Entendre

mercredi 31 mars 2010

Coqs en pâte

Filed under: Economie, Politique, Société — Étiquettes : , , , , — Jean-Luc @ 10:09


Les handicapés n’ont pas toujours la vie facile…
Certains ont essayé de le faire savoir en manifestant samedi dernier.

Ils reçoivent pourtant une aide de l’État, sous la forme d’une « allocation pour adulte handicapé » qui atteint, depuis septembre dernier, la somme faramineuse de 681,63 € par mois. Même pas deux tiers d’un Smic !

Oui, dira-t-on, mais s’ils travaillent plus (pour gagner plus) ils doivent s’en tirer pas mal.

Eh ben non : « Lorsqu’une personne handicapée perçoit d’autres revenus que l’AAH, elle peut bénéficier d’une allocation mensuelle réduite, dont le montant correspond à la différence entre la moyenne mensuelle de ses autres revenus et les 681,63 € de l’AAH. » En clair, tout ce qu’un handicapé gagne à la sueur de son front est retiré de son allocation.
Ça donne pas vraiment envie de travailler !

À partir du 1er avril, l’ « allocation pour adulte handicapé » passera de 681,63 € à 696,63 € mensuels. Cette hausse (royale) de 15 € correspond à une augmentation de 2,2 %.

Le même jour, le tarif du gaz augmente de 9,7 %.

Non, ce n’est pas un poisson d’avril.

Et d’ailleurs, peut-être que certains handicapés n’utilisent pas le gaz…

dimanche 28 mars 2010

Arben

La lettre qui suit m’a été transmise directement par l’intervenant de la Cimade qui en est l’auteur.
Je recommande, dans la même série, la lecture de « La Gloire et la rivière », et « Tant que nos frères marcheront »

Le 27 mars 2010


Arben,

Je te fais parvenir cette lettre à la dernière adresse où j’ai su que tu étais domicilié, en espérant que tu y passes au moins de temps en temps. Je ne sais pas où tu es, et je me demande si tu le sais toi-même, au regard des nécessaires déplacements et astuces maquisardes qu’imposent la vie clandestine. J’ai eu quelques nouvelles de toi par Anton. Il m’a dit que tu travaillais parfois à Rungis, mais le rythme de mes activités ne me permet pas d’essayer de te croiser là-bas. J’espère que le travail au noir te permet tout de même de gagner de quoi manger. L’autre jour, au centre de rétention, un gars m’a dit qu’il était payé 180 euros par mois pour 60 heures de travail par semaine, et ce depuis trois ans. Je suis navrée Arben, navrée de tout ce que tu subis ici, dans mon pays qui s’auto-mutile et s’ampute chèrement des membres qui le composent de fait. Et quand je dis chèrement, mon ami, je choisis le mot. Ce que cela coûte de trahison, de déloyauté, de violence… c’est insensé. Ce que cela coûte d’argent aussi. Le prix d’une seule expulsion te permettrait de vivre deux ans sans trop de difficultés. Plus de vingt mille euros par expulsion en moyenne. Ceci dit, comme dirait ta sœur, il manqu’rait plus qu’ce soit gratuit.

Je peux, quant à moi, te donner de minces nouvelles. La Cimade vit des moments aussi durs qu’historiques, tu es au courant de tout ça par Anton à ce qu’il paraît. Plus que de la créativité, je crois qu’il nous faut du courage. Il y a deux semaines, je suis allée passer un peu de temps avec les travailleurs sans-papiers de Massy qui en sont maintenant à six mois de grèves… où trouvent-ils la force ? Nous échangions et l’un d’eux a dit, alors que George expliquait les galères des négociations en haut lieu : « Nous sommes avec vous, comme vous êtes avec nous ». Arben, je t’assure qu’un frisson m’a traversée à cause de la justesse de son propos. À cause de l’air que cela donnait à mes poumons. Il sous-entendait par là que si nous les soutenons, c’est qu’ils nous soutiennent aussi, et que la lutte ainsi, devient possible, par cet équilibre solidaire de partage. C’est toute la différence entre s’interposer et venir en renfort il me semble, mais j’ai encore beaucoup à découvrir concernant ces notions.

Plus que te donner des nouvelles, je voulais te prévenir d’une chose très inquiétante dont tu as dû entendre parler peut-être. Bientôt, le ministre va faire ouvrir le camp d’internement du Mesnil Amelot, à côté de Roissy.

