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Lundi 23 mai 2011

Les radars, la bombe et le tabac

Le petit Nicolas reste inflexible : malgré l’impopularité de cette mesure, les panneaux avertisseurs de radars vont disparaître de nos routes. On comprend la grogne des automobilistes : ils étaient informés qu’on allait mesurer leur vitesse, ils pouvaient ralentir puis accélérer après le radar. Maintenant ils ne sauront plus qui les contrôlera quand et comment, et ils devront faire attention en permanence.

En fait, c’est bien le but recherché, et je m’étonne qu’il ait fallu si longtemps pour le mettre en place.

Personnellement, quand j’ai appris, lors de l’installation, qu’ils mettaient des avertissements avant les radars, cela m’a paru stupide. Aussi stupide que l’annonce de Jacques Chirac que la France allait reprendre les essais nucléaires parce que notre bombe n’était pas au point.

Il y a des choses qu’il vaut mieux cacher pour être efficace : si nos agresseurs potentiels ignorent les capacités de notre force de frappe, ils se méfient et hésitent à attaquer. Si on leur dit que notre bombe n’est vraiment pas au point, et peut-être même hors d’état de fonctionner correctement… ce n’est pas bon pour nous. L’effet « dissuasif » (puisque c’est l’effet recherché) est quasi nul !

De même, si les automobilistes connaissent à l’avance l’endroit où les flics (ou l’électronique, maintenant c’est pareil) vont mesurer leur vitesse, ils sont moins respectueux des limitations que s’ils ne savent pas où et quand sera fait le contrôle.

Ceci étant, le petit Nicolas se bat ici pour réduire le nombre de morts sur nos routes : 4 000 par an environ. Très bien. Mais que fait-il pour diminuer le nombre de morts provoqués par le tabac ?
Rien.
Et combien y a-t-il de morts chaque année en France dû à l’usage du tabac ?

66 000.

Ah, c’est pas pareil ? Et pourquoi donc ?

Parce que l’industrie du tabac fait vivre des milliers de salariés, parce que les revenus du tabac procurent des finances à l’État, parce que les PDG de ces industries sont des copains du petit Nicolas…

Ah bon. Alors comme ça, je comprends.

Enfin, pour les finances de l’état, ça se discute : il y en a qui disent que le tabac coûte 3 % de notre PIB à la société.

Oui, mais alors, si c’est comme ça, on pourrait aussi faire de l’alcool, en France : du vin, du cognac,  des eaux de vie, peut-être même du rhum ?
Et puis si on cultivait le pavot, en France, cela pourrait peut-être rapporter aussi de l’argent à l’état ?
Et si on fabriquait des armes ?…

Bon, arrête, tu vas devenir insolent.

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Jeudi 5 mai 2011

Le rat de Paluel et les nucléopolytechnocrates

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Ah, le problème de l’énergie !…

En fait, c’est très simple : l’énergie, yen a plus.

Le pétrole, on arrive au bout (on en a déjà bu la moitié, et au rythme où la consommation augmente, le reste ne durera pas 30 ans). Et ça dégueulasse tout partout, surtout quand BP fait des marées noires dans le golfe du Mexique.
Le gaz de schiste ? C’est encore plus crade. Ça peut nous donner une rallonge de 10 ou 15 ans… Et après ?
En plus, tout ça produit du CO2 qui fait chauffer l’atmosphère. Personnellement je ne me plains pas trop de la chaleur, mais il y en a que ça gêne. Et au bout du compte, ils ont peut-être raison.

Le nucléaire, on voit ce que ça donne : Three Mile Island, Tchernobyl, Fukushima, et bientôt Gravelines ou Cruas ! Parce que, faut pas rêver, nos nucléopolytechnocrates n’ont rien à envier à leurs homologues (comme ils disent à la télé) japonais, étatsuniens ou russes.
Soyons bien clair : aucun accident n’a jamais été prévu. Aucun. Jamais. La première définition du mot « accident » dans le Petit Robert est : « Événement fortuit, imprévisible. » L’accident est toujours accidentel. L’accident prend toujours tout le monde par surprise. L’accident est par nature imprévisible. Sinon, on le prévoirait et il n’y aurait donc pas d’accident ! CQFD.

