Entendre

Mardi 24 novembre 2009

Éric Besson et la confiture

Classé dans : Divers, Langue, Migrants, Politique, Société — Jean-Luc @ 11:33

Éric Besson, notre sinistre de l’identité choisie, de l’immigration nazionale et guide suprême de la pureté de la race savoyarde, peut-être gêné par l’hilarité qui accueille son débat sur l’identité nationale, a appelé Victor Hugo à la rescousse dans un entretien sur BFMTV/RMC : « Hugo disait : “La France, la nation, c’est un passé pour se tourner vers l’avenir”, l’identité nationale, c’est exactement la même chose : qu’est-ce qui fait le lien entre nous ? »

Le problème, c’est qu’aucun spécialiste de Victor Hugo ne retrouve trace de cette citation… Ils sont même assez unanimes pour estimer que la pensée du grand Victor était diamétralement opposée à celle du petit Éric. Hugo haïssait les frontières et espérait une humanité rassemblée et unie. Son rêve était la disparition des nations. Hugo n’aurait jamais eu l’idée d’expulser un Afghan. Même en temps de paix.

La culture, c’est comme la confiture, dit-t-on, moins on en a, plus on l’étale. Jusqu’à l’inventer, pourquoi pas ? Ça fait riche.

Je propose à notre pitre Éric d’autres textes variés, pour ses prochaines sorties :

S’est batu la saincte Pucelle
Pour netoyier avec roison
Le sol nazional qui ruissele
D’Afgans, de Turcs et de Theutons.
Surrement à l’esgal d’icelle
Ainssi fera sire Besson.

(Ronsard, Ode à damoiselle Jehanne)

ou bien :
Il est grand celui qui, rejetant l’étranger,
Magnifie la Patrie et assainit Calais
Pour enfin définir sans détour ni passion
L’identité nazi-onale qui a tout bon.

(Corneille, Éric et Brice)

Tiens, je me verrais bien finir nègre…

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Dimanche 22 novembre 2009

Vu à la télé

Classé dans : Economie, Société — Jean-Luc @ 11:33

Vent de panique chez Orange-France-Télécom !
La télé a récemment diffusé dans le JT du soir plusieurs cas de clients professionnels ayant reçu des factures évidemment délirantes, allant jusqu’à 159 212 € pour un mois de connection Internet « illimitée »…
Ce qui fait quand même 221 € de l’heure en supposant une utilisation permanente 24 h sur 24 pendant 30 jours !
Que signifie « illimitée », pour les marchands d’Orange ?

« Ah non, coco, c’est pas bon pour la boîte, ça ! Trouve-moi vite une solution. Sinon, ils vont croire que l’illimité est limité. »

Ils ont trouvé : pour chaque facture au-dessus de 200 €, un contact personnel sera pris avant l’envoi de la facture.

Ben voilà : il suffisait de demander.

Mais quand même, quand ça passe à la télé, les choses s’arrangent bien plus rapidement !

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Samedi 21 novembre 2009

Blasphème

Classé dans : Divers, Langue, Politique, Religion, Société — Jean-Luc @ 13:53


Les récentes histoires au sujet des opinions de Marie NDiaye qui ne plaisent pas à Éric Raoult me font furieusement penser au blasphème.

Blasphème (dans le Petit Robert) : « Parole qui outrage la Divinité, la religion ; Propos outrageants pour une personne ou une chose considérée comme quasi sacrée. ».

La définition du sacré entraîne dans des domaines encore plus flous : « Qui appartient à un domaine séparé, interdit et inviolable ; qui est digne d’un respect absolu… »

Bon. Et alors ? « Domaine inviolable », « Digne d’un respect absolu » sont des notions très relatives. Le blasphème ne peut pas être le même pour tous.

Dire : « Dieu est un nul, un incapable » est un blasphème pour ceux qui pensent que Dieu fait tout bien, et que de toute façon il est sacré. Ce n’est pas un blasphème pour les libres-penseurs, les athées, les mécréants… qui ne vont pas tous en enfer !

Se promener en minijupe avec un décolleté vertigineux est un blasphème pour certaines musulmanes qui pensent que Dieu exige que toute femme soit voilée des pieds à la tête (avec ou sans soutien-gorge ?) et que le corps de la femme est sacré. Ce n’est pas un blasphème pour la Française (ou l’Italienne ou la Suédoise) moyenne.

Dire : « La Marseillaise est une pseudo-musique pourrie qui me gonfle » est un blasphème pour Éric Besson qui estime que c’est un symbole sacré d’une grande beauté. Ce n’est pas un blasphème pour moi, c’est une évidence.

