Entendre

Mardi 9 février 2010

Honneur et gloire à notre vaillante police

Classé dans : Divers, Politique, Société — Jean-Luc @ 18:35

Notre vaillante police a réussi à arrêter une dangereuse criminelle de 14 ans, cueillie chez elle à l’aurore (si, 10 h 30, c’est l’aurore, à cet âge) et placée en garde à vue en pyjama pendant 8 h.
Alors oui, la police conteste le terme de pyjama parce qu’il s’agissait d’un jogging. Mais bon, elle dormait avec, et elle n’a même pas eu le temps de se changer.

La dangereuse criminelle en question avait essayé de séparer la veille quelques copains qui se battaient sur la voie publique.

Pour l’emmener à la visite médicale (obligatoire paraît-il), ils l’ont menottée, bien sûr, parce qu’il faut prendre ses précautions avec les dangereuses criminelles.
Alors oui, les policiers de la garde à vue affirment qu’à aucun moment elle n’a été menottée. Ceux du transfert disent qu’ils ne savent pas et qu’il va falloir faire une enquête. D’après France-info, un policier aurait déclaré, pendant la garde à vue : « Je n’ai jamais passé des menottes à des poignets aussi fins. »

Bon, tout cela est à l’évidence destiné à faire augmenter le nombre déjà excessif des gardes à vues, parce que plus les policiers font plus de gardes à vues, plus ils travaillent plus, et plus ils travaillent plus, plus ils gagnent plus, conformément à notre devise nationale.
En outre, d’après Maître Eolas, l’explosion du nombre des gardes à vue de mineur (« pour des faits hallucinants » dit-il ; son papier mérite un détour) répond à des consignes destinées à préparer de nouvelles lois plus répressives contre les dangereuses criminelles mineures qui cherchent à séparer des copains qui se battent sur la voie publique.

La police affirme que toutes les dispositions légales ont été respectées.

Si c’est ça la loi, alors oui, il faut la modifier d’urgence !

Mais peut-être pas dans le sens que souhaite le petit Nicolas…

-

Lundi 8 février 2010

Fête nationale privée

Classé dans : Migrants, Politique, Société — Jean-Luc @ 17:00

Le monumental et fondamental débat sur l’identité nazionale et l’immigration choisie, lancé par Éric Besson avec le soutien du petit Nicolas (qui depuis, sentant la catastrophe arriver, fait comme s’il n’y était pour rien) devait déboucher sur une fête gigantesque au Champ de Mars, en compagnie du Front national et avec Frédéric Lefèbvre, notre clown national, en vedette américaine. Confronté à l’hilarité générale, le débat se conclut aujourd’hui à la sauvette par un « séminaire » confidentiel de quelques ministres qui vont enfin pouvoir décider s’il faut ou non apprendre la Marseillaise pour avoir la bonne identité nazionale.

Personnellement, je m’en fous, j’ignore la Marseillaise et je refuse d’apprendre ce chant sanguinaire et xénophobe, mais j’ai tous les papiers qu’il faut pour montrer que je suis français depuis 12 générations (enfin… ça dépend des branches), avec extraits de naissance et certificats de baptême à l’appui. Et s’ils n’étaient pas suffisants, je suis prêt à m’expatrier pour laisser les seuls descendants de Louis XIV se reproduire entre eux. Ou faut-il remonter jusqu’à Vercingétorix ? Tiens, il faudrait demander à Éric Besson.

Voilà de la grande politique comme on l’aime, au moment où le même Éric Besson ferme un hangar à Calais, dans lequel une association abritait du froid une centaine de migrants « en situation irrégulière ». Si cette dernière expression est vraiment un problème, il ne tient qu’à Éric Besson de les régulariser…

Il est vrai que ces migrants participent à l’invasion que la France subit en permanence de femmes intégralement voilées et de talibans intégristes qui viennent nous convertir à l’islam.

On l’a échappé belle !

