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Mardi 26 juin 2007

Y a-t-il

Classé dans : Langue — Jean-Luc @ 17:21

Dans la série « les orthographes qui me gonflent »…

« Y a-t-il » ne doit pas être écrit « Y-à t’il » ni « Y a’t-il », mais « Y a-t-il ».

L’apostrophe est utilisée en français pour indiquer une élision : disparition d’une voyelle finale confrontée à une voyelle initiale (hiatus). Par exemple « la apostrophe » devient « l’apostrophe » ; « te avaler » devient « t’avaler » ; « si il ne comprend pas » devient « s’il ne comprend pas » ; « le homme » devient « l’homme » mais « la femme » reste telle quelle ; « le héron » aussi mais il a un h aspiré.

« Y » est un pronom, mot à part entière qui désigne un lieu (« il y va » ; « j’y suis », où ici encore l’apostrophe remplace un « e » élidé : « je y suis »). Il n’a (« ne a ») aucune raison d’être (« de être ») suivi d’une (« de une ») apostrophe ni d’être lié par un trait d’union au « a » (troisième personne du singulier du verbe avoir : « il a ») qui le suit dans « Y a-t-il » (« je m’y fourvoie » et non « je m’y-fourvoie » ; « il y a » et non « il y-a »).

Il n’y a pas de trait d’union à « il y a ».

Mais il y en a deux à « y a-t-il » !

Le « t » placé entre le verbe « a » et le pronom « il » est appelé euphonique (qui sonne bien) : il n’est introduit « que » pour le plaisir de l’oreille. Dans les formes interrogatives, on écrit en effet après inversion sujet-verbe « peut-on », « faut-il », ou « dit-elle », avec un trait d’union entre le verbe et le sujet, et on prononce le « t » final du verbe avec la liaison. Mais lorsque le verbe se termine par une voyelle, il sonne mal (hiatus) de prononcer « m’aime-elle » ou « y a-il ».

Pour l’harmonie sonore, on ajoute donc ce « t » euphonique que l’on écrit traditionnellement entre deux traits d’union : « m’aime-t-elle », ou « y a-t-il ». Il serait dommage de le confondre avec le « t’ » qui apparaît par élision du pronom personnel. Dans « t’a-t-il tâtée ? » (en toute rigueur « te a-il tâtée ? », forme interrogative de « il te a tâtée ») les deux « t » n’ont absolument pas la même signification. Le premier représente le pronom personnel « te » élidé, le second n’est là « que » pour le plaisir musical (ce qui n’est pas rien) !

D’ailleurs on peut écrire « m’a-t-il tâtée ? » mais jamais « t’a-m-il matée ? »

Lorsque le sens est en jeu, l’orthographe devient fondamentale.

« Ce trait d’union t’apostrophe : t’ira-t-il ? Il m’émeut ; t’étonne-t-il et l’entends-tu ? »

Y a-t-il un français dans la salle ?

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