Dire : « La France de Sarkozy est monstrueuse » est un blasphème pour Éric Raoult qui pense que Sarkozy est aussi sacré que la France. Ce n’est pas un blasphème pour Marie NDiaye qui dit ce qu’elle pense. Et elle en a bien le droit !

Le blasphème est très très relatif…

Le problème est de savoir ce qu’on met dans le sacré.

Et peut-être que le mieux est d’en mettre le moins possible.

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Jeudi 19 novembre 2009

Éric Besson hors la loi ?

Classé dans : Migrants, Politique, Société — Jean-Luc @ 23:39

ACAT-France, Amnesty International, La Cimade, CAAR, Dom’Asile et le Secours Catholique dénoncent les violations du droit d’asile et les pratiques illégales des préfets d’Île de France…

Les Préfets hors la loi ?… Des pratiques illégales ? Éric Besson complice ? Je n’ose y croire. Un homme si droit, si fidèle à ses engagements !

Voici un texte publié par les associations précitées :

Entre le 12 et le 14 novembre 2009, le tribunal administratif de Versailles a ordonné à 10 reprises à la préfète des Yvelines de cesser de porter une atteinte grave et manifestement illégale au droit d’asile de demandeurs d’asile empêchés d’accéder au guichet. Il lui a enjoint de les convoquer sans tarder.

À Versailles, seuls trois ou quatre demandeurs d’asile sont reçus chaque jour pour déposer leur demande au guichet de la préfecture. Pour ce faire, ils sont alors contraints de revenir plusieurs fois, de dormir dehors et de s’organiser afin d’espérer accéder au guichet « asile » de la préfecture. Le risque, pour les non-admis est, lors d’un contrôle policier, d’être considéré comme « sans-papiers » et donc susceptibles d’une mise en rétention pour éloignement.
C’est un exemple parmi d’autres des pratiques préfectorales illégales que le Groupe Inter Associatif Asile en Île-de-France a observé de novembre 2008 à novembre 2009 dans sept services préfectoraux : Paris, Yvelines, Essonne, Hauts de Seine, Seine Saint Denis, Val de Marne et Val d’Oise, à travers un accompagnement concret des demandeurs d’asile en préfecture et un recueil d’informations.
[…]
Le droit d’asile est entravé et les droits fondamentaux des demandeurs d’asile ne sont pas respectés. Ils ne sont pas ou mal informés de leurs droits et obligations. L’accès à la procédure d’asile elle-même est rendu très difficile. Des restrictions excessives sont portées au droit de séjourner en France durant l’examen de la demande d’asile. Toutes ces pratiques illégales ne font qu’accroître la précarité des demandeurs d’asile et les dissuadent de demander la protection de la France. L’accès à la procédure d’asile doit être simplifié avec pour seul objectif celui de protéger les demandeurs d’asile.

Allo, madame la préfète ?…

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Mardi 17 novembre 2009

PS2

Classé dans : Divers, Société — Jean-Luc @ 21:49

Un gosse de treize ans, plutôt sérieux et bon élève, part à l’école avec un fusil et 25 cartouches pour tuer ses profs parce qu’il n’a pas eu de très bonnes notes.

À une époque où les ados passent plus de temps à tuer des « méchants » sur leur PS2 qu’à l’école, finalement, ce n’est pas tellement surprenant.

Non, la vraie question, c’est : où a-t-il pu se procurer une arme à feu et des cartouches ?

Chez lui, à la cave ? Vous croyez ?
Ah bon.

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Vendredi 13 novembre 2009

Brice Hortefeux

Classé dans : Divers, Langue, Société — Jean-Luc @ 12:58

Ne dites plus « fichier », dites « base de données ».
Ne dites plus « caméra de vidéo-surveillance », dites « caméra de vidéo-protection ».

Ce sont des recommandations de notre sinistre de l’intérieur.

Il nous prend pour des cons !

Ah, c’est important, le langage…

Personnellement, je continuerai à dire que les caméras de surveillance permettront aux flics d’entrer mon nom dans leurs fichiers.
Comme aux plus beaux jours de l’URSS des années 60.

Tiens, aujourd’hui, c’est la saint Brice.

Protégez-nous, saint Brice, avec vos caméras !

Si vous en connaissez…

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Jeudi 12 novembre 2009

Éric Raoult

Classé dans : Divers, Langue, Politique, Société — Jean-Luc @ 19:03

Éric Raoult, ex-Front national, essaie de noyer le poisson en explicitant le « devoir de réserve », dont il estimait qu’il devrait s’appliquer à Marie NDiaye : il a constaté (après vérification auprès des intéressés) que cette expression était utilisée « pour les préfets », puis il a constaté (avec regret) : « Mme Marie NDiaye n’est pas préfet ». Éric Raoult est très observateur ! Limite scientifique !

