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mardi 1 juillet 2008

Fusible

Filed under: Politique, Société — Jean-Luc @ 22:53

Le sergent qui a tiré à balles réelles dans la foule n’a rien dit : devoir de réserve, grande muette, et tout ça ; on ne saura probablement jamais rien… comme pour tout ce qui concerne l’armée (ou le nucléaire, même prétendu « civil »).

Il a néanmoins été suspendu par le général Cuche, et mis en examen pour « blessures involontaires » par le parquet de Montpellier.

Il aurait conservé dans sa poche entre 15 et 20 cartouches « réelles » alors qu’il n’aurait pas dû.

Moi, je dis : « arriver à faire 17 blessés avec 15 cartouches (ou même avec 20), c’est faire preuve d’un excellent professionnalisme dans le massacre. J’en connais beaucoup qui ne feraient que 2 ou 3 blessés, voire aucun. » On aurait peut-être dû le décorer ?

Le général 5 étoiles Bruno Cuche, chef d’état major de l’armée de terre (qui ne ferait peut-être lui-même seulement qu’une dizaine de blessés avec 15 cartouches) a démissionné, à six semaines de son départ en retraite ! C’est vraiment pas de pot pour un gars qui n’avait rien à voir avec l’exercice stupide de Carcassonne qui a conduit au carnage.

Mais ce n’est encore qu’un fusible qui saute pour protéger les responsables réels : Hervé Morin, ministre de la guerre, et surtout Nicolas Sarkozy, chef des armées.

Ces deux-là sont bien aise de voir démissionner Cuche. Mais Cuche est-il plus responsable de cette boucherie que Morin ou Sarkozy ?

Sarkozy avait souhaité une réaction « rapide et sévère », estimant que « toute la chaîne (hiérarchique) devra s’expliquer, la personne qui a fait ça et l’encadrement ».

L’encadrement, c’est Cuche, bien sûr, Morin au-dessus, et tout en haut le petit Nicolas…

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4 commentaires »

  1. NS a qualifié les généraux rencontrés à Carcassonne (lors de son dernier itinéraire compassionnel) d' »amateurs », ce qui n’est pas vraiment gentil pour une armée où « le contingent » (si j’ose employer cette expression !) a été supprimé par Jacques Chirac.

    Le vrai chef des armées a été en fait moins responsable que le général Cuche qui, lui, a tiré – si l’on peut dire – les conséquences de cet exercice de prise d’otages très réaliste.

    Commentaire par Dominique Hasselmann — jeudi 3 juillet 2008 @ 10:51

  2. L’armée reste pour moi très mystérieuse dans la mesure où j’ai (bien heureusement !) bénéficié, il y a quarante ans, d’une « réforme définitive numéro 2 », pour cause de tuberculose pulmonaire… Les militaires ont une trouille noire du bacille de Koch.
    Heureusement, car je ne sais pas ce qu’aurait donné une confrontation directe entre un caporal et moi-même !

    Mais j’ai quand même l’impression qu’un des principes de base de l’armée est qu’on a toujours, à quelque niveau qu’on soit, un petit chef au-dessus pour vous donner des ordres stupides, et un imbécile au-dessous qu’on peut martyriser à loisir. Il est ainsi établi une hiérarchie savante entre le bidasse, le capitaine, le sergent, le commandant, le maréchal, le caporal, le sous-lieutenant, l’amiral, le maréchal des logis, le colonel, l’adjudant, le général, et j’en oublie certainement puisque je n’ai jamais appris tout ça, Dieu merci !
    Il m’apparaît alors très curieux que ce soit le brave général Cuche qui saute, alors qu’il n’était probablement même pas au courant que Carcassonne faisait une journée portes ouvertes, et alors qu’il y avait certainement sous ses ordres des capitaines, adjudants ou autres commandants qui avaient soigneusement préparé la tuerie de cette ville.

    Je maintiens que s’il faut monter au plus haut dans la hiérarchie, c’est Sarkozy, chef des armées, qui doit démissionner.
    Sinon, on doit pouvoir se contenter du commandant de la garnison de Carcassonne. Non ?

    Commentaire par Jean-Luc — jeudi 3 juillet 2008 @ 18:14

  3. J’ai fait mon service militaire dans un régiment d’artillerie et je sais donc utiliser :
    – un P.A. (pistolet automatique) de 9 mm ;
    – un P.M. (pistolet mitrailleur);
    – un MAS 49-56 (fusil de guerre automatique, avant l’arrivée du « Clairon ») ;
    – un fusil à lunette longue portée ;
    – des grenades quadrillées à dégoupiller fissa ;
    – une mitrailleuse 12 x 7 mm ;
    – un LRAC (lance-roquettes anti-chars) ;
    – un canon de 105 mm sur roues ;
    – un canon de 155 mm bi-flèches (portée : 30 km).

    Mes capacités de tireur d’élite, dûment reconnues, me permettent de mettre dans le mille lors des fêtes foraines, ici ou là.

    J’ai aussi appris, entre autres, grâce à cette année incomparable de formation virile, la chanson « France, ô ma France très gran… an… de », hymne des parachutistes : pour qui Carcassonne-le-glas ?

    Commentaire par Dominique Hasselmann — vendredi 4 juillet 2008 @ 11:34

  4. Ah crévinguieux Dominique… Doit point faire bon te rencontrer trop tard par une nuit sans lune comme celle-ci !
    Mais… rien sur le Colt Peacemaker, rien sur le tromblon, rien sur l’utilisation sadique de la baïonnette triangulaire dentelée, rien sur le pilotage du char AMX 30, rien sur le lancement des missiles M45 (6 000 km de portée. C’est quand même autre chose que le canon de 155 bi-flèches. D’ailleurs, n’ont-ils point inventé le canon tri-flèches, depuis le temps ? Chez Gillette, ils arrivent à inventer une lame de plus tous les deux ans).
    Sais-tu au moins distinguer un chargeur de balles réelles d’un chargeur de balles à blanc ?

    Commentaire par Jean-Luc — vendredi 4 juillet 2008 @ 22:55


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