« Je trouve cette France-là monstrueuse. […] Nous sommes partis juste après les élections, en grande partie à cause de Sarkozy. Je trouve détestable cette atmosphère de flicage, de vulgarité… Besson, Hortefeux, tous ces gens-là, je les trouve monstrueux. […] Pour moi, ces gens-là représentent une forme de mort, d’abêtissement de la réflexion, un refus d’une différence possible. Et même si Angela Merkel est une femme de droite, elle n’a rien à voir avec la droite de Sarkozy : elle a une morale que la droite française n’a plus. »
Marie NDiaye (dans un entretien pour les Inrockuptibles, en août dernier).
Le 2 novembre 2009, Marie NDiaye a reçu le prix Goncourt.
Le 10 novembre, Éric Raoult, ex-Front national, estime qu’il faut la faire taire : « Une personnalité qui défend les couleurs littéraires de la France se doit de faire preuve d’un certain respect à l’égard de nos institutions. » En gros : « Ferme ta gueule, sale négresse, c’est déjà bien beau qu’on t’ait donné un prix, tu ne vas pas en plus critiquer notre Guide Suprême et ses petits guidouilloux. »
Voilà un très grand moment dans le plus pur style « Corée du Nord »…
Quand elle a été interrogée l’été dernier, elle ne savait pas qu’elle aurait le prix Goncourt. Elle ne « défendait donc pas les couleurs littéraires de la France ». Si elle n’avait pas eu ce prix, personne ne lui aurait rien reproché…
Mais il faudrait peut-être maintenant lui demander de chanter la Marseillaise, pour s’assurer qu’elle a bien la bonne identité nazionale ?
Éric Raoult est maire du Raincy, ville qui a moins de 5 % de logements sociaux… Il préfère payer l’amende. Mais lui, il a probablement la bonne identité nazionale.
Aujourd’hui, Marie NDiaye a estimé ses propos de cet été « très excessifs »…
Est-ce qu’elle aurait subi des pressions ?
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Effectivement, elle ne pouvait pas savoir à l’avance qu’elle serait récompensée.
Mais si, pressions ou pas pressions, notre exilée volontaire avait tout simplement… refusé le prix du honteux pays de Sarko?
Notre Sartre national l’avait bien fait, lui, pour le Nobel?
Comment par jcdurbant — Mercredi 11 novembre 2009 @ 19:24
Si…, si… Il faut une bonne dose de détachement pour refuser un prix, Nobel ou Goncourt.
La femme est un homme comme les autres, sensible aux honneurs, il est difficile de lui reprocher.
Mais il est vrai que cela aurait eu du panache, surtout accompagné de ses explications renouvelées pour la circonstance.
Comment par Jean-Luc — Mercredi 11 novembre 2009 @ 19:36
Marie Ndiaye vendrait encore plus de livres si elle avait maintenu ses propos. Et encore beaucoup plus si elle avait refusé le prix.
Mauvaise stratégie marketing.
Comment par Pièce détachée — Mercredi 11 novembre 2009 @ 22:51
Ah mais que voici un zouli rebondissement.
Comment par Pièce détachée — Mercredi 11 novembre 2009 @ 23:03
Très zouli, le rebondissement…
Vas-y Marie !
Comment par Jean-Luc — Mercredi 11 novembre 2009 @ 23:31
Eric Raoult les collectionne (il a récemment posé une question écrite sur la création d’un “label” qui serait attribué aux pays “amis de la France” : par exemple, la Tunisie, le Gabon… bref quelques paradis de la liberté d’opinion telle qu’il voudrait l’instaurer en France !)
Comment par Dominique Hasselmann — Lundi 16 novembre 2009 @ 16:31
Ça part d’un bon sentiment : il veut tendre la main à ceux que personne n’aime. On sent que lui-même en souffre beaucoup…
A-t-il pensé à la Corée du Nord et à la Birmanie ?
Comment par Jean-Luc — Lundi 16 novembre 2009 @ 17:35