-

Dimanche 7 février 2010

Dépression

Classé dans : Politique, Religion, Société — Jean-Luc @ 14:10


Philippe Kabongo-Mbaya est pasteur de l’Église réformée. Il a publié dans « Paroles protestantes » n°343 (un mensuel protestant de la région parisienne) un excellent texte que je vous propose de partager ici :

-

L’identité et la déprime

La dépression est une maladie redoutable aussi bien par sa nature insaisissable que par ses manifestations. Tautologiquement, c’est le fait de déprimer. Ses signes courants sont connus : fatigue extrême, démotivation totale et durable, le doute permanent sur soi, sur l’entourage immédiat, le sentiment profond d’incomplétude, d’imperfection généralisée… Quand on est passé par cette épreuve ou que l’on a accompagné un proche qui en souffrait, on comprend pourquoi le terme de « mal-être » désigne mieux cette maladie. Il n’est pas nécessaire d’être praticien ou thérapeute pour réaliser à quelle profondeur ce mal agit ! Un mal sournois qui est atteinte à l’être.

Sans jeu de mot, il faut souligner d’emblée que « déprimer » c’est être coupé de ce qui est « premier », de ce sans quoi il n’y a ni le second ni le secondaire. Pour celui ou celle qui dé-prime rien ne vient en « premier », en priorité, rien qui soit en tête de quoi que ce soit. Sinon l’envahissement du mal-être lui-même et la paralysie qu’il engendre. Un mal sournois qui n’atteint pas uniquement les personnes, mais peut-être aussi les civilisations.

Peut-on parler de civilisation « déprimée » ? Ne cherchons pas loin : le malaise que l’on ressent dans notre pays, instrumentalisé jusqu’à la caricature par ceux qui aujourd’hui gouvernent la France, ne trahit-il pas un « mal-être » réel ? La crise, la mondialisation, l’écologie, les « autres »… encombrants, menaçants : voilà qui alimente un doute pernicieux proche d’une « dépression » collective. Le débat à la fois pompeux et ronflant sur l’« identité française » n’en est qu’un symptôme. Quand dans la société civile les voix se lèvent pour rappeler que ce n’est pas cela qui prime, le discours dominant alimente le « débat » sur des prémisses étriquées. Avec en ligne de mire des objectifs politiciens à peine voilés !

L’annonce publique d’une espérance pourrait être ici salutaire, car démystificatrice. L’Église réformée de France pourtant reste aphone ! Elle qui avait mené, voici quinze ans, une forte campagne sur l’accueil des étrangers. Elle qui vient de célébrer le 500e anniversaire de J. Calvin. Un réfugié migrant et non pas un dissident protégé au château. Aider toute personne, toute société, à ne pas « dé-primer » ce qui en elle est essentiel, n’est-ce pas aussi cela évangéliser ? Nul n’a le droit de se complaire dans le doute de soi-même ni d’insulter l’avenir.

Philippe B. Kabongo-Mbaya

-

Samedi 6 février 2010

Dura lex sed multipe lex

Classé dans : Politique, Société — Jean-Luc @ 15:05

Malgré (ou en raison de ?) la « compassion » que le petit Nicolas exhibe ostensiblement dans les médias à chaque drame plus ou moins grave vécu ici ou là par des familles françaises, les seules réactions gouvernementales à ces faits divers, parfois tragiques, parfois plus banals, sont la création de nouvelles lois.

Dans le même temps, on supprime les juges d’instruction… qui nous coûtent vraiment trop cher ! C’est vrai, quoi, quand on veut gagner plus, on supprime le superflu (éducation, santé, justice).

L’humain ? Quel humain ? Est-ce que nous sommes chargés de nous occuper de l’humain ? Non : notre travail c’est de faire des lois. Alors on en fait ; beaucoup, pour montrer qu’on travaille beaucoup.

Un élève poignarde son prof de math : allez hop ! Une loi pour interdire les couteaux à l’école.
Un schizophrène échappé de l’hôpital psychiatrique blesse un passant dans la rue : allez hop ! Une loi pour interdire l’évasion des schizophrènes des hôpitaux psychiatriques.
Une musulmane se promène dans la rue avec un niqab : allez hop ! Une loi pour interdire la burqa.

