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dimanche 1 juin 2008

Cadeau obus bonus

Filed under: Politique, Science, Société — Jean-Luc @ 18:17

Les mines anti-personnel ont longtemps été utilisées par toutes les armées du monde, armée française incluse, bien entendu, soi-disant pour tuer l’ennemi mais chacun sait bien qu’une mine anti-personnel ne fait pas la différence entre l’ami, l’ennemi, le colonel, le bidasse, le gosse de sept ans ou sa mère : 98 % des victimes recensées sont des civils…

Moyennant quoi, des centaines de milliers de gosses se retrouvent sans jambes ou sans bras après avoir « trouvé » une mine anti-personnel, quelques années après la fin de la dernière guerre. Mais bon… c’est souvent des arabes ou des nègres. En tout cas, c’est toujours des gosses des pays pauvres. Jamais des Français.

Car, c’est un détail qu’il faut souligner, les armées sont parfaitement dégueulasses : elles ne nettoient jamais le champ de bataille après leurs guerres, et elles laissent les mines anti-personnel traîner partout. Souvent, elles ne savent même pas où elles les ont laissées. Allez donc essayer, après ça, de faire comprendre aux gosses qu’il faut remporter ses peaux de saucisson dans un petit sac poubelle après le pique-nique !

Même le pape est contre l’utilisation des mines anti-personnel… C’est dire !

Pourtant, à force d’obstination, Handicap international et quelques autres associations bien pensantes ont réussi à faire interdire les mines anti-personnel (Traité d’Ottawa, 1997).

« Qu’à cela ne tienne », ont dit les militaires, jamais à court d’idée. « Nous ne fabriquerons et n’utiliserons plus de mines anti-personnels puisqu’elles sont interdites. Mais les mêmes engins, fabriqués par les mêmes usines seront désormais appelés « bombes à sous-munitions« . »
Les connaisseurs disent BASM : ça fait plus chic et moins peur.
Si bien que ces mêmes saloperies sont maintenant fabriquées et utilisées par toutes les armées du monde, y compris l’armée française qui n’est jamais en retard d’une guerre ! Ces saloperies ont simplement changé de nom.

Ça change tout ? Non : ça change simplement le nom.
Ça tue les ennemis, les amis, les bidasses et les colonels, les gosses et leurs mères sans aucune distinction, comme avant ; mais c’est autorisé puisque personne n’a jamais interdit les bombes à sous-munitions. Les mines anti-personnel sont interdites ! Ça oui, bien sûr ! Mais pas les bombes à sous-munitions…
Comme le dit MAM avec son sourire crispé permanent qui fout la trouille aux gosses : « Les BASM sont des armes légales dont la possession demeure à ce jour indispensable à nos armées. »
Et toc ! Qu’est-ce que vous pouvez répondre à ça ?

Eh bien cela pourrait peut-être changer. Car Handicap international et quelques autres associations bien-pensantes sont en train de réussir à faire interdire les bombes à sous-munitions !

L’armée française, un instant désarçonnée, a déjà réfléchi au problème. Très fort. Réfléchi très fort. Et quand l’armée réfléchit, ça fume… Très fort. Aux dernières nouvelles, il serait question de changer le nom des bombes à sous-munitions et de les appeler désormais « obus bonus ».

C’est un très joli nom !

On dirait un cadeau de lessive.

C’est les gosses qui vont être contents !

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