Arben… je voudrais t’en parler non pour t’alarmer inutilement, mais pour te demander de faire bien attention à toi là où tu es. Évite les gares et les transports en commun autant que tu peux. Si tu dois en user, prends toujours un ticket. Dis à ta sœur de faire attention aussi, dis-le à son mari, et qu’ils fassent attention aux enfants, qu’ils se rapprochent du réseau éducation sans frontières. Car s’ils se font arrêter, il faut que quelqu’un s’en inquiète rapidement et donne l’alerte : les choses vont très vite dans les centres de rétention.

Arben, ce camp peut contenir 240 personnes d’un coup, les enfants y compris, les familles. Oui, il y a six baraquements, dont un pour les familles. L’autre jour, à la conférence de presse que la Cimade a donnée avec le Réseau Migreurope, le syndicat des avocats de France, et le syndicat de la magistrature, Damien a parlé de chauffe-biberons, de tables à langer. Sur le moment, mes oreilles de poète n’ont pas pu faire le lien entre les barbelés et les chauffe-biberons. Ma conscience a dû prendre le relais et j’ai eu froid d’un coup. Imaginer Bogdan, ton petit neveu d’à peine un an, dans ce  camp de merde… j’ai eu froid. D’ailleurs si tu en as l’occasion, passe le bonjour pour moi aux trois enfants de ta sœur. Anton m’a dit que le plus grand est premier de sa classe, malgré ses évidentes difficultés à dormir et à se concentrer. Je suppose que tous les enfants de Sarajevo qui ont vu ce qu’il a vu, luttent de même et portent en eux les mêmes ruines. Il faut que le temps passe, j’imagine.

Si par malheur, tu devais être arrêté, et le risque est fort tu le sais, il faudra que tu essayes d’aller trouver mes collègues de la Cimade. Je t’en prie Arben, ne te décourage pas… ce camp va te sembler insurmontable : c’est un camp anti-émeute, avec des détecteurs de mouvements, une tour de contrôle, des haies épineuses qui séparent les baraques les unes des autres pour que les gens ne puissent pas se regrouper et se solidariser. Tout est fait pour neutraliser une quelconque réaction humaine. Il n’y a d’accès libre à rien. Pas de contact direct avec les policiers ou les intervenants… seulement des interphones vidéos, des portes hachoirs à passer en montrant un badge ou un numéro de PV. À l’intérieur, les gens sont appelés par leurs numéros de PV, oui. Tu te rends compte ?

Moi j’en crève, que cela ait lieu sans qu’on ne réagisse. Pendant que les familles sont enfermées arbitrairement, loin du regard de tous, disparaissant sous un chiffre, les français ont l’œil rivé sur les reportages d’Arte évoquant le moment le plus violent de l’Histoire de l’Europe, en se demandant comment il fut possible d’ainsi déshumaniser des masses. Je te le dis Arben : j’en crève. Je le refuse catégoriquement et j’accuse tout net le ministre de crime de déshumanisation sous couvert d’une politique plus que douteuse.

Tout ceci me fait penser à la discussion que nous avions eu tous les deux l’année dernière, le soir de la fête de la musique. Tu n’avais pas vraiment répondu à mes arguments, et je suppose que cela tenait aussi à ta difficulté de parler de la guerre… et peut-être un peu au taux d’alcoolémie dont nous étions tous deux les innocentes victimes. T’en rappelles-tu ? Tu avais commencé par parler des différentes formes de dictatures, et nous avions fait plusieurs digressions pour en arriver à la question de la Shoa et je t’avais dit la chose suivante : il me semble bien qu’outre le traumatisme collectif en Europe, le fait même que la Shoa ait eu lieu a fait changer notre seuil de tolérance, notre rapport à la gravité de beaucoup d’évènements. J’ai la sensation que l’on ne parvient plus à dire que toute forme de déshumanisation est grave, et celle-ci pas plus qu’une autre. Différemment, mais pas plus. L’être humain étant sacré, nous ne pouvons nous contenter de peu. Dans la dernière interview d’Éric Besson que j’ai vue, il faisait cette citation : « Quand je me regarde je me désole, quand je me compare, je me console ». Comment peut-on avoir aussi peu d’ambition humaine ? Comment peut-on se dire qu’il est désolant d’être violent, mais que puisque les autres le sont aussi, on peut se permettre de l’être à son tour ? Mon ami je te le dis, j’étais perplexe au départ, maintenant je suis carrément inquiète. Et je ne suis pas la seule. Comment allons-nous pouvoir vous aider tous ? Comment stopper cette course complètement irréfléchie bien que très construite, cette course vers la déshumanisation progressive de toute une partie de la population qui vit dans le pays ? L’enfermement massif à un rythme que personne ne peut suivre, même pas les flics et l’administration, tant il est soutenu. Un rythme qui produit tellement d’erreurs, d’illégalités et qui fait peu à peu disparaître la réalité des êtres humains dans leur complexité.

