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Samedi 19 janvier 2008

Une France fraternelle qui ne laisse personne au bord de la route

Classé dans : Politique, Société — Jean-Luc @ 14:25

Les diverses participations financières des malades au comblement du trou de la sécu s’accumulent « pour nous faire prendre conscience des frais que nous occasionnons, avec notre santé déficiente ».
Participation forfaitaire de 1 euro pour la visite chez le docteur, forfait de 50 centimes par boîte de médicament achetée, et autres prélèvements divers (ou absences de remboursements) se cumulent sur le relevé de prestations.

Je viens de recevoir le dernier : il n’était déjà pas simple avant tous ces prélèvements. Il devient carrément inextricable, et je mets au défi quiconque n’a pas une formation approfondie en économie d’expliquer clairement tout ce qui y est noté.
En d’autres termes, il me semble évident que 99,8 % de la population mettra ces relevés à la poubelle sans avoir pu ni même cherché à prendre conscience de ce que leurs sales maladies coûtent à la sécurité sociale.

Plus concrètement et plus brutalement : ces mesures ne servent à rien.

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Autre remarque sur le même thème : la sécurité sociale devrait être ce qu’elle était à sa création, une mutualisation du risque. Cela signifie que lorsque quelqu’un tombe malade, au lieu d’avoir à payer tout seul les 25 000 euros de son hospitalisation (avec cette putain d’opération délicate qui a nécessité trois chirurgiens pendant cinq heures), il est aidé par tous les français qui paient chacun un tout petit peu pour lui (0,05 centime dans le cas cité — c’est fou, hein ! On croirait pas que 5 centièmes de centime par français puissent sauver une vie…).
Ça n’a l’air de rien mais cela permet aux plus pauvres de se faire soigner correctement, alors qu’aux États-Unis par exemple, les chômeurs crèvent à leur première grippe.
Faire rembourser par chaque malade sa propre consommation médicale est l’idée (libérale et absurde) inverse : « Chacun pour soi !… Et surtout, payer le moins possible pour les autres. » C’est pas mal pour ceux qui ont les moyens. C’est moins bien pour les pauvres. C’est bien une idée de notre société libérale un peu trop avancée. Après tout, les pauvres n’ont qu’à travailler plus pour gagner plus et donc être moins pauvres…

Il n’y a pas que le fric dans la vie : il y a aussi la solidarité et l’entraide.
D’ailleurs, Sarkozy avait annoncé lui-même pendant sa campagne qu’il
voulait (je cite) « une France fraternelle, qui ne laisse personne au bord de la route, et aide les plus fragiles ». Après avoir renvoyé chez eux 25 000 sans-papiers pour la plupart nègres, et même souvent musulmans, qui voulaient fuir les persécutions et la misère de leur pays, il est en train d’abandonner les malades français blancs catholiques avec papiers dans le fossé. Sans aucun état d’âme. Sarkozy n’est pas un gars qui a des états d’âme. Et il fait vite le choix entre la France fraternelle et le CACA40.

J’en vois d’ici qui râlent : « Oui, mais il n’y a plus de fric dans les caisses ! ». Très bien ; qu’on les remplisse. Mais pas en pénalisant les malades ! En prélevant dans la poche de tous (par les impôts par exemple), et en commençant par les plus riches, qui n’ont pas de difficulté financière. C’est peut-être bien ça « une France fraternelle, qui … aide les plus fragiles ». N’est-ce pas, Nicolas ?

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