Oscar Pistorius, 21 ans, athlète sud-africain amputé des deux jambes, court (très vite) grâce à deux prothèses en fibre de carbone. Il voudrait participer aux jeux olympiques.
Voilà qui pose un problème grave : doit-on ne faire concourir dans une même épreuve que des gens équivalents, de même niveau, ou peut-on faire concourir n’importe qui avec n’importe qui ?
Depuis longtemps, on a préféré faire concourir entre eux des gens de même niveau : les jeunes avec les jeunes, les poids mi-lourds avec les mi-lourds, les femmes avec les femmes, et les handicapés avec les handicapés.
Ce qui ne donne pas grand intérêt à la compétition : le résultat ne peut être dû qu’au hasard (ou au meilleur dopage…), puisque tous les participants sont au même niveau.
Mais la demande d’Oscar de participer à des courses avec les valides bouleverse tout cela. La première réponse a été non, parce qu’il court avec une « aide technique » qui l’avantage ! Je pense qu’en fait les valides avaient la trouille à l’idée de se faire doubler par un cul-de-jatte !
Apparemment, les idées évoluent, puisque le Tribunal arbitral du sport a fini par accepter de lui laisser tenter sa chance. Après tout, si les valides ont peur de se faire doubler, ils peuvent toujours se faire amputer pour aller plus vite. Pourquoi, alors, ne pas ouvrir la compétition aux enfants, aux obèses, aux vieillards, aux femmes, avec ou sans prothèses, et aux nains de jardin ? La réponse est probablement que dans ce cas, la compétition ne présenterait plus aucun suspense, le résultat étant connu d’avance.
Alors nous y voilà : ou bien la compétition est sans intérêt parce que le résultat est dû au seul hasard, ou bien la compétition est sans intérêt parce que le résultat est connu d’avance…
La compétition serait-elle en elle-même et par essence dépourvue d’intérêt ?
C’est bien mon opinion. Mais je me répète !
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