Ils essaient de nous faire croire qu’un accident est impossible en France parce qu’on n’a ici ni séismes ni tsunamis. Ou alors seulement des tout petits. Mais ce ne sera évidemment pas un séisme qui provoquera l’accident en France. Même s’ils viennent de multiplier par quatre le nombre de communes françaises situées en zone à risque sismique.
C’est un conducteur de centrale (faut-il dire un pilote ?) qui pètera un plomb (il vient d’apprendre que sa femme le trompe avec son meilleur copain) et tirera au fusil d’assaut sur ses copilotes, comme ça s’est produit récemment dans un sous-marin (nucléaire) britannique. Deux morts et cinq blessés (dont un grave) dans la cabine de pilotage ; dans la panique un des pilotes survivants arrive à tourner vers la gauche une manette qu’il aurait dû tourner vers la droite, ce qui entraîne une dramatique augmentation de la température du cœur ; les panneaux de commande endommagés par la fusillade empêchent de redescendre les barres de contrôle. Au même moment, un rat crevé qui bouche une conduite d’eau de refroidissement la fait exploser, alors qu’un éclair provoqué par un violent orage vient de faire disjoncter tous les circuits électriques ; et c’est précisément à cet instant qu’un commando de fanatiques écolos antinucléaires arrive à faire sauter les diesels de secours. Je n’ose pas parler de l’Airbus A380, détourné par un terroriste, qui va s’écraser dans dix secondes sur la centrale…

Hirofukushima en France : à Fessenheim ou à Paluel.

Bon, moi, ce que j’en dis… j’en sais rien, j’essaie d’imaginer le pire, ce que nos nucléopolytechnocrates refusent d’imaginer parce que « c’est impossible » (en français dans le texte). Aux USA, ils font discuter leurs nucléopolytechnocrates (en anglais) avec des romanciers, des auteurs de science-fiction et des malades mentaux, pour essayer d’imaginer le pire. En France, nos nucléopolytechnocrates s’imaginent qu’ils ont assez d’imagination à eux tout seul pour imaginer le pire. Ils refusent de discuter avec des malades mentaux qui ne sont pas assez rigoureux dans leurs raisonnements. Ils n’ont donc pas pu imaginer le pire de ce qui peut arriver. Ils n’ont pu imaginer que ce que leur petite tête de nucléopolytechnocrate bien coiffé a pu imaginer. Ce qu’on leur enseigne dans les écoles. Et dans les écoles, on n’enseigne pas l’accident le pire. On n’enseigne que les accidents connus… Évidemment ; ceux qu’on n’a jamais imaginés, on ne peut pas les enseigner : on ne les connaît pas !

Selon certaines informations récentes, il semblerait toutefois que certains zozos d’EdF (des mal-éduqués probablement) commencent, après Fukushima, à envisager qu’il puisse arriver un problème grave sur deux réacteurs d’une même centrale, avec panne électrique et panne simultanée des circuits de refroidissement C’est le pire qu’ils puissent envisager actuellement, après 40 ans de fonctionnement. J’ignore s’ils envisagent aussi une panne concomitante des diesels de secours…

En plus, il est grotesque de dépendre à 80 % d’une seule méthode de production d’électricité. Ma grand-mère disait bien qu’il ne faut jamais mettre tous ses œufs dans le même panier. Mais en France, on a tout misé sur le nucléaire. 80 % des œufs dans le panier nucléaire ! Donc le jour où le nucléaire devient inutilisable (ce qui ne saurait tarder, au rythme où les accidents se produisent), on n’a plus d’énergie.
C’est d’ailleurs une des raisons pour lesquelles on s’acharne à maintenir obstinément le nucléaire en France. On ne peut pas l’arrêter : on n’a plus que lui. Si on l’arrêtait, on ne pourrait plus faire rouler qu’un train sur cinq, il faudrait éteindre quatre radiateurs sur cinq et on ne produirait plus que 20 % de nos voitures.

Ah ben oui ! Il aurait fallu faire un petit peu d’éolien, un petit peu d’hydraulique, un petit peu de pétrole, un petit peu de géothermie, un petit peu de biomasse, un petit peu de photovoltaïque, un petit peu (mais très petit peu) de nucléaire. Et beaucoup d’économies d’énergie. Nos nucléopolytechnocrates disent « tout ça, ça ne marche pas ». Mais ils n’en savent rien : ils n’ont jamais essayé ! Depuis 50 ans on dépense des fortunes dans le nucléaire (et encore, on n’a pas tout payé : après il va falloir démanteler… et ça, personne ne sait faire !), et on n’a donné aucun financement de recherche pour les éoliennes ou la géothermie. Si on avait mis dans les éoliennes le centième de ce qu’on a mis dans le nucléaire, il y a longtemps que les éoliennes auraient définitivement remplacé le nucléaire… Ça fait quand même un peu autiste comme comportement, non ? Ou schizophrène, peut-être, faudrait demander à un spécialiste.

