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Samedi 9 juillet 2011

Le prix du carburant


France Info diffusait hier une information qui conforte le sentiment que tout un chacun peut avoir lorsqu’il va faire le plein de son réservoir : les pétroliers modifient le prix du carburant à la pompe en fonction du prix du pétrole brut… mais ils ne le font pas de façon symétrique selon que ça monte ou que ça descend.
On peut appeler ça « l’effet cliquet ».

On dirait une blague de potache, mais non : c’est le résultat d’une étude très sérieuse menée par « ESG Research Lab », entre 1990 et aujourd’hui, sur plus de mille relevés.

Lorsque le brut augmente, le prix du carburant à la pompe monte vite et beaucoup, lorsque le prix du brut descend, le prix du carburant descend… un peu et lentement.

Des précisions ?
Pour 1 % d’augmentation du prix du brent, le carburant augmente de 0,12 %.
Pour 1 % de baisse du prix du brent, le prix de carburant descend de 0,07 %.
Il doit s’agir là de moyennes sur 20 ans.

Ainsi, si le prix du brent augmente de 1 % puis descend de 1 %, revenant donc à son tarif initial (si on néglige les bricoles), le prix du carburant monte de 0,12 % puis descend de 0,07 %, augmentant ainsi de 0,05 % le bénéfice des pétroliers.
Ça fonctionne pareil dans l’autre sens, si la baisse intervient avant l’augmentation…

Interrogée sur ce « curieux » phénomène, l’industrie pétrolière répond qu’elle « ne comprend pas » ! Elle prétend que le calcul réel est « très compliqué », qu’il faut tenir compte des stocks, de délais d’adaptation, du cours du dollar, de l’offre et de la demande, et de tas de choses que personne ne peut comprendre tellement c’est difficile. Elle nie en outre avoir constaté cette dissymétrie, évidente pourtant pour tout automobiliste, et précise, peut-être pour se disculper, que ses marges sont extraordinairement faibles puisque « 60 % du prix du carburant est constitué de taxes » ! Le marché, disent-ils, est « très peu rémunérateur », et c’est d’ailleurs la raison pour laquelle il y a de moins en moins de stations d’essences en France, et même peut-être que bientôt il sera difficile de faire le plein tellement ils sont sur la paille !…

Enfin bon, 60 % de taxes, ça leur laisse quand même 40 % pour le prix de revient du produit et les bénéfices, dont on peut penser qu’ils ne sont pas totalement négligeables. Total avoue benoîtement un bénéfice de 1 centime par litre, ce qui, compte tenu du volume vendu chaque jour, fait un confortable matelas !

C’en est au point que Christian Estrosi, qui n’est pourtant pas un gauchiste, envisageait en mars dernier de taxer les bénéfices pétroliers…

D’ailleurs, une autre information intéressante diffusée également par France Info il y a quelques jours, précise que la plupart des entreprises du CACA40 paient des impôts ridiculement faibles en France ; en particulier, Total, qui fait donc des bénéfices faramineux, ne paie aucun impôt en France. Ils arrivent à ça en déclarant les frais ici, les gains là-bas, avec des montages financiers tordus conseillés certainement par des spécialistes financiers qui optimisent les gains.

Les bénéfices annoncés chaque année par Total se montent ainsi à :
–        12 milliards d’euros pour 2006
–        12 milliards d’euros pour 2007
–        14 milliards d’euros pour 2008
–         8 milliards d’euros pour 2009
–        10 milliards d’euros pour 2010

Et tout cela sans payer aucun impôt en France !

On aimerait être aussi misérables qu’eux !

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Jeudi 7 juillet 2011

Agence de notation

Classé dans : Economie, Violence — Tags:, , , , , — Jean-Luc @ 1:16


Ya des trucs, ça s’appelle « agence de notation », que ça fait un peu instit années 40 ou détective privé années 50, et qu’on sait pas trop ce que c’est. Mais dès qu’ils disent quelque chose, le monde entier tremble.

–        Y sont chefs de chez chef ?
–        Non, non, ils sont rien…
–        Même pas un diplôme de l’ENA ?
–        Oh non !
–        Mais ils sont élus par qui ?
–        Ils sont pas élus, c’est juste eux qui disent : « On est agence de notation. »
–        C’est une secte ?
–        Non, non. Enfin, j’crois pas.
–        Mais au moins ils ont prix Nobel de quelque chose ?
–        Non, non, ils sont rien de connu.
–        Ben alors s’ils disent quelque chose, personne ne les croit ?
–        Ben si, c’est eux qui ont dit que la Grèce était en faillite.
–        Et on les a cru ?
–        Oui, oui. Et maintenant ils disent que le Portugal va mal.
–        Et on les croit ?
–        Ben oui !
–        Mais pourquoi donc ? Qu’est-ce qu’ils savent de plus que DSK ou Christine qui a Lagarde du FMI ou le petit Nicolas ?
–        Rien.
–        Alors pourquoi on leur dit pas : « Casse-toi pauv’ con » ?
–        On sait pas… C’est les agences de notation…
–        Ah ben dis donc ! Quand je serai grand, je serai agence de notation.

