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jeudi 11 septembre 2008

Fait divers : un président de la République appuie sur le bouton rouge

Filed under: Politique, Société — Jean-Luc @ 18:31

À Château-Gontier (Mayenne), au cours d’une dispute, un gendarme a tiré hier, avec son arme de service, plusieurs balles sur son supérieur, qu’il a gravement blessé, avant de « retourner l’arme contre lui » et de se suicider.

Bon : on peut considérer cela comme un « fait divers » sans importance.

Mais quand même : le gendarme en question était bien noté, bien apprécié,  marié, père de quatre enfants, et rien ne permettait de supposer qu’il en arriverait là un jour.
« C’est un coup de folie », a expliqué le procureur de Laval…

Ah ben voilà !

Est-il raisonnable, tant que des coups de folie de ce genre restent possibles (et, l’homme étant ce qu’il est, comment serait-il possible de les rendre impossibles ?), de confier à des gens, même militaires, même du 3e RPIMa, des armes à feu qu’ils peuvent utiliser à tort et à travers ?

Rappelons la récente tuerie de Carcassonne, pour laquelle les enquêtes révèlent un laxisme incroyable quant à l’usage des balles réelles…

Oui, l’homme est faillible.
Oui, il lui arrive de faire des conneries.
Oui, il lui arrive de perdre la tête.
Et oui, cela peut arriver au simple citoyen sans responsabilité, au gendarme chevronné, au pilote de centrale nucléaire, et au président de la république, qui a un doigt sur le bouton rouge de l’holocauste nucléaire.

N’oublions pas Paul Deschanel (celui qui disait pourtant avec raison, 90 ans avant EDVIGE : « La vraie justice exige la liberté de tous, non pas la protection de tous ») !

Je serais curieux de savoir combien de tueries vraiment graves ont été évitées grâce à l’armement des policiers et gendarmes, et combien de tueries graves ont été provoquées par l’armement des policiers et gendarmes.

Et les chasseurs ? Vous avez dit chasseurs ? Quoi, les chasseurs ?
Non, je ne dirai rien des chasseurs : c’est un domaine dont Hervé se charge… avec talent.

Mais je n’en pense pas moins…

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3 commentaires »

  1. et pour Carcassonne j’ai lu cette semaine qu’en fait ils ne rendaient pas les balles inutilisées mais se constituaient une sorte de cagnotte de balles !!! génial ! Ce qui me stupéfie aussi c’est qu’on persiste à appeler ces militaires lourdement armés « des enfants », ils n’étaient que des enfants, c’était des gosses, etc… il y a un paradoxe tout de même non ? on confie des flingues à des enfants, et c’est une lourde erreur, ou oui, il s’agissait d’hommes faits comme on dit, et dans ce cas … il faut arrêter de nous tirer les larmes avec de tels subterfuges (et trouver où est l’erreur : la guerre peut être non ?) …

    et pour Edvige, je me dis qu’inscrite sur des sites pour pétition ou action féministe, un jour où je chercherai du boulot, qui voudra embaucher quelqu’une qui dit « non aux violences aux femmes », non aux franchises médicales, etc. ? car nous serons vus, avec nos désirs d’égalité, de paix … comme des gens, paradoxalement, dangereux ? c’est très triste de voir ça.

    Commentaire par emelire — vendredi 12 septembre 2008 @ 12:05

  2. précision : quand je parle « d’enfants » dans mon comm ci-dessus je fais allusion aux jeunes militaires morts malheureusement récemment. De toutes façons, pour un parent, son enfant reste « un enfant », et sa mort avant soi reste illogique, mais je trouve les journaux malhonnêtes de mélanger le sentiment des familles avec le métier qu’ils exercent sans remettre en question ce qui se « joue » autour, ces conflits alimentés qui écoulent les armes produites comme on consomme un certain type de marchandises (dont on oublie souvent que … ça tue les armes).

    Commentaire par emelire — vendredi 12 septembre 2008 @ 12:09

  3. Voilà qui est parfaitement exact, Emelire, et très bien dit…
    Les armes sont des marchandises qui rapportent… beaucoup.
    Dom Helder Camara disait : « On commence à fabriquer des armes pour se défendre, puis on vend des armes pour pouvoir continuer à en fabriquer ; on en arrive à fabriquer des guerres pour continuer à vendre des armes. »
    Et nous en sommes là. Et comme les vieux ne sont pas assez stupides pour partir à la guerre, au moins de leur plein gré, on envoie les enfants, qui n’ont pas encore tout compris.
    Mais, soyons réalistes : nous avons encore de la marge avant d’atteindre l’ignominie de certains régimes africains ou sud-américains qui envoient à la guerre des enfants de dix ans à peine, parfois moins, en général drogués parce que… ça aide.
    La plupart des filles échappent quand même à ces conditions parce qu’on les préfère en « filles à soldat ».

    Quant à EDVIGE, ne te fais pas trop de souci : ils auront bientôt du mal à trouver quelqu’un qui ne soit pas fiché !

    Commentaire par Jean-Luc — vendredi 12 septembre 2008 @ 20:28


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