Depuis les années 70, tous les promoteurs immobiliers, sponsorisés par Areva (qui s’appelait alors Cogema), installent à tour de bras des chauffages électriques dans des maisons « tout électrique ». Ils disaient « ça ne coûte pas cher ». Évidement, puisque le consommateur ne payait, au début, que la production, c’est-à-dire le salaire du conducteur (faut-il dire pilote ?). La construction des centrales était offerte par nos impôts (EdF était encore une entreprise nationalisée, au service du public), l’uranium était volé ou acheté à vil prix (c’est-à-dire échangé contre des armes) dans les anciennes colonies françaises en Afrique, et la déconstruction, le démantèlement, qu’on voit maintenant arriver (et que personne ne sait faire…) n’existait pas. Je ne parle pas du retraitement, ni de la surveillance des déchets par l’armée pendant 24 000 ans (demi-vie du plutonium). Si on avait obligé EdF à vendre son électricité au prix de revient réel, tout compris, elle aurait été cent fois plus chère (l’électricité, pas EdF, essayez de suivre un peu !). En fait, le véritable problème était de trouver des clients pour absorber la formidable surproduction d’électricité « offerte » par nos réacteurs nucléaires… Et le chauffage électrique est une assez bonne solution à ce problème puisqu’un radiateur consomme 100 à 200 fois plus qu’une ampoule « basse consommation », et que chaque kWh restitué par le radiateur nécessite la production de 3 ou 4 kWh dans la centrale. Il est difficile d’imaginer un gaspillage mieux organisé !

Car le chauffage électrique est une pure aberration du point de vue économique et scientifique ! En transformant la chaleur en électricité qu’on envoie à perpète pour la retransformer en chaleur, on perd au moins 70 % de l’énergie. Il faut évidemment fabriquer et consommer local ! C’est vrai pour le chauffage comme pour les tomates, les chemises ou les téléphones portables.
Et si chacun fabrique l’énergie dont il a besoin, il n’y a plus aucune panne ni accident grave. Au pire, on va s’approvisionner dans la ferme voisine. « Small is beautiful », disaient nos ancêtres de 1968. Alors que la centralisation expose à des risques de panne importants… Aujourd’hui, si un seul de nos 58 réacteurs est arrêté, ce sont deux départements qui sont privés d’électricité.

Nos nucléopolytechnocrates nous lancent à la gueule des pelletées de chiffres que personne n’a ni l’envie ni le temps d’aller vérifier. Il faudrait des mois. Ils n’ont aucune importance (les chiffres). Il est probablement vrai que le charbon, avec les coups de grisou, tue beaucoup plus que le nucléaire… au moins jusqu’à présent ! Mais je demande à voir plus tard, quand on en sera au cinquième accident grave (niveau 7), dont un près d’une capitale. Un coup de grisou fait quinze morts. Un accident nucléaire peut en faire dix millions. Les 27 000 morts de Fukushima ont été noyés ou écrasés. Ils n’ont rien à voir avec le nucléaire (mais nous allons constater des milliers de morts japonais irradiés cancérifiés d’ici quelques années). Nos nucléopolytechnocrates en profitent pour essayer de nous faire croire que Fukushima n’est pas un accident nucléaire, mais seulement une catastrophe naturelle. Et pourtant si : Fukushima est bien un accident nucléaire. S’il n’y avait eu qu’une usine de choucroute à Fukushima, il ne se serait rien passé de plus que les 27 000 morts écrasés sous leur maison ou noyés ! Et si Tokyo avait été un peu plus près de Fukushima, ou si le vent avait été un peu fort et orienté sud-ouest, on aurait pu avoir vingt millions de morts. Irradiés. Et ça, c’est pas naturel !

Mais on ne l’aurait peut-être pas su, puisque nos nucléopolytechnocrates refusent de comptabiliser les morts par cancer au-delà de trois semaines après l’accident. Ils disent qu’on ne peut pas vraiment savoir, que ça peut être dû au tabac, ou à l’alcool, ou à une mauvaise hygiène de vie. Ainsi, l’accident de Tchernobyl a fait entre un million de morts, selon les manifestants, et vingt-huit morts, selon la police : c’est ceux qu’elle a pu réellement voir écrasés par l’explosion au lendemain de la catastrophe. Les autres… on ne sait pas, on ne peut pas vraiment savoir. Certains étaient déjà très vieux et parfois malades. De toute façon, ils seraient bien morts un jour ou l’autre ! Peut-être bien d’un cancer…

