ou crevez avec moi (à l’exception des fourmis et des araignées qui nous survivront, car très résistantes, et d’ailleurs peu portées sur la danse).

Sauvez-moi ou crevez avec moi.

Évidemment, dit comme ça, on comprend qu’on n’a pas le choix, on s’exécute illico et, même, si on a le temps, on s’excuse, affolés et honteux. D’aucuns, un brin rêveurs, tentent d’obtenir un délai, de s’amuser encore avec la croissance.

Peine perdue.

Il y a du boulot, plus que l’humanité n’en eut jamais.
Nettoyer le ciel, laver l’eau, décrasser la terre, abandonner sa voiture, figer le nucléaire, ramasser les ours blancs, éteindre en partant, veiller à la paix, contenir l’avidité, trouver des fraises à côté de chez soi, ne pas sortir la nuit pour les cueillir toutes, en laisser au voisin, relancer la marine à voile, laisser le charbon là où il est – attention, ne nous laissons pas tenter, laissons ce charbon tranquille – récupérer le crottin, pisser dans les champs (pour le phosphore, on n’en a plus, on a tout pris dans les mines, on s’est quand même bien marré).

S’efforcer.
Réfléchir, même.

Et, sans vouloir offenser avec un terme tombé en désuétude, être solidaire.
Avec le voisin, avec l’Europe, avec le monde.

Colossal programme que celui de la Troisième Révolution.

Pas d’échappatoire, allons-y.

Encore qu’il faut noter que récupérer du crottin, et tous ceux qui l’ont fait le savent, est une activité foncièrement satisfaisante. Qui n’empêche en rien de danser le soir venu, ce n’est pas incompatible.

À condition que la paix soit là, à condition que nous contenions le retour de la barbarie – une autre des grandes spécialités de l’homme, sa plus aboutie peut-être.

À ce prix, nous réussirons la Troisième Révolution.

À ce prix nous danserons, autrement sans doute, mais nous danserons encore

Fred Vargas

Merci à   L’ami du Foyer de Grenelle qui a publié ce texte dans son no 345, avril-mai 2011.

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lundi 25 avril 2011

Gaz de schiste

Éric Besson n’en rate pas une : « Il ne faut pas fermer la porte au gaz de schiste », a-t-il déclaré après le rapport très mitigé sur l’utilisation de cette ressource, au moins avec les méthodes de facturation de roches actuellement envisagées.

Il serait dommage, en effet, de se priver d’une source d’énergie fossile qui pourrait encore aggraver la situation climatique de la Terre en augmentant le taux de CO2 dans l’atmosphère. Et ne parlons pas des dégâts que son extraction provoque dans l’environnement au sol !…

Après tout, il n’y a pas que le solaire ou l’éolien, comme source d’énergie. Il faut savoir diversifier !

dimanche 24 avril 2011

Quand torture rime avec culture !

Filed under: Société, Violence — Étiquettes : , , , , , , — Jean-Luc @ 18:14


Ainsi donc la corrida entre dans le « patrimoine immatériel français »

Un vendredi saint !

Alors déjà, à mon avis, il s’agit plutôt d’un patrimoine espagñol importé par quelques rares villes occitanes. Au nord de Nîmes et Arles, les corridas sont rares, pour ne pas dire inexistantes. Du côté de Lille, ils préfèrent plutôt les combats de coqs, ce qui n’est pas tellement mieux.

Ensuite, je ne crois pas que la torture et la mise à mort d’un animal, fût-il potentiellement dangereux quand des imbéciles l’excitent avec un torchon rouge, puisse faire partie d’un quelconque patrimoine.
Ou alors, il faudrait également enregistrer le massacre rituel des dauphins au couteau au patrimoine immatériel du Danemark, la chaise électrique et l’injection létale au patrimoine immatériel étatsunien et la lapidation des femmes adultères au patrimoine immatériel du Soudan…

Tiens, on devrait mettre le petit Mitterrand dans une arène, face aux lions. Ce serait sûrement très beau.

