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dimanche 5 octobre 2008

Bricolage

Filed under: Economie, Société — Jean-Luc @ 18:51

Parfois, il m’arrive de bricoler. Si, si…

Pas grand-chose : xylophéner les pieds d’une table, remettre un peu d’enduit ici, poser une étagère là, ou équivalent, selon l’humeur et les besoins.
Enfin… pas trop de peinture : j’ai horreur de la peinture.

Récemment, j’ai posé une étagère : une simple planche vissée sur deux équerres.

Il me fallait pour cela quatre vis en acier de 3x30 (ou 3x25 à la rigueur) à tête fraisée, avec quatre chevilles adaptées, et quatre vis de 2,5×20 à 3×25, à tête fraisée également.

J’ai fouillé dans les réserves : je disposais de 38 vis en acier de 4×40 à tête fraisée (un sac de quarante dont j’avais utilisé deux), de 46 vis en laiton de 3,5×15 à tête ronde (un sac de cinquante dont j’avais utilisé quatre), de 36 vis en acier de 3×20 à tête ronde (un sac de quarante dont j’avais utilisé quatre), de 48 vis en laiton de 2,5×10 (un sac de cinquante dont j’avais utilisé deux), de 25 vis de 3×15 en acier à tête hexagonale (un sac de vingt-cinq encore vierge) et quelques autres résidus plus folkloriques et moins utilisables, vis pour métal, vis en plastique, crochets « X », pitons divers et autres produits sans intérêt dans mon cas.

Quand j’étais petit, et qu’on avait besoin de quatre vis de 3×25, on allait chez le quincaillier et on annonçait : « Bonjour, Monsieur Dumoulin le quincaillier s’appelait Dumoulin , je voudrais quatre vis de 3×25. » Le quincaillier sortait quatre vis de ses tiroirs, les pesait sur la balance Roberval et annonçait, après un rapide calcul : « Ça fera deux francs. »

Attention ! Deux francs de cette époque (une époque où les vélos avaient des pneus pleins, et où il existait des caramels à un franc, si, si, pas terribles mais qu’est-ce qu’on aimait ça !). Deux anciens francs, ça correspond à deux centimes de nouveau franc de bien plus tard, juste avant qu’on passe à l’euro…
En gros, deux francs de cette époque, ça faisait 0,3 centime d’euros de maintenant.
À peine !

Aujourd’hui, quand on a besoin de quatre vis de 3×25, on va à Carrefour, et on achète (bien obligé, ya que ça — quand il y en a !) le sac de quarante vis à 2,5 euros. « Ah non, monsieur, ya pas plus petit… »
On utilise les quatre dont on a besoin, et on conserve le reste du sac (36 vis) dans la caisse à outils, avec les dix-sept autres sacs de vis, chevilles, écrous et rondelles inutilisés et inutilisables pour les travaux prévisibles. Au bout de quelques années, on considère qu’il y a prescription et on jette.

Certains appellent ça la « société de consommation ».

Personnellement, j’appellerais plutôt ça la société du gâchis et du gaspillage.
Si encore on consommait pour de vrai !
Mais non, on ne consomme pas : on stocke en attendant de jeter !…

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