Entendre

Lundi 4 février 2008

Ne dites plus…

Classé dans : Langue — Jean-Luc @ 20:56

Dans la série « les expressions qui me gonflent »…

Ne dites plus : « Je vais chez Carrefour »

On va chez (dans la maison de…) quelqu’un :

Je vais chez le boucher
Tu vas chez ta copine
Il va chez Mathilde

et on va à un endroit :

Je vais à la boucherie
Tu vas à la mairie
Il va à Carrefour (ou au BHV ou au Bon Marché)

La publicité essaie de nous faire croire que « chez » Carrefour, c’est aussi intime et convivial que chez Mathilde… mais non !

Je ne vais jamais chez Carrefour.
Il m’arrive d’aller à Carrefour.
Souvent, je le regrette.

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Dimanche 27 janvier 2008

Copinage : Charlémoi

Classé dans : Langue — Jean-Luc @ 15:40

Kiki qui tient avec RV un blog très recommandable et que je vous recommande (Le blog de Posuto), a aussi écrit un livre, un vrai, qui vient de paraître et que je vous recommande aussi. Il s’appelle Charlémoi.

Le livre est écrit avec le même humour que le blog, mais c’est une vraie histoire qui se déroule du début à la fin, alors que le blog, ce sont des petits billets indépendants les uns des autres.

Je l’ai testé : moi qui lis pas grand chose et qui ne connais rien à la littérature, j’ai beaucoup apprécié : facile à lire, agréable à lire, très bien écrit dans un style simple et plaisant… C’est peut-être parce que Kiki a enseigné le français pendant 22 ans.

On y trouve la nature, un chien sympa, des gens d’aujourd’hui dans les Vosges, dont deux Édouard, et des gens d’hier venus d’Italie, des gens simples, avec leurs soucis et leurs bonheurs. La vraie vie.

Que demander de plus ?

En vente partout.


Le bouquin que la Kiki elle a Nécrit...

Recommandé par des Influenceurs

Jeudi 29 novembre 2007

Ne dites plus

Classé dans : Langue — Jean-Luc @ 22:29

Dans la série « les expressions qui me gonflent »…

Ne dites plus :
« Il faut faire en sorte que… »

On peut en général supprimer cette expression sans aucune modification du sens.

Par exemple, au lieu de :
« Il faut faire en sorte que tous les français aient un logement décent. »

Dites :
« Il faut…………………. que tous les français aient un logement décent. »

Ou dites même plutôt :
« Je vais construire plus de logements à des tarifs abordables. »

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Samedi 27 octobre 2007

Commerce équitable

Classé dans : Langue, Politique — Jean-Luc @ 12:06

J’aime bien cette expression : « commerce équitable » ; elle désigne un commerce dans lequel le petit paysan producteur de café, banane, coton ou autre cacao, en Colombie, en Inde ou au Nigeria est (en principe au moins !) rémunéré dignement pour son lourd et difficile travail : « équitablement ».  Un travail payé à sa juste valeur !  À l’évidence, ce devrait être un minimum.

Mais c’est un commerce tout à fait marginal, qui doit concerner un pourcentage absolument négligeable du commerce mondial.

Oui, j’aime bien cette expression : « commerce équitable » ; elle dénonce implicitement, doucement mais fermement, le reste du commerce, le commerce « ordinaire », le commerce…  sans précision, c’est-à-dire la presque totalité du commerce, comme étant inéquitable, naturellement injuste…

Un commerce ordinaire et injuste par lequel les multinationales des pays riches arnaquent et étranglent les petits paysans producteurs des pays pauvres en les payant moins que rien, ce qui ne leur permet pas de survivre…  J’entends d’ici notre Petit Monier et Laurence Parisot piquer une crise : « Mais qu’est-ce qu’on en a à foutre des petits paysans producteurs des pays pauvres ? C’est pas eux qui font monter le CACArente ou les fonds de pension américains !  Qu’ils crèvent !  On saura bien se débrouiller sans eux : on boira du thé à la place du café, et on mangera des mangues à la place des bananes. »

Ah ! Si tout le commerce pouvait être équitable…

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Dimanche 21 octobre 2007

Rafle

Classé dans : Langue, Politique — Jean-Luc @ 13:38

D’après le « Réseau éducation sans frontières », une rafle importante a été annulée vendredi à Paris pour cause d’éventement (éventation ?… Ah ! c’est une langue bien difficile, le français. Quand je pense qu’ils voudraient la faire apprendre à des étrangers ! Est-ce vraiment bien raisonnable ?)

Éventez, éventez ! Cela démobilise la police à laquelle notre sinistre de l’immigration choisie, de la carte d’identité nazionale et de la pureté de la race limousine demande de faire des saloperies que la conscience réprouve. Cela signifie déjà qu’ils ne sont pas tous pourris, nos flics… Et cela nous évite peut-être quelques défenestrés de plus.

Rafle, vous avez dit rafle ?

Oui, j’ai dit rafle, pourquoi ?

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Mercredi 3 octobre 2007

Chiffre : des précisions… linguistiques !