On croit rêver !

samedi 23 avril 2011

Péages

Le petit Nicolas, sous l’influence du gnôme Géant, serait près à remettre en cause la libre circulation des barbares dans l’espace Schengen. Il a probablement raison. Ce n’est pas parce que l’Italie se laisse envahir par les musulmans islamistes qu’elle doit nous les envoyer ici chez nous sans autre forme de procès.
Moi je dis : « Chacun chez soi et les vaches seront bien gardées. »

Il me semble même qu’il faudrait aller plus loin et rétablir les barrières douanières et les péages que nos ancêtres avaient eu la sagesse d’installer sur les routes, les autoroutes et à l’entrée des villes. Ainsi, même si Poitiers (par exemple) est envahi par les Sarrasins, Paris pourra en être préservé grâce à des fouilles, des vérifications ADN et des contrôles minutieux que Géant pourra développer à l’entrée de la ville.

Enfin, l’essentiel est que l’Élysée reste bien protégé par la garde républicaine, pour éviter que les descendants de notre Guide Suprême, fleuron de la pureté de la race française pure souche, aient la peau bronzée et les cheveux crépus.

Patrouilleurs de proximité

Filed under: Politique, Société — Étiquettes : , , — Jean-Luc @ 0:20


L’inénarrable Claude Géant vient d’inventer une nouvelle forme de police de proximité : il a appelé ces nouveaux flics « patrouilleurs » pour qu’on ne les confonde pas avec la stupide et banale « police de proximité » mise en place par la gauche il y a plus de dix ans, et que le petit Nicolas a ouvertement ridiculisée en disant : « Les policiers ne sont pas des travailleurs sociaux ».

vendredi 22 avril 2011

Le bruit et les odeurs…


Après que ses prédécesseurs Hortefeux et Besson ont viré hors de France tous les immigrés illégaux, ou presque, Nicolas Géant veut réduire l’immigration légale de 20 000 « individus » (louches) par an. Au lieu de 200 000 personnes étrangères admises sur le sanctuaire nazional, nous n’aurons plus que 180 000 barbus basanés introduits chaque année, avec une bouche en cul de poule et en se pinçant le nez pour échapper aux odeurs.

N’empêche. Il paraît qu’il y a en France actuellement plus de 11 millions d’immigrés ou d’enfants d’immigrés. 20 % de la population ! C’est à se demander comment les bons Français blancs catholiques ADN-vérifiés arrivent à résister et survivre !

Et si l’on en admet encore 180 000 par an, on se demande où on va les mettre. Surtout que ce sont en majorité des fainéants incapables de rien faire sauf bénéficier des allocs et du RMI qu’on leur octroie bien trop largement.
Ce qu’il faudrait, c’est supprimer toute immigration, légale ou pas, et renvoyer chez eux 20 000 étrangers chaque année. Et même à ce rythme, il faudrait encore 550 ans pour purifier définitivement notre belle patrie des 11 millions de barbares qui l’occupent actuellement.

Marine, où es-tu, que fais-tu ? Ah ! vivement 2012.

jeudi 21 avril 2011

Dioxyde de carbone et uranium : qui va gagner ?


À la fin du XIXe siècle, l’industrie qui se développait à grande vitesse (pour améliorer la condition humaine) pompait allègrement dans les stocks de charbon et de pétrole pour faire tourner ses machines. Personne n’y a rien trouvé à redire jusqu’à ce qu’on s’aperçoive (très récemment) que les combustibles fossiles dégageaient tant de gaz carbonique que la Terre allait rapidement devenir inhabitable : trop chaude ! Aujourd’hui, on discute pour essayer (mais c’est pas gagné !) de rejeter moins de CO2 dans l’atmosphère. Attention : cela ne veut pas dire que le taux de CO2 dans l’atmosphère va diminuer, mais juste qu’il augmentera moins vite…

Certains ont trouvé, avec l’énergie nucléaire, une bonne façon de « ne plus polluer ». EdF et Areva en sont très fières. L’uranium : enfin une énergie « propre » qui n’émet pas de CO2 ! Grâce au nucléaire la planète va être sauvée…
Sauvée ?

