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jeudi 30 août 2007

Revaloriser le métier d’enseignant

Filed under: Politique — Jean-Luc @ 11:01

Beau programme…

Il y a cent ans, l’instit était, avec le curé et le maire, un des personnages les plus importants du village. Comme le maire, il avait de l’autorité (sur les enfants comme sur les parents qui, souvent, n’avaient pas été à l’école) ; comme le curé, il savait lire et écrire, et surtout il l’enseignait aux enfants… C’était un bienfait pour lequel l’ensemble de la population lui vouait une admiration sans bornes.

De nos jours, l’enseignant est un feignant, un nul, sale, mal élevé et inculte, souvent drogué, parfois homosexuel, qui prend plus de trois mois de vacances l’été (sans parler des « petites vacances », de plus en plus nombreuses), un planqué grassement payé qui travaille à peine 18 heures par semaine une petite trentaine de semaines par an, alors que ses contemporains se battent pour ne pas dépasser 35 heures plus de 48 semaines par an. C’est aussi, souvent, un pervers sadique, qui prend plaisir à torturer les élèves en leur donnant des sales notes et des punitions injustifiées, voire un pédophile qui tripote les petits pendant la récré.

Xavier Darcos lance une grande offensive pour réhabiliter la fonction enseignante, avec l’aide de Michel Rocard. France Inter s’en faisait l’écho hier (mercredi) dans ses infos à 13 h.

Alors, personnellement, j’ai quelques idées pour revaloriser le métier d’enseignant.

Cela pourrait commencer par bien payer (disons payer « normalement ») ces gens qui font un travail difficile, même s’il n’est pas encore totalement privatisé (heureusement ! Je vois mal L’Oréal, Monsanto ou Total s’occuper de l’enseignement de nos enfants…). Est-il acceptable qu’un prof de math ou de physique gagne quatre fois moins qu’un ingénieur débutant chez L’Oréal, Monsanto ou Total ? La réponse est non : un enseignant est infiniment plus précieux qu’un ingénieur du privé.

Cela pourrait continuer par ne pas accepter que les parents (ou les grands frères) viennent en expédition punitive casser la gueule au sale con de prof qui a mis une mauvaise note à leur petit génie. Ne pas accepter non plus que les parents dictent à l’enseignant la façon dont il doit faire les cours ou poser les questions aux enfants. C’est quelque chose que les enseignants apprennent lorsqu’ils font des études (si, si, ils en font !), et que les parents ignorent complètement (enseignant, c’est une profession !). Dans la même optique, on pourrait interdire aux enfants de planter des couteaux dans le ventre des profs. Cela améliorerait certainement les relations.

Cela pourrait enfin se faire en expliquant très clairement que le travail d’enseignant, ce n’est pas « que » les 18 heures passées devant les élèves pendant les semaines de classe, mais que c’est aussi, et de façon éprouvante, le week-end ou le soir chez soi, voire pendant les vacances, la correction des interros du jour, la révision des cours et la préparation des interros du lendemain, la mise à jour de ses propres connaissances, et tant de choses encore qui font en général monter la note bien au-delà des 40 heures hebdomadaires.

Cela pourrait peut-être aussi se faire en évitant de supprimer 11 000 postes d’enseignants en une seule année, comme s’ils étaient inutiles et superflus ! Il faudrait au contraire augmenter les effectifs pour que tout le monde comprenne bien que l’enseignement est vraiment une priorité de notre gouvernement… Mais l’enseignement est-il bien réellement une priorité de notre gouvernement ?

On voit souvent des classes de 30 élèves ; on pourrait les passer à 40, 60 ou plus (et donc diviser les effectifs d’enseignants par deux… ou plus ! Y a-t-il une limite ?)… Je doute que les résultats s’améliorent. Pour avoir moi-même enseigné pendant 35 ans, je sais bien qu’au-delà de 15 élèves devant un enseignant, les résultats deviennent déplorables.

Augmenter les horaires du sport et des arts comme cela semble être proposé actuellement n’est peut-être pas non plus une priorité fondamentale quand on constate que les gosses qui obtiennent le bac aujourd’hui ne savent, pour la plupart, ni lire, ni écrire, ni diviser par 3 un nombre de deux chiffres sans utiliser de calculatrice. Ce qui n’est pas très étonnant : faire passer en une quarantaine d’années le taux de réussite au bac de 40 % à plus de 80 % n’a bien évidemment été possible qu’avec une baisse drastique du niveau demandé.

Mais… en sommes-nous bien conscients ?

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