Un récent article du Monde résumait bien le problème de la sécurité : quand les conséquences d’un accident deviennent illimitées, même si la probabilité de l’accident est très petite, on ne peut pas se permettre de prendre le risque.
Une des meilleures preuves qu’on ne doit pas prendre le risque est qu’aucune assurance n’accepte de couvrir les conséquences d’un accident nucléaire. Dans notre société ultra-libérale avancée, où seul le fric compte, si les assurances refusent d’assurer les centrales nucléaires, c’est bien qu’elles n’ont rien à y gagner, et donc que le risque d’y perdre est important !… Voilà un bel aveu que le nucléaire n’est pas sûr. Sinon, nos banquiescrocs n’hésiteraient pas à se faire du fric facile avec ça…

Alors où va-t-on ?
L’énergie, yen a plus. Ça veut dire qu’on va être obligés d’économiser l’énergie. Et de réduire notre consommation. Ce qui est encore la meilleure « source d’énergie ». Et la moins polluante ! Le problème est que ça ne plaît pas à EdF, à Areva, à GazdeFrance-Suez-DolceVita, à Bouygues, au CACA40 qui risquent de gagner moins. Et cela va à l’encontre du dogme (vérité indémontrable, mais indiscutable) de la croissance perpétuelle, dont ceux qui me connaissent savent ce que j’en pense.
Il n’est évidemment pas possible de continuer à vendre l’énergie comme si elle était gratuite. Elle est loin de l’être, comme certains l’avaient cru au XXe siècle. Et on ne peut pas non plus continuer à polluer l’atmosphère avec du CO2 et empoisonner l’environnement avec du césium 137 (demi-vie : 30 ans).

Il faut donc que le prix de l’énergie augmente. C’est inéluctable. Et il vaudrait mieux faire très vite ! Ceux qui prétendent le contraire sont des menteurs.
Ou des candidats à l’élection présidentielle.

Mais alors, les pauvres ?
Ben oui, les pauvres vont avoir des problèmes.
Une solution (déjà proposée pour l’eau), serait de distribuer les premiers kWh presque gratuitement (ce qui permet aux plus pauvres d’assurer l’essentiel), et d’augmenter ensuite le tarif très rapidement au fur et à mesure que la consommation s’accroît (ce qui peut dissuader les plus riches de gaspiller n’importe comment). Il n’y a pas de raison que les riches puissent remplir leur piscine au même tarif dérisoire que les pauvres paient pour boire ou faire la cuisine. Il n’y a pas de raison que les riches gaspillent l’essence de leurs gros 4×4 pour aller faire des safaris au Kenya au même tarif que les pauvres qui sont obligés de prendre leur scooter tous les jours pour aller bosser à la mine.

Une autre méthode, qui dans le fond est assez analogue, serait de distribuer un « revenu d’existence » à tout individu vivant, sans aucune contrepartie, sans aucun engagement, sans aucune condition de travail. Cela permettrait aux plus démunis d’avoir un peu de ressources pour survivre, même dans les temps difficiles.

Mais de toute façon, on ne peut plus continuer à bouffer ici comme quatre quand il y en a qui crèvent de faim ou de soif, pas bien loin. C’est valable pour les kWh comme pour le caviar. Et si les pays du sud essaient de fabriquer autant de voitures que nous, on va tous crever dans quelques années, nord et sud enfin réunis. Faut être raisonnables. Il n’y a pas de raison qu’on change d’ordinateur ou de télé tous les deux ans quand nos voisins n’ont même pas de quoi bouffer. Alors il va bien falloir accepter quelques voitures pour nos voisins du sud, qui n’en ont jamais eues, et beaucoup moins pour nous. Mais ça ne plaira évidemment pas à Renault, à General Motors, au CACA40 et à Monsieur Tout-le-monde, qui s’accroche à son gros 4×4 pour aller parader sur les Champs-Élysées et dîner au Fouquet’s avec sa Rolex.

Quand on partagera, il faudra vraiment bien diminuer notre niveau de vie pour homogénéiser tout ça. Sinon ça va exploser.
Et si on ne partage pas, il va falloir construire des murs très
hauts et très très costauds, tout autour de nous, avec des miradors, des chiens policiers, des mitrailleuses et des chars. Et je ne suis même pas sûr que cela suffise.
Alors peut-être une petite bombe atomique ?…

— Mais oui, mais d’accord, mais alors pourquoi le petit Nicolas, ou Ségolène ou Martine ne nous expliquent pas qu’ils vont être obligés de réduire notre niveau de vie ?
— Ben parce que s’ils construisent leur campagne là-dessus, personne ne votera pour eux.
— Aaaaah… c’est pour ça !

— Ben évidemment.

