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vendredi 13 juin 2008

Démocratie

Filed under: Elections, Politique — Jean-Luc @ 23:21

Nos eurotechnocrates libéraux, énarques et polytechniciens, voulaient mondialiser le plombier polonais pour novembre 2006.
Ils avaient, pour cela, élaboré sous la direction de Valéry Giscard d’Estaing un « Traité constitutionnel européen » en 448 articles absolument imbit incompréhensibles par le citoyen ordinaire (qui n’a probablement jamais essayé de lire ce pavé indigeste).

Ils avaient projeté de demander leur avis aux divers peuples d’Europe sous diverses formes (vote des parlements, référendums…). Les peuples de France et des Pays-Bas, consultés par référendum en 2005, et n’ayant pas compris ce texte inextricable ont répondu : « Non, nous ne voulons pas de cette usine à gaz. »

Stupéfaction et panique chez nos eurotechnocrates qui n’avaient pas envisagé un quart de seconde qu’il puisse y avoir deux réponses possibles à leur question !
Ils
« n’avaient pas de plan B ». On se demande à quoi ils pensent.

C’est alors que le petit Nicozorro est arrivé-é-é et a proposé à nouveau le même texte pratiquement sans changement (« mini » traité de Lisbonne) en expliquant que cette fois, ça pouvait passer, si on ne demandait pas aux peuples ce qu’ils en pensaient. Voilà une habile façon de contourner la démocratie, qui est parfois bien gênante… « On vous a proposé quelque chose. Vous n’en avez pas voulu. Eh bien on vous le remet mais sans vous demander votre avis cette fois. C’est de votre faute : vous n’aviez qu’à pas dire non. »

Mais – faute ! – ils ont posé la question au peuple irlandais. Ils auraient pu prendre la peine d’expliquer au peuple irlandais les avantages (en passant sous silence les inconvénients) de ce traité. Eh bien non !

Le peuple irlandais, qui n’a toujours pas compris ce texte, vient de répondre non à 53,4 %.

Stupeur et panique chez nos europolytechnocrates qui n’avaient pas envisagé un quart de seconde que cette réponse était possible… On aurait pu imaginer qu’échaudés par leur premier échec, ils auraient prévu un plan B. Eh bien non. Nos eurotechnocrates n’ont toujours pas de plan B.
N’importe quel rat de laboratoire, puni par une décharge électrique après une mauvaise réponse, sait éviter la mauvaise réponse lorsqu’on le remet dans la même situation. Nos eurotechnocrates n’en sont pas encore là. C’est la deuxième fois qu’ils font la même erreur. Sauront-ils en tirer parti pour la troisième ?
Il est probable qu’ils vont quand même appliquer le traité en faisant semblant de ne pas avoir entendu la réponse des Irlandais.

On se demande vraiment si nos dirigeants ont fait des études qui leur permettent d’apprendre, et de s’adapter aux situations hostiles…

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