Un couple de vieillards vient de se faire tuer sauvagement à coups de couteau :
– Allez hop : on va faire une loi pour empêcher les gens de tuer sauvagement les vieillards à coups de couteau !
– Mais elle existe déjà la loi ! Il est interdit de tuer. C’est clair !
– Oui mais tuer les vieillards c’est pire. On va mettre une peine pire : doublée.
– T’imagines le gars en train de frapper ses 87 coups de couteau, et se demandant tout à coup si c’est bien raisonnable, avec une peine doublée ?…
– Parfaitement, et passons même à l’étape suivante : tripler la peine si le crime est commis un dimanche à la sortie de la messe avec un couteau pas propre.
– Ah ben oui, ça c’est sûr, ça évitera les crimes du dimanche. Et… l’éducation ?
– L’éduquoi ?

-

Jeudi 4 février 2010

Centre de rétention administrative… Tiens, un nouveau ? Non : deux

Classé dans : Migrants, Société — Jean-Luc @ 23:18

-

-

> Pétition et informations sur le site de la campagne


ADDE – Comede – ELENA-France – Emmaüs – Gisti – La Cimade – Ligue des droits de l’homme – Migreurop – MRAP – Réseau Education Sans Frontières – Secours Catholique – Syndicat des Avocats de France – Syndicat de la Magistrature

-

Centre de rétention du Mesnil 2 :
non à l’ouverture d’un camp d’internement des étrangers !

-

Alors que les audiences du procès des inculpés de l’incendie du centre de rétention de Vincennes se poursuivent, l’administration s’apprête à créer à nouveau les conditions d’un drame.

La construction du nouveau centre de rétention du Mesnil-Amelot (77) est achevée. L’ouverture est prévue dans quelques semaines. Avec 240 places de rétention, ce centre sera le plus grand de France. Il s’ajoutera au premier centre de rétention du Mesnil-Amelot qui compte déjà 140 places.

L’entrée en fonction de ce véritable camp marque une nouvelle étape de ce que les associations de défense des droits des migrants ont qualifié depuis 2004 d’industrialisation de la rétention. D’exceptionnel, l’enfermement des personnes en situation irrégulière devient peu à peu un outil banal de la politique migratoire.

Le centre de rétention comptera 240 places dont 40 places réservées aux familles. Il est organisé en 6 unités de vie de 40 places autour de deux bâtiments administratifs jumeaux eux-mêmes reliés par une passerelle de commandement. Une double enceinte grillagée et barbelée entoure l’ensemble du camp. Des dizaines de caméras, des détecteurs de mouvements s’ajoutent à cet univers carcéral.

Comme pour le CRA de Vincennes, l’Administration utilise la fiction de deux centres de rétention mitoyens pour contourner la réglementation : celle-ci limite à 140 places la capacité d’un centre de rétention.

La construction envisagée de deux salles d’audiences à proximité immédiate du camp instituera une justice d’exception éloignée de tout regard de la société civile.

Un centre de 240 places représente une moyenne de 40 arrivées par jour (c’était le cas au CRA de Vincennes avant l’incendie du 22 juin 2008). Comme l’a montré la situation de Vincennes, ce type d’univers déshumanisé favorise, encore plus qu’ailleurs, le non-droit, les violences, les auto-mutilations et les tentatives de suicide.

Les associations signataires s’opposent à l’ouverture du futur centre de rétention du Mesnil Amelot. Elles dénoncent la criminalisation des migrants et appellent les citoyens et les élus à se mobiliser contre l’internement administratif des étrangers.