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Jeudi 21 avril 2011

Dioxyde de carbone et uranium : qui va gagner ?


À la fin du XIXe siècle, l’industrie qui se développait à grande vitesse (pour améliorer la condition humaine) pompait allègrement dans les stocks de charbon et de pétrole pour faire tourner ses machines. Personne n’y a rien trouvé à redire jusqu’à ce qu’on s’aperçoive (très récemment) que les combustibles fossiles dégageaient tant de gaz carbonique que la Terre allait rapidement devenir inhabitable : trop chaude ! Aujourd’hui, on discute pour essayer (mais c’est pas gagné !) de rejeter moins de CO2 dans l’atmosphère. Attention : cela ne veut pas dire que le taux de CO2 dans l’atmosphère va diminuer, mais juste qu’il augmentera moins vite…

Certains ont trouvé, avec l’énergie nucléaire, une bonne façon de « ne plus polluer ». EdF et Areva en sont très fières. L’uranium : enfin une énergie « propre » qui n’émet pas de CO2 ! Grâce au nucléaire la planète va être sauvée…
Sauvée ?

Ben peut-être pas.

Quand on voit, après Tchernobyl, puis Fukushima, l’augmentation de la dispersion d’éléments radioactifs dans la nature, on peut quand même se poser des questions. Certes, la France est actuellement (à peu près) épargnée. De même que le Kénya ou le Pérou ne souffraient pas d’un taux trop élevé de CO2 dans les années 1930. Mais qu’en sera-t-il dans cent ans ?

Il faut bien souligner que l’énergie nucléaire crée et accumule de nos jours des quantités invraisemblables d’isotopes radioactifs dont la durée de vie se mesure en milliers d’années. Et dont personne ne sait que faire, une fois que les combustibles usés sont extraits des réacteurs. Alors quand ces produits sont répandus dans l’atmosphère ou la mer pour cause d’accident, n’en parlons pas !

Après les essais des bombes nucléaires dans la deuxième moitié du XXe siècle, qui ont dispersé pas mal de saletés radioactives dans l’air que nous respirons, Tchernobyl et Fukushima ont montré que les pollutions consécutives à un accident concernent la planète entière, tout comme le CO2 dégagé par nos parents et grands-parents il y a cent ans.

Les japonais viennent d’interdire totalement l’accès aux environs de leur centrale agonisante, dans un rayon de 20 km. En attendant plus. Les habitants du coin apprécient modérément.

Mais les isotopes radioactifs, ça se balade… Il arrivera certainement un jour où nos descendants, munis de compteurs Geiger, chercheront en vain un endroit pas trop radioactif pour pique-niquer.

Rappelons que si la période (temps au bout duquel la radioactivité est divisée par deux) du césium 137 n’est « que » de 30 ans, celle du plutonium 239, créé dans les réacteurs, et dispersés dans la nature quand ils explosent, est de 24 000 ans. Ce ne sont que deux exemples.

N’est-il pas temps de se demander ce que deviendront ces « déchets » dans 100, 500 ou 2000 ans ? Qu’ils soient conservés précieusement dans des bidons stockés sous l’Élysée et gardés par l’armée, ou qu’ils soient répandus « par accident » dans la nature…

Peut-on garantir qu’aucun Kadhafi futur ne s’amusera avec ?

Ou peut-on garantir que tous les futurs chefs d’État, pendant plusieurs milliers d’années, seront obligatoirement sains d’esprit ?


Vendredi 3 décembre 2010

Téléthon


Le 24e téléthon commence.

L’an dernier, il avait rapporté 95 millions d’euros.

C’est un montant important, qui a peu évolué au cours des 10 dernières années. Les Français ne doivent probablement pas pouvoir faire beaucoup mieux. Surtout en ces temps difficiles.

95 millions d’euros.
C’est en gros les deux tiers du prix d’un Rafale. Ou le vingt-cinquième du prix d’un sous-marin nucléaire. On pourrait peut-être leur demander, aux Français : « Voudriez-vous acheter deux tiers d’un Rafale cette année ? » Ils répondraient : « On ne peut rien faire avec les deux tiers d’un Rafale ! » On leur expliquerait : « Non, mais dans trois ans vous en auriez deux. » Ou bien on leur demanderait : « Alors aimeriez-vous que tout ce que vous avez donné au téléthon depuis qu’il existe soit consacré à acheter un sous-marin nucléaire ? »

On se doute de la réponse.
C’est probablement pour ça qu’ils ne demandent pas.

Payer l’armée plutôt que la recherche médicale est un choix politique.

