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jeudi 14 février 2008

Télévision publique, publicité et redevance

Filed under: Politique, Publicité, Société — Jean-Luc @ 10:42

La télévision publique a un coût. Disons 150 euros par téléviseur qui la reçoit.

Actuellement, le possesseur d’un téléviseur paie 100 euros de redevance.
Ah, ben oui : c’est pas assez ! Il manque 50 euros.
Et comment la télé fait-elle pour vivre, alors ? Elle vend du « temps de cerveau disponible » par l’intermédiaire des pubs. En gros, 50 euros par téléviseur, payés à France Télévision par Danone, Loréal et Total.

Mais, soyons clairs : ces 50 euros ne sont pas offerts gracieusement par ces multinationales rapaces, malgré leurs bénéfices faramineux (Total, qui vient de finir ses comptes pour 2007, annonce 12 milliards d’euros de bénéfice). Si elles paient d’une main ces 50 euros à la télé, elles les récupèrent de l’autre, en vendant leurs produits plus chers qu’elles pourraient les vendre si elles ne faisaient pas de pub.

Si bien que c’est le consommateur qui paie tout (faut pas rêver !) : 100 euros directement, avec la redevance, et 50 euros indirectement, en achetant ses yaourts et son essence.

Alors je ne vois vraiment pas où est le problème de la suppression de la pub à la télé : il suffit d’augmenter la redevance à son tarif normal de 150 euros.
Évidemment, ce n’est pas une mesure populaire. Mais il suffit peut-être d’expliquer clairement aux gens que c’est ce qu’ils paient de toute façon !
Ça nous libèrera de ces publicités débiles qui nous pourrissent la vie.
Notre cerveau nous sera rendu, frais et disponible.

Et en plus les yaourts devraient être moins chers !

Qui se plaindrait de quoi ?

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4 commentaires »

  1. marrant ton truc à propos de la pub que le consommateur finit par payer, vu qu’il est le dernier maillon de la chaine… les coûts de markéting sont tjrs intégrés au prix final, c’est clair !

    Très astucieuse, ta réflexion.

    C’est comme les emballages, si tout était vendu sans emballage, mais au détail dans des bacs, yaurait moins de coût de fabrication et donc, le prix de vente pourrait être baissé …

    bon, par contre, qd on paiera 150 euros notre redevance, et que comme il y aura qd même de la pub sur les chaînes privées, je ne vois pas trop comment les prix des produits baisseront… et, donc, on se sera fait racketer de 50 euros, non ?

    Commentaire par nouchema — jeudi 14 février 2008 @ 15:53

  2. Effectivement… Si on supprime la pub sur les chaînes publiques et que les multinationales maintiennent leur budget « pub » en la déplaçant ailleurs, le prix du yaourt restera le même !
    L’idée (le rêve, l’idéal…) serait que la pub qui disparaît des chaînes publiques disparaisse totalement et définitivement, et ne soit pas remplacée ou déplacée. Dans ce cas, on pourrait retrouver un équilibre.

    Mais je ne rêve pas, je reste bien éveillé (et très pessimiste), et je suis bien persuadé que, même dans cette hypothèse (folle), le prix du yaourt ne baissera pas, et que le bénéfice supplémentaire continuera à engraisser les multinationales qui n’en ont pourtant pas tellement besoin !
    Il suffit de regarder ce qui se passe pour le prix de l’essence :
    Quand le baril de brut monte, l’essence au détail monte.
    Quand le baril de brut descend, le prix de l’essence, dans le meilleur des cas, reste stable…

    Commentaire par Jean-Luc — jeudi 14 février 2008 @ 16:53

  3. L’augmentation de la redevance télé n’est pas une mesure populaire (surtout à la veille d’élections) : il est donc plus facile et démagogique d’annoncer qu’on supprime la pub sur la télé publique, sans dire que c’est tout bénefice pour les chaînes privées, et que l’on taxera ces mêmes chaînes (ainsi que les opérateurs télécoms) afin de compenser le manque à gagner.

    Ce tour de passe-passe se heurte au fait que les chaînes privées ne sont pas d’accord sur ce « prélèvement » (Bouygues est très lié, par des liens de « parrain », à Sarkozy, Bolloré, patron qui louche sur TF1, est très lié, par des marchés d’Etat au Président, etc.), ni les opérateurs télécoms.

    Donc il ne manquera que 800 millions voire 1, 2 milliard d’euros pour boucher le trou.

    Comme il n’y a pas un Robert Badinder (ni la majorité parlementaire qui irait avec) à la tête de l’audiovisuel public pour imposer par la loi une mesure impopulaire, le service public se trouvera fort démuni quand les restrictions seront venues et on privatisera une chaîne pour colmater la brèche.

    Pendant ce temps-là, le prix des yaourts continuera d’augmenter tandis que le pouvoir d’achat restera stable (par rapport aux augmentations des patrons des sociétés inscrites au palmarès du CAC 40.

    A moins qu’une grève qui durerait plus qu’un jour… Plus belle la vie ?

    Commentaire par Dominique Hasselmann — vendredi 15 février 2008 @ 22:48

  4. Ah, Dominique, vous êtes bien pessimiste !
    Et pourquoi Badinter ne prendrait-il pas la tête de l’audiovisuel public ?
    Bon : si c’est comme ça, je vais acheter une yaourtière…

    Commentaire par Jean-Luc — vendredi 15 février 2008 @ 23:53


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