Classé dans : Langue, Science — Jean-Luc @ 20:58

Le mot « chiffre » dont on parle beaucoup en ce moment à propos des 25 000 reconduites à la frontière que nous a promises notre sinistre de l’immigration choisie et de l’identité nazionale, Guide Suprême de la Pureté de la Race Française (mais dont il décomptera, j’espère, les cinq défenestrés qui ont cherché à fuir la police, ce qui devrait donc réduire cette valeur à 24 995), est un mot emprunté à l’arabe « sifr » où il signifiait «-zéro » ou « le vide ». Le mot « zéro » provient lui-même du même mot arabe « sifr » par l’intermédiaire de l’italien « zefiro ». Mais ce ne sont pas les arabes qui ont inventé l’idée du zéro : ils l’ont rapportée de leurs voyages en Inde.

Lors de son incorporation au Moyen Âge dans la langue française, le mot « chiffre » a d’abord signifié « écriture secrète » (sens qu’il a conservé dans « déchiffrer ») avant de désigner chacun des caractères qui composent une valeur numérique.

Ainsi, c’est très abusivement que l’on parle d’un chiffre de 25 000 reconduites à la frontière. Il s’agit là d’un nombre, formé de cinq chiffres.

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Jeudi 2 août 2007

Ne dites plus…

Classé dans : Langue — Jean-Luc @ 12:23

Dans la série « les expressions qui me gonflent »…

Ne dites plus :

« Avec ses un mètre soixante-deux… »

ou « As-tu les un euro trente cinq ? »

Le pluriel commence à deux.

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Mardi 26 juin 2007

Y a-t-il

Classé dans : Langue — Jean-Luc @ 17:21

Dans la série « les orthographes qui me gonflent »…

« Y a-t-il » ne doit pas être écrit « Y-à t’il » ni « Y a’t-il », mais « Y a-t-il ».

L’apostrophe est utilisée en français pour indiquer une élision : disparition d’une voyelle finale confrontée à une voyelle initiale (hiatus). Par exemple « la apostrophe » devient « l’apostrophe » ; « te avaler » devient « t’avaler » ; « si il ne comprend pas » devient « s’il ne comprend pas » ; « le homme » devient « l’homme » mais « la femme » reste telle quelle ; « le héron » aussi mais il a un h aspiré.

« Y » est un pronom, mot à part entière qui désigne un lieu (« il y va » ; « j’y suis », où ici encore l’apostrophe remplace un « e » élidé : « je y suis »). Il n’a (« ne a ») aucune raison d’être (« de être ») suivi d’une (« de une ») apostrophe ni d’être lié par un trait d’union au « a » (troisième personne du singulier du verbe avoir : « il a ») qui le suit dans « Y a-t-il » (« je m’y fourvoie » et non « je m’y-fourvoie » ; « il y a » et non « il y-a »).

Il n’y a pas de trait d’union à « il y a ».

Mais il y en a deux à « y a-t-il » !

Le « t » placé entre le verbe « a » et le pronom « il » est appelé euphonique (qui sonne bien) : il n’est introduit « que » pour le plaisir de l’oreille. Dans les formes interrogatives, on écrit en effet après inversion sujet-verbe « peut-on », « faut-il », ou « dit-elle », avec un trait d’union entre le verbe et le sujet, et on prononce le « t » final du verbe avec la liaison. Mais lorsque le verbe se termine par une voyelle, il sonne mal (hiatus) de prononcer « m’aime-elle » ou « y a-il ».

Pour l’harmonie sonore, on ajoute donc ce « t » euphonique que l’on écrit traditionnellement entre deux traits d’union : « m’aime-t-elle », ou « y a-t-il ». Il serait dommage de le confondre avec le « t’ » qui apparaît par élision du pronom personnel. Dans « t’a-t-il tâtée ? » les deux « t » n’ont absolument pas la même signification. Le premier représente le pronom personnel « te » élidé, le second n’est là « que » pour le plaisir musical (ce qui n’est pas rien) !

D’ailleurs on peut écrire « m’a-t-il tâtée ? » mais jamais « t’a-m-il matée ? »

Lorsque le sens est en jeu, l’orthographe devient fondamentale.

« Ce trait d’union t’apostrophe : t’ira-t-il ? Il m’émeut ; t’étonne-t-il et l’entends-tu ? »

Y a-t-il un français dans la salle ?

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Lundi 4 juin 2007

Ne dites plus…

Classé dans : Langue — Jean-Luc @ 16:48

Dans la série « les expressions qui me gonflent »…

Ne dites plus :

« Ce midi… »

Dites plutôt :

« À midi… »

On parle de « ce matin », « ce soir », « cette nuit », tous intervalles qui s’étendent longuement dans le temps.

Mais « À 9 h 47 », « À 18 h 30 » et « À midi », sont des instants éphémères sans aucune durée.

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Samedi 2 juin 2007

Ne dites plus…

Classé dans : Langue — Jean-Luc @ 17:50

Dans la série « les expressions qui me gonflent »

Ne dites plus :

« Il est en charge de la publicité chez Félix Potin. »

Dites plutôt :

« Il est chargé de la publicité chez Félix Potin. »

Il n’y a guère que les batteries qui soient (parfois) en charge !

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