Le Rafale, c’est payé avec nos impôts.
La recherche médicale fait la manche dans le métro.

C’est un choix politique.

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Jeudi 4 novembre 2010

Le silence est d’or


Comme le petit Nicolas a sagement fermé sa gueule en ce qui concerne les droits de l’homme en Chine, la France a pu récolter quelques milliards (16 selon les participants, 4,237 selon la police) de contrats de fabrication de centrales nucléaires et autres mines antipersonnel.

Ça vaut combien la vie d’un homme ?

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Vendredi 17 septembre 2010

Première guerre européenne


Le coup des Roms virés par le petit Nicolas énerve tout le monde en Europe.

Le gouvernement français, de droite nationale, pas vraiment socialiste, dit que la comparaison avec la seconde guerre est ignoble.

Il est vrai que les expulsés ne sont pas envoyés à la chambre à gaz (encore que les Afghans renvoyés chez eux n’ont guère plus de chances de s’en sortir), mais quand on voit le nombre de gens qui se sont tués en sautant par les fenêtres quand ils entendaient la police d’Hortefeux arriver, il est quand même difficile de ne pas penser à 1940.

Il n’y a guère que le vieux clown Berlusconi qui trouve que le petit Nicolas a parfaitement raison.
Lui ça l’arrange : il cherche par tous les moyens à virer hors d’Italie tous les métèques qui débarquent dans son beau pays, arrivant d’Afrique sur des pirogues surchargées qui flottent à peine.

À mon avis on se dirige vers la première guerre européenne : France-Italie contre les 25 autres (dont la Roumanie et la Bulgarie, si, si…).
Je me demande qui pourrait gagner.

J’espère que ce sera pas la France !

Encore que… avec la bombe…

Et c’est justement le petit Nicolas qui a le doigt sur le bouton rouge !

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Vendredi 7 mai 2010

Transfert de compétences

Filed under: Migrants, Politique, Société — Tags:, , , , — Jean-Luc @ 9:58


Faisal Shahzad a reconnu avoir déposé un véhicule piégé à Times Square au centre de New York le 1er mai.

Faisal Shahzad est un nul : le système qu’il avait fabriqué pour servir de bombe était de toute évidence un bricolage de mauvais amateur, hors d’état de fonctionner correctement (trois bouteilles de gaz, un peu d’essence, quelques feux d’artifice un peu d’engrais – pour le salpêtre ? – et des fils électriques). Et ce guignol a laissé tant d’indices derrière lui qu’il était difficile de ne pas le retrouver…

Si c’est tout ce qu’ils ont, chez Al Qaïda, pour attaquer l’Amérique, ils sont loin d’avoir gagné la guerre !

Néanmoins, cet événement révèle un dysfonctionnement du ministère de l’immigration choisie et de l’identité nationale américaine, puisque cet homme, d’origine pakistanaise, avait obtenu la nationalité américaine en 2009.

Il faudrait peut-être leur envoyer Éric Besson, pour leur montrer comment il faut faire : lui aurait rapidement expulsé ce sale arabe, avec ou sans test ADN, sans carte d’identité et sans aucun état d’âme.

Pour éviter l’appel d’air.

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Mardi 23 février 2010

Doctrine du non-emploi

Filed under: Economie, Politique, Science, Société — Tags:, , — Jean-Luc @ 14:53

Tiens, puisqu’il est question d’armes nucléaires, il faudra peut-être expliciter un jour la doctrine du « non-emploi » de ces armes qui, si j’ai bien compris, consiste à proclamer qu’on ne les utilisera pas.
Le non-emploi, c’est un dogme de militaire selon lequel la bombe, c’est juste pour faire peur…

Si c’est ça, je ne vois pas pourquoi on les garde : elles nous coûtent très cher et ne serviront jamais. Il suffit de faire croire qu’on en a encore.

C’est d’ailleurs peut-être le cas ? Les ogives sont vides… allez donc savoir !

Ce n’est pas une ruse très nouvelle. Depuis des millions d’années, l’homme utilise ce subterfuge pour faire croire, en criant très fort avant la bagarre, qu’il est très baraqué… alors qu’en fait non !

Dans la foulée de ce raisonnement, je pense que Jacques Chirac a fait une grossière erreur en proclamant il y a quelques années (en 2006, il me semble) qu’il fallait que la France continue ses recherches sur « la bombe » en construisant un laser mégajoule du côté de Bordeaux, pour des expériences de simulation.
Ça, c’est comme le gars qui, avant la bagarre, annonce : « Bon, je sens que je ne suis pas à la hauteur ; je retourne faire un peu de musculation avant la confrontation. »

La bonne annonce aurait été de ne rien dire, pour laisser croire (à tort ou à raison, puisque c’est secret défense, personne n’en sait rien, et tout le monde s’en fout) que nous disposions du nec plus ultra des armes les plus sophistiquées, les plus efficaces et les plus modernes.