Et ce gamin français, que doit-il comprendre quand il voit son père menotté, enfermé et amené à l’aéroport sous les coups ? Arben… comment cet enfant va-t-il grandir ? Quelle rage, quelle peur, quelle colère aura-t-on ancrées en lui ?

Si tu te trouves dans ce camp, essaye d’aller trouver mes collègues. Ils seront là, tu sais. Ils seront là comme ils peuvent et pour chacun autant que faire se peut. Essaye de toutes tes forces d’accéder à eux, malgré les flics, les portes hachoir, les heures d’attente et malgré ta peur. Ne te décourage pas, ne perds pas espoir. Donne-leur mon nom pour que je puisse les aider aussi. Ils n’auront pas plus de dix minutes à t’accorder. Dix minutes pour apprendre à te connaître, pour essayer de rassembler les documents que tu dois avoir éparpillés exprès entre tes différents points de chute, pour rédiger ton recours devant le tribunal et refaire ta demande d’asile. Dix minutes. Tu seras perdu dans un flot d’autres gens, tous aussi dans la merde que toi. Heureusement que tu es complètement francophone et que tu sauras rapidement leurs donner les informations importantes. Il faudra travailler vite et juste, mais ce sera sans aucune garantie, tu le sais, nous en avons déjà beaucoup parlé ensemble.

Je pourrais essayer de venir te voir en visite, mais ce camp a été construit loin de tout. Pour y aller, il faut avoir du temps, et même de l’argent puisque rien que le billet de RER pour s’y rendre coûte 16 euros. La dernière fois que tu avais été enfermé, c’était au centre de rétention de Vincennes je crois, tu avais été entendu par des magistrats à Paris… j’avais pu me déplacer. Pour ce camp-là, le ministre a fait un tribunal à l’intérieur, avec un village judiciaire. Cela va te faire rire… rien que la connexion informatique sécurisée nécessaire à la bonne marche de ce tribunal coûte à elle seule 200.000 euros par an. De toute façon, sur ce point, on en revient encore à ce que dit ta sœur.

Quoi qu’il en soit, les bâtiments sont très difficiles d’accès. C’est ainsi que l’État éloigne ses agissements du regard de la société civile, et des familles des gens qui sont enfermés. Tout ça est négligemment jeté dans un coin d’obscurité, au milieu des champs, loin de l’activité de Paris, tu seras coincé entre les barbelés, les caméras, les détecteurs de mouvement, les flics, et les avions qui décollent. En t’écrivant tout ceci, Arben, je te l’assure, j’ai l’impression d’être dans un cauchemar. Je ne comprends pas. Je sais bien que ce qui sera difficile ne sera pas l’expulsion… car tu sauras  trouver une filière et au moins quitter rapidement Sarajevo. Peut-être iras-tu en Roumanie, où tu pourras te mettre en sécurité quelques mois chez Ion et Nicoletta. Ce qui te ravagera, c’est ce traitement inhumain qui ferait disparaître les traits de n’importe quel visage. C’est ce métal glacial partout, le bruit des avions qui décollent, l’odeur du kérosène, les cris des enfants qui jouent au ballon entre deux barbelés pendant que les flics préparent le fourgon pour les emmener à l’aéroport… un vol vers Colombo, Kinshasa ou Kaboul, là où les bombes, et l’armée les attendent.

Il faudra tenir le coup. Je ne sais pas comment, mais il faudra que tu tiennes. Le droit pourra peut-être t’aider, mais peut-être pas. Tu sais, je m’occupe en ce moment d’une dame française dont le mari a été expulsé l’an dernier. Il ne parvient pas à obtenir de visa depuis, malgré le fait que sa femme soit sourde et qu’ils aient un enfant français de 12 ans à charge. Figure-toi que la préfecture, dans sa réponse à notre recours devant le Conseil d’État a déclaré : « Le requérant ne prouve pas de communauté de vie avec son épouse depuis son expulsion vers la Tunisie ».