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Mardi 5 juillet 2011

Notre accident nucléaire de niveau 7


C’est donc à Fessenheim, à 25 km au nord de Mulhouse, que se produira notre accident nucléaire de niveau 7, succédant à Tchernobyl et Fukushima.

Dans un sens, c’est plutôt favorable puisque les vents d’ouest dominants emporteront l’iode 131, le césium 137 et le plutonium 239 vers l’Allemagne, qui commence 2 km à l’est.

Les pauvres ! Eux qui viennent précisément de décider d’arrêter le nucléaire…

Cette centrale, la plus vieille de France, mise en service en 1977 sur une zone à risque sismique, devait durer trente ans. Jusqu’en 2007 donc. Elle durera jusqu’en 2021…

C’est cette centrale qui avait dû être refroidie à la lance à incendie lors de la canicule de 2003, le débit du Rhin étant devenu insuffisant pour assurer son refroidissement « naturel ».

L’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a donné son feu vert pour prolonger de dix ans notre angoisse.

Je pense que la principale raison est qu’ils n’ont rien à proposer pour la remplacer. Mais tant que l’on ne fera en France aucune étude sur l’éolien, le photovoltaïque ou la géothermie profonde, parce qu’on n’a plus de fric puisque tout va dans le nucléaire, il est évident que nous n’aurons rien pour remplacer le nucléaire.

Une autre raison qui tend à prolonger les centrales est que personne ne sait démanteler une centrale nucléaire, et que le prix que ça va coûter serait, à lui seul, une raison pour ne jamais arrêter.

André-Claude Lacoste, président de l’ASN, a annoncé : « J’ai le sentiment que les centrales nucléaires sont sûres. »

Est-il bien raisonnable de laisser la décision de prolonger la vie de nos centrales à un homme qui confond raisonnement scientifique et sentiment ?

Rappelons à Monsieur Lacoste que le Japon vient d’élargir la zone d’évacuation autour de Fukushima (un accident qui avait été déclaré au niveau 4 le 11 mars dernier avant d’être relevé jusqu’au niveau 7 – maximal – quelques semaines plus tard), car la radioactivité dépasse dans cette nouvelle zone la limite « légale » de 20 mSv par an (limite rehaussée quand ils se sont aperçus que la précédente valeur de 1 mSv par an allait être de toute façon largement dépassée).

Rappelons aussi à ce monsieur qu’un article du monde daté du 3-4 juillet signale que des enfants habitant à 60 km de Fukushima pissent du césium 134 et 137. Cela s’appelle une contamination interne. Mais bon, chez nous on s’en fout, ce seront les petits Allemands qui pisseront du césium.

Il y a tout de même, pour l’ASN, deux conditions à cette prolongation :

1- renforcer le radier afin d’augmenter sa résistance au corium en cas d’accident grave avec percement de la cuve. C’est ce qui s’est produit à Fukushima dans trois des réacteurs. Le radier est cette dalle de béton sur laquelle s’écoule le cœur en fusion (environ 2 000°) quand il y a un problème. Et pourquoi donc faut-il le renforcer ? N’avions-nous pas les centrales les plus sûres du monde et sans aucun défaut ? De toute façon, ils auront du mal à intervenir puisque c’est une zone, sous la cuve, fortement radioactive, où je ne pense pas qu’ils oseront envoyer des maçons, même intérimaires polonais… Enfin… j’espère !

2- Installer des dispositifs de secours pour refroidir quand il fait trop chaud. En voilà une idée qu’elle est bonne ! Ils n’y avaient donc pas encore pensé, depuis 1977.

Mais enfin pourquoi donc n’ont-ils pas confiance ? Pensent-ils que nos divins pilotes pourraient laisser fondre le cœur ?

Et tout cela pour quoi ? Pour faire passer la probabilité d’accident de « une chance sur dix millions » à « une chance sur vingt millions ».
Est-ce bien raisonnable ? Tant qu’il reste une chance, l’accident nucléaire ayant des conséquences que personne maintenant ne peut plus ignorer ni nier, le nucléaire reste inacceptable.

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Dimanche 3 juillet 2011

Langues

Classé dans : Langue — Tags:, — Jean-Luc @ 21:36

En peul, Nafissatou signifie : « Ah, la salope ! »

Je ne sais pas comment on traduit ça en pachtoune.

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