Proclamer qu’on continue les recherches, c’est avouer trop clairement qu’on n’est pas vraiment satisfait de ce qu’on a !

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Dimanche 21 février 2010

Secret défense

Filed under: Economie, Politique, Science, Société — Tags:, , , , — Jean-Luc @ 16:11

Avec le cinquantenaire du premier essai nucléaire français en Algérie ressurgissent des documents montrant que l’armée a utilisé des bidasses comme cobayes, sinon en les soumettant volontairement à la radioactivité, du moins en les laissant sans protection dans des zones évidemment dangereuses.

Les bidasses en question se battent depuis 50 ans pour que l’on reconnaisse que les divers cancers et autre maladies dont ils souffrent sont liés à ces essais nucléaires.

Depuis 50 ans, l’armée (dite « la grande muette ») se tait, et refuse d’envisager qu’il puisse être question d’analyser le problème. Ça lui évite d’avoir à dépenser de l’argent pour les lourds traitements médicaux qui sont nécessaires, et d’éventuels dédommagements.

Des gens qui nient leurs responsabilités en se cachant derrière le « secret défense », c’est parfaitement dégueulasse !

C’est l’armée… C’est une question d’honneur !

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Samedi 19 décembre 2009

Notre pays ne pousse-t-il pas, lui aussi, à la catastrophe nucléaire finale ?

Filed under: Politique, Société — Tags:, — Jean-Luc @ 13:02

Un ami me transmets l’appel suivant, que je retranscris ici car je suis totalement d’accord avec lui !
Qui ne le serait pas ?


Notre pays possède un arsenal nucléaire redoutable, certes bien moindre que celui des États-Unis ou de la Russie, mais néanmoins capable d’anéantir une population comparable à celle de la France.

Notre puissance nucléaire est probablement au moins équivalente à celle de 2000 bombes Hiroshima. Et Hiroshima c’est plus de 200 000 morts.

L’utilisation de la totalité de notre puissance nucléaire, même en ne visant que les « centres de pouvoir politiques, économiques et militaires » de l’ennemi, entraînerait vraisemblablement l’anéantissement d’une population équivalente à celle de la France car ces sites stratégiques ne sont généralement pas situés en plein désert, mais très souvent à proximité de villes et de lieux peuplés ; ces tirs feront donc d’abord des morts “immédiates” sur les sites mêmes atteints, ils feront ensuite des morts “différées”, après d’atroces souffrances, en beaucoup plus grand nombre, du fait de la radioactivité, sur des étendues considérables… et de nombreux enfants naîtront anormaux.

De plus, par notre doctrine de dissuasion nucléaire nous poussons à la prolifération. En affirmant que seule cette dissuasion assure notre sécurité, nous incitons (bien évidemment) chaque pays à en faire autant : car au nom de quoi peut-on demander par exemple à l’Iran de renoncer à acquérir une dissuasion équivalente à la nôtre ? La sécurité des iraniens vaut bien celle des français !

Et cette prolifération (à laquelle nous incitons) pousse elle-même à la catastrophe finale. Celle-ci est inévitable si on ne fait pas marche arrière, en effet : Ou bien les chances d’utiliser ces armes nucléaires sont nulles et alors il n’y a plus de dissuasion, pourquoi alors les construire ? Ou bien la probabilité qu’on les utilise n’est pas nulle et alors un conflit nucléaire a toutes les chances d’éclater un jour, car aussi faible que soit cette probabilité sur une année, elle va devenir considérable si on envisage une période suffisamment grande : sur 100 ans elle sera 100 fois supérieure et si de plus au cours de cette période le nombre des nations possédant l’arme nucléaire est multiplié par 20, la probabilité sur 100 ans sera de l’ordre de 1000 fois supérieure !

Par ailleurs, les menaces principales qui pèsent sur nous sont d’une part la désintégration sociale et sa violence, et d’autre part le risque terroriste. Face à chacune de ces menaces, la protection apportée par l’arme nucléaire est nulle. Plus de fraternité, plus de justice est certainement le remède principal face au risque de désintégration sociale. En donnant un avenir pour chacun et un toit pour chacun, on réduirait déjà beaucoup ce risque. Et en renonçant à l’arme nucléaire on économiserait de grandes sommes d’argent qu’on pourrait utiliser pour réaliser cet objectif.

