Les abeilles malades de l’homme
LE MONDE | 29.08.07
©
Voilà bien un signe que l’homme est complètement ravagé par le CACArente et autres indices niqués…
Nos abeilles crèvent. On ne sait pas pourquoi.
On a des doutes : le « gaucho », le « régent », Monsanto, les OGM et autres merdes noires que nos industriels essaient de nous faire gober de force. L’appât du gain reste le plus fort. Comme il ne s’agit que de doutes, les industriels continuent à pousser : la menace de chômage ou de délocalisation est souvent prioritaire ! Une abeille ! On ne va quand même pas bousculer la Bourse pour quelques abeilles !
Et pourtant… Sans abeilles plus de poires, plus de tournesol, plus de fraises, plus de poivrons, plus de blé, plus de pommes… « 35 % de la nourriture des hommes dépend de la pollinisation par les abeilles. » Ce n’est pas rien !
Et, mine de rien, les abeilles font aussi tourner l’économie et la Bourse… J’entends d’ici les hurlements de terreur des petits gars décérébrés qui s’agitent vainement autour de la corbeille si on annonçait que 35 % des actions liées à la nourriture humaine baissait de… disons seulement 10 %.
Mais la Bourse est aveugle et sourde : elle veut tout tout de suite, comme nos gosses, sinon elle fait pipi par terre et elle se roule dedans.
-
Apiculteurs et firmes phytopharmaceutiques à couteaux tirés
LE MONDE | 29.08.07
©
Extrait de l’article du Monde, textuel, je n’invente rien :
« Pour les industriels, les intérêts économiques sont très importants. Le secteur représente 31 milliards d’euros de chiffre d’affaires. Une entreprise met 10 ans pour une mettre au point une molécule, et y investit 200 millions d’euros. C’est aussi une question d’image. Car le questionnement sur le sort des abeilles débouche sur d’autres interrogations : quel est l’impact des traces présentes dans l’air, l’eau, les sols, l’alimentation, sur les écosystèmes et sur l’homme ? »
« Chiffre d’affaires »… Parole magique. Tout est dit ! Le chiffre d’affaires c’est les sous que ça rapporte : on investit 200 millions d’euros pour en récupérer 31 milliards. Que valent quelques abeilles devant 31 milliards de bénéfice ? Moi, pour 31 milliards de bénéfice, je tue père et mère. Alors, les abeilles…
Et en plus, horreur suprême, cela conduit les gens à se poser « d’autres interrogations », des questions qu’ils ne devraient jamais se poser, sur la qualité de ce qu’on leur donne à bouffer et les saloperies que les industries déversent dans l’environnement… Si les gens commencent à réfléchir et à se poser « d’autres interrogations », où va-t-on ?
-
Cela me rappelle l’histoire sombre de ce roi stupide qui avait amassé des montagnes d’or pour être le plus riche du monde. Quand vint la disette, il creva de faim devant son tas d’or.
Bien fait pour lui.
-