Non mais franchement… Je suis navrée. Alors tu vois, au milieu de ça le droit n’a pas grande force. S’il faut aller jusqu’à la Cour Européenne des Droits de l’Homme pour avoir le droit de vivre avec son mari dans son propre pays, je dis que toutes les limites sont largement dépassées. Et encore, c’est une manière très correcte de le dire.

Du coup, comme ce camp est supposé commencer son obscure activité lundi prochain, nous allons tous nous y rendre pour une grande manifestation. Tu connais déjà les cercles de silences, cette initiative géniale lancée par les franciscains, eh bien nous allons en faire un là-bas. Pour ma part, je suis tellement déstabilisée par tout ça, que pour le moment, je ne vois rien d’autre à faire que de me tenir en silence devant ce camp indigne, que l’État va utiliser en notre nom, puisque c’est nous qui l’avons élu. Enfin je ne reviens pas là-dessus, parce que je vais finir par m’énerver.  Je voudrais qu’il soit possible que nous nous tenions debout tous les deux côte à côte, mais j’espère vraiment que tu ne vas pas faire la bêtise de venir : il y aura des flics partout et tu dois penser à toi. Non seulement tu ne peux plus t’engager, mais tu dois en plus penser à ta propre protection.

Arben, je ne sais pas où tu es, et j’espère que tu ne t’es pas fait arrêter. Mais en attendant, je voudrais te le redire : si tu n’as pas d’endroit où aller, si tu n’as pas de quoi manger, viens à la maison. Il y a pour toi un lit, et un double de mes clés.

Je t’embrasse, ainsi que ta sœur et ton beau-frère. Ne cessez pas d’espérer, tant que vous pouvez, ne cessez pas.

Un intervenant de la Cimade

vendredi 26 mars 2010

Sarkozy se traite lui-même d’enfoiré

Filed under: Economie, Politique, Science — Étiquettes : , , , , , — Jean-Luc @ 13:47

Le 10 septembre 2009 à Artemare, le petit Nicolas défendait avec force et conviction la taxe carbone :
« Je ne comprends pas comment on peut avoir signé le pacte de Nicolas Hulot au printemps 2007 et, aujourd’hui renier sa parole et ne pas faire ce qu’on a dit qu’on ferait. Je l’ai signé, je le fais. C’est une question d’honnêteté. Si on ne le fait pas, on n’est pas honnête et la démocratie républicaine et parlementaire ne peut pas continuer à fonctionner avec des gens qui ne respectent pas la signature qu’ils ont donnée. J’ai donné ma signature, je le fais. »
« Cela fait trop d’années qu’on repousse à demain les décisions qu’il faut prendre maintenant en responsabilité […] C’est une question d’équilibre et de survie de l’espèce humaine… »

Il insistait le 15 septembre, en ajoutant, pour galvaniser ses troupes :
« C’est une grande réforme comme la décolonisation, l’élection du président de la République au suffrage universel, l’abolition de la peine de mort et la légalisation de l’avortement. »

Mais le 6 mars 2010, au salon de l’Agriculture, pour gagner les voix des agriculteurs, le même petit Nicolas déclarait, d’un air méprisant :
« Je voudrais dire un mot de toutes ces questions d’environnement, car là aussi, cela commence à bien faire. »

La taxe carbone était morte. Fillon n’avait plus qu’à l’enterrer.

Chantal Jouanno se dit « désespérée ». Mais l’espérance est un sentiment : cela ne fait pas partie des paramètres tolérés dans un gouvernement. Au gouvernement comme à l’armée, on ne réfléchit pas, on ne ressent pas : on obéit. Aveuglément.

Le petit Nicolas n’a rien ajouté.
La démocratie républicaine et parlementaire ne peut pas continuer à fonctionner avec des gens qui ne respectent pas la signature qu’ils ont donnée.
C’est lui qui l’a dit.

lundi 22 mars 2010

Silence, on enferme en vrac pour expulser en série

Filed under: Migrants, Politique, Société — Étiquettes : , , , , — Jean-Luc @ 9:06


Le Mesnil-Amelot disposait déjà d’un centre de rétention administrative.
À la fin du mois, il en aura trois.

Ce sont en effet deux nouveaux centres de rétention qui sont construits sur cette commune de 875 habitants, proche de Roissy (commode pour emmener les expulsés dans l’avion), et qui doivent être inaugurés le 29 mars 2010.