Ben peut-être pas.

Quand on voit, après Tchernobyl, puis Fukushima, l’augmentation de la dispersion d’éléments radioactifs dans la nature, on peut quand même se poser des questions. Certes, la France est actuellement (à peu près) épargnée. De même que le Kénya ou le Pérou ne souffraient pas d’un taux trop élevé de CO2 dans les années 1930. Mais qu’en sera-t-il dans cent ans ?

Il faut bien souligner que l’énergie nucléaire crée et accumule de nos jours des quantités invraisemblables d’isotopes radioactifs dont la durée de vie se mesure en milliers d’années. Et dont personne ne sait que faire, une fois que les combustibles usés sont extraits des réacteurs. Alors quand ces produits sont répandus dans l’atmosphère ou la mer pour cause d’accident, n’en parlons pas !

Après les essais des bombes nucléaires dans la deuxième moitié du XXe siècle, qui ont dispersé pas mal de saletés radioactives dans l’air que nous respirons, Tchernobyl et Fukushima ont montré que les pollutions consécutives à un accident concernent la planète entière, tout comme le CO2 dégagé par nos parents et grands-parents il y a cent ans.

Les japonais viennent d’interdire totalement l’accès aux environs de leur centrale agonisante, dans un rayon de 20 km. En attendant plus. Les habitants du coin apprécient modérément.

Mais les isotopes radioactifs, ça se balade… Il arrivera certainement un jour où nos descendants, munis de compteurs Geiger, chercheront en vain un endroit pas trop radioactif pour pique-niquer.

Rappelons que si la période (temps au bout duquel la radioactivité est divisée par deux) du césium 137 n’est « que » de 30 ans, celle du plutonium 239, créé dans les réacteurs, et dispersés dans la nature quand ils explosent, est de 24 000 ans. Ce ne sont que deux exemples.

N’est-il pas temps de se demander ce que deviendront ces « déchets » dans 100, 500 ou 2000 ans ? Qu’ils soient conservés précieusement dans des bidons stockés sous l’Élysée et gardés par l’armée, ou qu’ils soient répandus « par accident » dans la nature…

Peut-on garantir qu’aucun Kadhafi futur ne s’amusera avec ?

Ou peut-on garantir que tous les futurs chefs d’État, pendant plusieurs milliers d’années, seront obligatoirement sains d’esprit ?


samedi 16 avril 2011

Contamination

Filed under: Economie, Science, Société — Étiquettes : , , , , , , , — Jean-Luc @ 22:09


Plus d’un mois après la catastrophe de Fukushima, Tepco, l’opérateur de la centrale (leur EdF à eux, si l’on veut) a accepté d’offrir une indemnisation aux familles obligées de fuir la zone contaminée par les fuites de la centrale, ou susceptible de l’être. Ces gens ont abandonné leur maison (si le séisme et le tsunami ne l’avaient pas détruite) et sont partis au hasard des routes vers un accueil improbable. L’exode de 1940 en 2011, par la faute d’ingénieurs incapables.

Tepco n’a pas lésiné : 8 300 € par foyer. Ils estiment que cela devrait compenser la maison perdue, le travail perdu, la voiture perdue, les inconvénients des contaminations éventuelles, et les cancers à venir.

Mais Tepco refuse d’indemniser les pêcheurs dont le travail est devenu impossible en raison de la contamination de la mer et de tout ce qu’elle contient.

Motif : ce n’est pas eux qui ont décidé l’interdiction de pêcher et de vendre le poisson contaminé, mais le gouvernement.