Avançons vers la paix, saisissons-nous de la chance exceptionnelle que nous offre le moment historique que nous vivons, car une telle chance ne nous sera peut-être plus jamais offerte.

Le moment historique que nous vivons est crucial : Barack Obama, le président américain, s’est engagé fortement et à plusieurs reprises pour un désarmement nucléaire progressif et contrôlé. Le prix Nobel qui lui a été attribué en octobre 2009, en soulignant explicitement cet engagement, constitue un encouragement considérable pour avancer vers un monde sans armes nucléaires que presque tous les hommes sur notre terre appellent de leurs vœux.
En avril et mai 2010 aura lieu la Conférence d’examen du TNP (Traité sur la Non-prolifération des armes nucléaires).

À nous de faire en sorte que (lors de cette conférence et au-delà) la France ne soit pas un frein à cette marche souhaitée vers le désarmement, mais au contraire en soit un des moteurs.
Cela suppose de mettre en cause notre doctrine de dissuasion (après tout, la grande majorité des pays n’ont pas l’arme nucléaire). Si on veut donner une chance à la paix, il n’y a pas d’autre voie qui s’ouvre à nous. Car nous l’avons vu, si on se cramponne à notre dissuasion, on pousse à la prolifération et donc à la catastrophe finale.

Une guerre nucléaire tuerait des millions, voire des centaines de millions, voire des milliards d’innocents, voire même détruirait toute vie humaine sur notre planète. Imaginons la mort d’un seul enfant, c’est intolérable, que dire de celle de toute l’humanité !

Avançons résolument vers un désarmement nucléaire progressif et contrôlé. Prenons aujourd’hui un risque limité pour éviter à terme une catastrophe certaine.

Qu’il y ait par ailleurs désarmement général ou non, on ne peut accepter la mort de millions d’innocents !

« Tout individu a droit à la vie ». « Nul ne sera soumis à des traitements cruels ». Cela est affirmé (dans les articles 3 et 5) de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme. La France a signé cette déclaration.

Si « tout individu a droit à la vie », comment peut-on envisager de tuer des dizaines de millions d’innocents ?

Si « nul ne sera soumis à des traitements cruels », comment peut-on envisager d’en soumettre des millions d’autres à des radiations nucléaires ?

Et notre pays n’a pas fait qu’envisager de tuer des dizaines de millions d’innocents, il s’est donné patiemment et résolument les moyens de le faire (et cela en notre nom et sans nous demander notre avis). Et de plus il déclare officiellement que si notre président juge que c’est, à ses yeux, nécessaire, il donnera l’ordre de le faire !

Tuer des dizaines de millions d’êtres humains n’est-ce pas un crime contre l’humanité ?

Et la préparation d’un crime n’est-elle pas un crime ?

« Toute personne a droit à ce que règne […] sur le plan international, un ordre tel que les droits […] énoncés dans la présente Déclaration puissent y trouver plein effet » est-il écrit dans l’article 28 de cette même Déclaration.

Notre dissuasion nucléaire, qui incite à la dissémination, loin de faire advenir un tel ordre international, ne pousse-t-elle pas à sa destruction ?

« Tous les êtres humains […] doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité » proclame le premier article de cette Déclaration.

Massacrer des dizaines de millions d’innocents n’est-ce pas là l’opposé absolu de la fraternité ?
Cette Déclaration Universelle des Droits de l’Homme est sans ambigüité : tout homme qui s’en réclame (si peu que ce soit) ne peut admettre qu’on tue en son nom des millions et des millions d’êtres humains (comme projettent de le faire, dans certaines circonstances, les responsables que nous avons collectivement élus), s’il ne veut pas consentir à la barbarie la plus meurtrière, il ne peut que hurler son désaccord et tout faire pour empêcher cela, qu’il y ait par ailleurs désarmement général ou non !

Cela ne nous appelle-t-il pas notamment (ce n’est pas limitatif) : à traduire dans nos votes notre refus de participer au meurtre de dizaines de millions de pauvres gens ; à interpeler à ce sujet les candidats aux élections et les élus ; à demander à ce que soit organisé un référendum honnête (précédé d’une information approfondie et contradictoire) sur cette question ?

Faut-il préciser qu’un tel référendum ne serait porteur d’aucune haine pour personne, bien au contraire ?

Liberté, égalité, fraternité …
Fraternité ! C’est peut-être au-dessus de nos forces… mais au moins qu’on ne tue pas des multitudes d’innocents !
Tout faire pour que (au minimum) notre pays s’engage sérieusement dans le désarmement progressif et contrôlé initié par Obama.

G.C.

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