Il suggère donc maintenant d’appliquer un « principe de modération ».

Quelle différence ?

Le devoir de réserve c’est « ferme ta gueule » sinon tu finiras dans un placard à Partenia.
Le principe de modération c’est « ferme ta gueule » sinon…

Sinon quoi, Éric ?

A-t-on encore le droit de dire, en France : « Je n’aime pas Sarkozy » ?
A-t-on encore le droit de dire, en France : « Je trouve détestable cette atmosphère de flicage, de vulgarité… » ?

Commence-t-on à voire poindre, en France, le délit d’opinion ?

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Samedi 7 novembre 2009

Liberté, égalité, fraternité et sororité aussi

Classé dans : Divers, Economie, Politique, Société — Jean-Luc @ 11:07

Depuis la loi Roudy de 1983, cinq textes législatifs ont tenté d’obtenir l’égalité des traitements entre hommes et femmes. Traitement au sens de « salaire », bien sûr, mais aussi au sens du « nombre de coups de fouets ».

La France est aujourd’hui le 18e pays du monde pour ce critère (classement en recul de 3 places depuis l’an dernier), loin derrière la Norvège et même l’Afrique du Sud, et un peu avant l’Iran et le Yémen. La rémunération des femmes est chez nous 27 % au-dessous de celle des hommes et les femmes accaparent 83 % des temps partiels (je n’ose pas ajouter « les salopes », Emelire me surveille).

Liberté, égalité, fraternité mais pas sororité, faut quand même pas charrier !
Alors si, « sororité » est un mot qui existe, pas tout à fait au sens où je l’entends mais… vous vérifierez dans votre dictionnaire !

Xavier Darcos, qui sévit toujours, en tant que ministre du travail, envisage d’autres mesures concrètes et coercitives pour réduire l’écart. Cela ne ferait guère qu’une sixième loi depuis 25 ans.

France-info passait aujourd’hui un court entretien avec un type du MEDEF, dont, heureusement, j’ai oublié le nom, qui expliquait qu’il n’était pas d’accord avec la contrainte, et qu’il faudrait simplement plus de communication.

Il essaie de nous faire croire qu’ils ne sont pas au courant, au MEDEF, et qu’il leur faudrait quelques spots publicitaires avant le journal télé du soir pour leur expliquer la situation…

On croit rêver !

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Jeudi 5 novembre 2009

Faisons un rêve

Classé dans : Migrants, Politique, Société — Jean-Luc @ 19:44

Le débat sur l’identité nationale est donc ouvert.

Admettons,… faisons un rêve, imaginons que ce débat arrive à la conclusion, c’est une hypothèse, que la bonne identité nationale c’est :

être né en France, avoir des parents français, habiter en France, être catholique (si possible pratiquant), être blanc ou à peine rosé, manger du camembert et du saucisson et boire du côtes du Rhône régulièrement, parler français comme première langue maternelle, être marié devant le maire et devant le curé, ne pas être excisée (pour les femmes) ni circoncis (pour les hommes), avoir 2 enfants, les envoyer à l’école laïque pour qu’ils apprennent la Marseillaise, ne porter ni burqa ni turban sur la tête, fêter Noël et Pâques chaque année, être cadre supérieur, avoir un revenu mensuel supérieur (à 2 500 €), et surtout, surtout… posséder un drapeau tricolore et hisser les couleurs chaque matin à l’aurore en chantant la Marseillaise…

Bon, admettons, supposons, c’est une hypothèse.
On pourrait en choisir une autre.

Et alors, ensuite, qu’est-ce qu’on fait des autres ?

Tous ceux qui n’ont pas la bonne identité nationale ?

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Mercredi 4 novembre 2009

Jaune

Classé dans : Politique, Société — Jean-Luc @ 12:11

Brice Hortefeux (toujours lui !…) a encore eu une idée géniale : instaurer un couvre-feu pour les enfants délinquants de moins de 13 ans.
S’il continue à avoir des idées à ce rythme-là, il va falloir instaurer un couvre-hortefeux…

J’ai deux objections à cette idée géniale :

Je ne pense pas qu’un jeune qui a déjà utilisé une arme à feu (ou même un opinel) pour braquer le pompiste du coin renoncera à sortir de chez lui après 19 h sous prétexte qu’il est soumis à un couvre-feu.

Et surtout : comment les flics reconnaîtront-ils qu’un ado qui se balade à 21 h est un délinquant de moins de treize ans ?
Ah ben si, voyons : il n’y a qu’à les obliger à porter un signe distinctif !

Une étoile jaune, par exemple…

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