On devrait obliger le PDG de Tepco à bouffer les poissons contaminés pêchés dans le coin…

jeudi 7 avril 2011

Vers une purification ethnique de la France éternelle


Il faut se rendre à l’évidence : en matière de haine des autres, en général, et des étrangers en particulier, il y a pire que le petit Nicolas.
Son éminence (très) grise Claude Géant, qui cherche visiblement à faire encore plus immonde que Besson et Hortefeux réunis, voudrait renvoyer se faire tuer chez eux non seulement les sales étrangers sans papiers, donc en situation irrégulière, mais aussi tous les autres un peu moins sales étrangers, même dûment munis des bons ausweis officiels. Enfin, peut-être pas les bons étatsuniens riches blonds catholiques et propres, mais les genre louches, peau pas bien claire, cheveux frisés, habits pas très propres et langage incompréhensible.

Il faut dire que tous les barbus basanés de la planète se ruent sur la France, depuis que le clown italien Berlusconi, copain du petit Nicolas, délivre des papiers officiellement valables dans toute l’Union européenne à tous les barbares qui débarquent à Lampedusa en raison de la guerre menée par la France contre Kadhafi, le clown tyran tortionnaire copain du petit Nicolas !
Ils seraient quelques milliers, vous rendez-vous compte ? Ils ne tiendront jamais dans nos centres de rétention administrative. Ou alors il va falloir en construire d’autres. Et qui c’est qui va payer, hein ?

J’ai cru comprendre que les règlements en vigueur (que la France devrait pouvoir invoquer pour refuser cette invasion) demandent que les immigrants ainsi tolérés dans l’Union européenne puissent justifier de revenus supérieurs à 60 euros par jour.

Facile !

Ben non, pas tellement : 60 euros par jours, ça fait 1800 euros par mois.

Je connais bien des Français qui ne seraient pas acceptés dans l’Union européenne…

Allez ! Après avoir expulsé tous les arabes, immigrés légaux ou illégaux, faudra voir à expulser les Alsaciens, qui sont quand même un peu Allemands, et les Bretons, dont personne n’a jamais pu dire exactement de quelle nationalité ils étaient.

En tout cas, ils ont une langue louche.

 

samedi 2 avril 2011

Fukushima… et divers !


Il a suffi que je m’éloigne trois semaines au soleil pour qu’ils nous mettent en vrac Fukushima, la guerre en Libye et le retour de Gbagbo.

Je reviendrai certainement sur Fukushima qui montre enfin, comme le déclare Denis Clerc dans Alternatives économiques qu’une probabilité même très faible d’un risque illimité n’est pas acceptable…

Pour aujourd’hui, je me contenterai de deux remarques :

La première pour constater que la guerre en Libye est en mauvaise passe depuis que nos avions ne peuvent plus aller bombarder les troupes de Kadhafi pour cause de mauvais temps : nuages, vent, et peut-être même pluie. Souhaitons que nos prochain ennemis ne choisissent pas l’hiver pour nous attaquer…

La seconde pour souligner l’augmentation des tarifs du gaz de 5,2 %, qui porte à 20 % l’augmentation depuis un an. Non, ce n’est pas un poisson d’avril. Personne n’a jamais pu expliquer clairement pourquoi le prix du gaz était indexé sur celui du pétrole, un peu comme si le prix de la banane était lié à celui du papier… GdF-Suez-Dolcevita fait, comme Total, des bénéfices faramineux qu’il redistribue largement à ses actionnaires. On ne voit donc pas vraiment ce qui justifie cette augmentation ! L’habitude, peut-être ? Néanmoins, le gouvernement (qui doit bien sentir l’indécence de cette augmentation) va réfléchir à un gel des tarifs, jusqu’à la prochaine élection présidentielle.

Jusqu’à la prochaine élection présidentielle ?
Oui : jusqu’à la prochaine élection présidentielle.
Et après ?
Ben après… on verra !

Ils nous prennent encore pour des cons ?

Si j’étais le petit Nicolas, tant qu’à faire, puisqu’il ne sera pas réélu, j’aurais déclaré un gel illimité et définitif des tarifs. Ça m’aurait peut-être rapporté quelques voix de plus. Je me demande s’il est encore capable de réfléchir.

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