Une grossesse « normale » dure 40 semaines. Pendant bien longtemps, les prématurés nés plus de 3 ou 4 semaines avant terme avaient du mal à survivre, mais peu à peu, les progrès de la médecine ont permis de sauver les prématurés de plus en plus tôt.
Actuellement, un fœtus de moins de 22 semaines est déclaré « non viable ». On espère pouvoir récupérer les autres.
Mais plus le bébé naît « trop tôt », plus sa survie coûte cher en matériel et soins médicaux divers. Et plus sa santé ultérieure risque d’être déficiente. Car on ne se développe pas aussi bien dans une couveuse que dans un utérus…
On est là devant un problème analogue à celui de la fin de vie :
Quel prix est-on disposé à payer pour prolonger un vieillard de 98 ans en phase terminale d’un cancer généralisé ?
Quel prix est-on disposé à payer pour « sauver » un prématuré de 21 semaines (bientôt 20, puis 19…), qui risque d’avoir des séquelles toute son existence ?
Une décision de la Cour de cassation autorise maintenant l’inscription à l’état-civil d’un fœtus né sans vie, quel que soit son âge…
Certaines familles se réjouissent de « pouvoir faire leur deuil ». Mais est-il bien raisonnable de faire inscrire à l’état-civil un embryon de trois semaines ?
On est ici devant un problème de limite, qui a été bien discuté au Moyen Âge : à quel stade du développement de l’embryon Dieu fait-il entrer l’âme dans le corps ?
Ce pourrait être également un bon sujet de bac : la limite existe-t-elle, et où se trouve-t-elle, entre l’embryon de quelques jours et le bébé qui naît à terme ? Commentez et discutez.
Si on accepte qu’un fœtus de trois semaines soit inscrit à l’état-civil, cela donne évidemment un argument de poids aux intégristes adversaires de l’IVG pour proclamer que l’avortement est un assassinat : ce petit de 8 semaines se serait appelé Adolphe, et on l’aurait enterré au Père Lachaise à côté de sa grand-mère.
Mais bon… N’y a-t-il pas aussi derrière tout cela les bénéfices financiers que peuvent rapporter les allocations familiales, les cartes de familles nombreuses, le nombre de part pour les impôts ou les avantages sur la durée et le montant de la retraite de ces parents qui auront eu 19 enfants, dont 2 encore vivants ?
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en fait c’est 9 mois de grossesse soit 36 semaines, sauf qu’effectivement ça se compte (par les médecins à partir du dernier jour des dernières règles, etc.
A 22 semaines un foetus pèse 500 gr environ donc n’est pas viable, mais il n’est pas forcément viable à 700 gr hein … Ce délai c’est + en rapport avec l’ivg. Après 22 semaines j’ai lu que l’ossification du foetus fait qu’il doit passer par les voies naturelles et les femmes qui avortent après ce délai c’est dans le cadre d’une IMG en France (interruption médicale de grossesse) qui est en fait une fausse couche provoquée. C’est bien sûr hyper encadré ! Je trouve que la question ne DOIT pas être la viabilité, car en cas d’utérus artificiel ou bien d’avancées énormes de la science qui feraient que des foetus pourraient être sauvés lorsque la mère fait une fausse couche, … ça remettrait d’emblée en question le droit à l’ivg. Pour l’instant et je pense que ça ne sera pas le cas, il n’y a pas de bénéfice financier avec l’acte d’enfant sans vie illimité. Le bénéfice est pour toutes les entreprises funèbres. parce qu’un foetus (et même un bébé) ça ne laisse pas de cendres en cas d’incinération, vu qu’on est fait d’eau et que le poids est très petit. Un adulte incinéré produit peu de cendres alors imagine un foetus de moins de 500 gr, il ne reste “rien”. Donc les gens vont peut être être tentés de faire tout le truc : cercueil destiné à l’enterrement, obsèques, etc. Pour certains ce sera un commerce. En revanche c’est vrai que quand on perd quelqu’un, dépenser un peu d’argent pour lui donner une sépulture, etc. ça aide souvent les gens, ça marque le deuil. Je trouve qu’il faut savoir marquer un deuil, pas forcément par des moyens dictés par la société, ça peut être une simple bougie ou un geste pour les croyants ou non croyants.
En fait, dans une société normalement équitable, je ne m’inquiéterais pas du tout de ces lois. En revanche, dans notre société ultra dominante et qui n’a jamais considéré les femmes avec les mêmes droits, qui a toujours cherché à régenter, contingenter les femmes, le pouvoir de reproduction, la filiation, etc. … je suis hyper inquiète. C’est vraiment une instrumentalisation terrible.
ci-dessous un texte intéressant de Rue89 sur la manière dont ça se passait avant la loi, pour les bb morts nés. http://www.rue89.com/2008/09/01/a-la-maternite-quand-il-sagit-de-nommer-un-bebe-mort-ne
Commentaire par Emelire — Jeudi 4 septembre 2008 @ 9:35