Le flashball ne tue pas… Enfin, pas encore.
Le taser non plus… Enfin, c’est ce qu’ils prétendent.
Moyennant quoi, on met ces « armes non létales » (cela signifie « armes qui ne tuent pas ») entre les mains de n’importe quel imbécile immature qui peut s’en servir n’importe quand et n’importe comment, avant d’avoir réfléchi, avant même d’avoir compris comment ça marche.
Au moins, avec les vrais fusils et les vrais pistolets qui tirent des vraies balles qui tuent pour de vrai (mais… non, le calibre 38 ne fait pas 38 mm de diamètre), on pouvait penser que la plupart des utilisateurs (flics, gendarmes, chasseurs de sanglier, gangsters, gardes du corps précieux du petit Nicolas, gardiens de square, conducteurs de fourgons blindés et autres cow-boys de pacotille et porteurs d’uniformes plus ou moins assermentés) on pouvait penser, donc, qu’ils faisaient un peu attention à ce qu’ils faisaient et où ils tiraient, et sur qui, et comment.
On pouvait le penser. Ça laissait un espoir !
Oui, mais maintenant, avec ces bidules à grosses balles soi-disant molles, comme de toute façon « c’est en caoutchouc, donc ça ne tue pas, donc ça ne fait pas de mal », donc on tire dans le tas n’importe comment, sans sommation, sans réfléchir, sans trop savoir vraiment comment ça fonctionne, sans se demandder s’il y a des règles, sans rien… et ben ça finit quand même par faire mal.
Témoin ce pauvre manifestant qui a perdu un œil grâce à un tir de flashball effectué sans réfléchir, à la va-vite, par un flic angoissé, paniqué, de trop près, vers la tête, pas au bon moment, pas dans la bonne direction, pas comme il aurait fallu… L’IGS elle-même a confirmé que cette bavure était une catastrophe. Il était difficile de prétendre le contraire.
Enfin… elle ne dit pas catastrophe, l’IGS, prudente, qui ne veut pas trop enfoncer les copains ; elle dit « non-respect des règles ».
Le flashball ne doit pas être utilisé à moins de sept mètres. Bon, là, le gars était peut-être à 6,73 ou 6,89 mètres… Fournit-on une chaîne d’arpenteur aux utilisateurs ? Ont-ils la possibilité matérielle de l’utiliser en pleine manif ? N’y a-t-il pas des yeux très fragiles qui seraient sensibles même à 7,18 m ?
« Le fonctionnaire en question n’est pas une brutasse » plaide (mal) un responsable policier qui préfère conserver l’anonymat, on se demande pourquoi.
C’est précisément là qu’est le problème.
Que des brutasses incultes primitives et primaires d’extrême droite, débiles et avinées tirent dans la foule pour rigoler et casser du bougnoule, on s’y attend un peu. On fait attention. Surtout si on est bougnoule. Mais si des flics « normaux », « pas des brutasses », sans problème, à peu près éduqués, à peu près à jeun, pleins de bonne volonté, doux et gentils, en arrivent à commettre des bavures de cette importance et arrachent, sans mauvaise intention, les yeux des manifestants pas bougnoules, il est urgent et impératif de prendre des mesures : et pour commencer, leur retirer ces « armes non létales ».
Même si elles ne sont pas létales.
Une pétition a été ouverte pour demander l’interdiction totale de l’utilisation des armes non létales par les forces de l’ordre.

Je dis : Bravo !
Je suis tout à fait d’accord.
Je signe.
J’ai signé.
Mais, si je peux donner mon avis et ajouter un petit grain de sel, j’aimerais tant qu’il y ait aussi une pétition pour demander l’interdiction totale de l’utilisation des armes létales (cela signifie « armes qui tuent ») !
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