Pourquoi deux ? Parce que cette nouvelle construction offrira à nos frères migrants 240 places (un record en France) alors que la loi interdit qu’un centre dépasse 140 places. Éric Besson prétend donc qu’il y a là deux centres côte à côte. Cela lui permet de contourner la loi à peu de frais. Pourquoi pas envisager un centre de 1000 places, en prétendant qu’il y en a sept ?…

On se dirige peu à peu vers une industrialisation de la rétention et de l’expulsion.

La Cimade (entre autres…) appelle les citoyens et les élus à se mobiliser et à venir se joindre à un cercle de silence exceptionnel qui se tiendra le lundi 29 mars à 13 h 30 devant le nouveau centre du Mesnil-Amelot.

Une pétition reste également disponible pour ceux qui tiendraient à exprimer leur mécontentement.

S’il en reste !

dimanche 21 mars 2010

On a gagné !

Filed under: Elections, Politique — Étiquettes : — Jean-Luc @ 21:29


Oui, oui, oui…

Oui, nous avons entendu la voix du peuple : par leur vote massif en faveur de la gauche rassemblée, ou parfois en faveur du front nazional, les Français ont envoyé un signal fort en temps réel dans la cour des grands pour montrer qu’ils étaient inquiets de la politique du gouvernement.

Et il y a de quoi ! Les retraites s’effondrent, la santé publique est menacée, l’enseignement est exsangue, la justice tourne en eau de boudin, le chômage monte en flèche… Seuls, Total, Monsanto et quelques grandes banques arrivent à garder la tête hors de l’eau.

Et c’est pourquoi il est important que le gouvernement dont je m’honore de faire partie conserve le cap fermement, poursuive et amplifie sa politique stressante de réformes à tort et à travers et sans queue ni tête,  et continue à saccager le service public avec persévérance, pour arriver enfin à satisfaire les appétits des banques et des multinationales, et à mettre en place définitivement les modifications que nos compatriotes ont souhaitées et appelées de tout leur cœur en votant à 53 % pour le petit Nicolas il y a trois ans.

Je vous remercie.

vendredi 19 mars 2010

Répugnance

Filed under: Elections, Politique — Étiquettes : , , , , — Jean-Luc @ 18:07


La sous-évaluation du score du FN au premier tour des régionales s’expliquerait par le fait que l’électorat du parti de Jean-Marie Le Pen répugne parfois à reconnaître son vote ou refuse de répondre.

Avoir de la répugnance pour le candidat qu’on a choisi… cela me laisse rêveur !

Je ne trouve pas que Cécile Duflot soit répugnante.

Pas plus que Jean-Paul Huchon, encore qu’il soit moins sexy que Cécile…

mardi 16 mars 2010

Victoire !

Filed under: Elections, Politique — Jean-Luc @ 0:16

– On a gagné !
– Mais… non : c’est le plus mauvais score dans l’histoire de votre parti !
– Oui, mais c’est quand même nous qui obtenons le plus de voix, et nous sommes en tête dans 8 régions alors qu’en 2004 nous ne l’étions que dans 2 régions.

– On a gagné !
– Mais… non : vous n’êtes que troisième, en nombre de suffrages !
– Oui, mais le parti socialiste doit maintenant s’allier avec nous pour gagner le second tour.

– On a gagné !
– Mais… non : vous n’avez que 11 % au niveau national !
– Oui, mais regardez, nous pouvons nous maintenir dans la moitié des régions.

– On a gagné !
– Mais… non : vous n’arrivez qu’à la deuxième place !
– Oui, mais il faut tenir compte de l’abstention. De toute façon, nous allons remporter le deuxième tour.

– On a gagné !
– Mais… non : vous avez perdu !
– Alors laissez-moi finir s’il vous plaît : je vous ai laissé parler, laisser moi m’exprimer !

samedi 13 mars 2010

L’arroseur arrosé, ou « Quand les vautours dévorent les loups »

Filed under: Economie, Politique, Religion, Société — Étiquettes : , , , , — Jean-Luc @ 10:52


Le petit Nicolas ne cesse de nous vanter les mérites du libéralisme, cette idéologie perverse, diamétralement opposée au christianisme, selon laquelle c’est en libérant les égoïsmes qu’on arrivera au meilleur des mondes.

Le libéralisme, c’est une foire d’empoigne économique où c’est le plus fort qui gagne, sans que l’État ou quelque autre institution officielle soient autorisés à intervenir pour protéger les plus faibles : « Allez-y, foncez dans le tas, faites-vous votre place au soleil en marchant sur la tête des copains, c’est grâce à la libre concurrence que la société avancera. Et en plus, c’est grâce à cette liberté que tous peuvent arriver aux plus hauts sommets. Allez-y donc, “travaillez plus pour gagner plus”, créez votre entreprise pour bouffer les autres, travaillez le dimanche, travaillez jusqu’à 75 ans, réussissez, enrichissez-vous, vous avez le champ libre ! »

Mais voilà que le gouvernement américain préfère Boeing à EADS pour renouveler ses avions ravitailleurs !

Et notre petit Nicolas, secondé par Fillon, déplore cette « tricherie », cette concurrence déloyale, et se plaint qu’il n’y ait pas de règles pour empêcher un tel favoritisme.

Ah, ben oui, mais c’est ça le libéralisme, Nicolas !

Ou bien chacun est libre d’agir comme il préfère, ou bien on instaure des règles de vie commune pour éviter que les petits soient bouffés par les gros.

Il est difficile de trouver une position intermédiaire.

jeudi 11 mars 2010

Flashball, suite…

Filed under: Politique, Société — Étiquettes : — Jean-Luc @ 10:42


La Commission nationale de déontologie de la sécurité a pondu un rapport pour annoncer que l’utilisation d’un flashball lors d’une manif à Montreuil en juillet dernier n’était « pas indispensable » et que « le cadre légal d’emploi n’était pas respecté ». Ce tir de flashball avait entraîné la perte d’un œil par un manifestant.

En lisant le début de cet article du Monde, je me disais en mon for intérieur et à voix basse (je suis souvent sur écoute) : « Ben mon fieux, elle n’en a plus pour longtemps, la Commission nationale de déontologie de la sécurité… Le petit Nicolas va te la dissoudre vite fait pour la remplacer par une potiche à sa botte, comme la Halde. »

Bingo ! Un peu plus loin dans l’article, le Monde annonce : « La Commission nationale de déontologie de la sécurité doit disparaître au profit du nouveau poste de défenseur des droits prévu par le gouvernement. »

Ça m’a un peu rassuré : le petit Nicolas est encore en bonne forme !

mardi 9 mars 2010

Encore une baffe pour Besson

Filed under: Migrants, Politique, Société — Étiquettes : , , , , , — Jean-Luc @ 9:54

Najlae Lhimer, 14 ans, a fui son pays (le Maroc) en 2005, pour échapper à un mariage forcé. Elle se réfugie chez son frère, en France. Cinq ans plus tard, excédée par les violences de son frère qui la bat, elle vient porter plainte à la gendarmerie, avec un certificat médical, peut-être pas vraiment nécessaire étant donné l’état de son visage. Les gendarmes n’enregistrent pas la plainte. Le lendemain, Najlae est expulsée vers le Maroc. Double peine ? Triple peine (battue, expulsée, mariée de force) ?

Merci qui ? Merci Éric !
Car les gendarmes ne font là qu’essayer de satisfaire les quotas imposés par Éric Besson. Lequel ne fait qu’obéir au petit Nicolas, pour ne pas être viré !

Mais… paf ! Le petit Nicolas décide, à l’occasion de la journée de la femme, de gracier Najlae et de lui permettre de revenir en France « si elle le souhaite ». Elle semble le souhaiter !

Voici quelques remarques qui pourraient conduire à des sujets de bac :

– Vu de l’Élysée, il est facile de décider que cette année il faut expulser 30 000 « sans-papiers ». Mais confronté à un cas individuel précis, celui de cette jeune fille battue et promise à un mariage forcé, bien développé dans les médias, l’Élysée se dégonfle.
En d’autres termes, si c’étaient les généraux qui avaient dû étriper l’ennemi à la baïonnette en 1914, la guerre n’aurait probablement pas eu lieu.

– Le petit Nicolas se prend pour le Roi Soleil : Nous embastillons, Nous gracions au gré de Notre humeur et comme il Nous plaît… Liberté ?

– Une histoire « vue à la télé » est une histoire qui s’arrangera… Égalité ?

– Les flics sont quand même gonflés d’expulser de France une fille qui sera mariée de force dans son pays avec encore les yeux au beurre noir que lui a faits son frère… Fraternité ?

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