-

Premiers signataires :
ADDE, Comede, ELENA-France, Emmaüs, Gisti, La Cimade, Ligue des droits de l’homme, Migreurop, MRAP, Réseau Education Sans Frontières, Secours Catholique, Syndicat des Avocats de France, Syndicat de la Magistrature

-

> Pétition et informations sur le site de la campagne

-

Contact  : contrecramesnil@placeauxdroits.net

-

Mercredi 3 février 2010

Il n’y a pas d’étrangers sur cette terre

Classé dans : Migrants, Société — Jean-Luc @ 14:05

Il y a longtemps que j’avais été interpellé par cet texte dont j’ignore l’auteur, s’il y en a un…
Je l’ai retrouvé récemment et ne résiste pas au plaisir de le faire partager, au moment où il semblerait qu’Éric Besson se pose des questions sur l’intérêt de discuter d’identité nazionale.
Comme le proclame la Cimade : « Il n’y a pas d’étrangers sur cette terre. »

Ton Christ est juif
Ta pizza est italienne
Ta voiture est japonaise
Ta démocratie est grecque
Ton café est brésilien
Ton chianti est italien
Ta montre est suisse
Ta chemise est indienne
Ta radio est coréenne
Tes vacances sont tunisiennes
Tes chiffres sont arabes
Ton écriture est latine
Tes figues sont turques
Ton couscous est algérien
Tes bananes viennent du Cameroun
Ton saumon vient de Norvège
Tes citrons viennent du Maroc
Tes litchis de Madagascar
Tes piments du Sénégal
Tes mangues viennent du Bangui
Tes noix d’coco de Côte d’Ivoire
Tes ananas d’Californie
Ta vodka vient de Russie
Tes oranges d’Australie
Tes dattes de Tunisie
Ton gingembre vient d’Ouganda
Tes avocats du Nigéria
Tes asperges viennent du Chili
Ton whisky est écossais
Ton thé est indien
Ton café est brésilien
Tes capotes sont anglaises
Ton chocolat est suisse
Ton coca est américain
Tes frites sont belges
Ton sucre est martiniquais

Et tu reproches à ton voisin d’être un étranger !

-

Lundi 25 janvier 2010

Point de vue

Classé dans : Migrants — Jean-Luc @ 19:13

Désavoué par les juges, et après avoir vainement tenté de lutter contre les associations qui viennent en aide aux immigrés, Éric Besson annule les expulsions des Kurdes arrivés en Corse vendredi dernier.
C’est dire combien il sent qu’il est dans l’erreur ! Et indéfendable…

Éric Besson a néanmoins jugé « irresponsable et démagogique de prétendre qu’on peut accorder instantanément le statut de réfugié à tout étranger arrivé en France sans que l’on sache d’où il vient, quelle est son identité, pourquoi il est persécuté. »

Personnellement, je juge « irresponsable et démagogique de prétendre qu’on peut refuser instantanément le statut de réfugié à tout étranger arrivé en France sans que l’on sache d’où il vient, quelle est son identité, pourquoi il est persécuté. »

C’est pourquoi je demande à monsieur Besson d’examiner le cas particulier de chaque immigré avec toute l’attention nécessaire, pour déterminer avec précision d’où il vient, quelle est son identité, pourquoi il est persécuté, et ce qu’il risque si on le renvoie dans son pays d’origine.
Ce qui n’est évidemment pas possible à faire si l’on cherche à expulser 30 000 immigrés par an, soit 600 par semaine.

-

Dimanche 24 janvier 2010

Qualité compétence et cupidité obscène

Classé dans : Economie, Société — Jean-Luc @ 17:24

On ne sait pas trop si c’est poussé par le petit Nicolas ou par l’indignation populaire, qu’Henri Proglio a fini par renoncer aux 450 000 euros annuels (environ 30 SMIC) qu’il avait essayé de conserver en supplément à son salaire de PDG d’EdF (1 600 000 euros, soit environ 100 SMIC), malgré l’avis de Christine qui a la garde de l’économie, qui trouvait ce cumul abusif et estimait qu’il n’était « pas question de cumul des rémunérations », avant de changer d’avis et de trouver ce cumul tout à fait normal pour un homme de cette qualité et de cette compétence.

Et qui, en outre, était dans le besoin. Certains prétendent qu’il n’a pas fini de payer les traites de sa Twingo.

On se demande comment il va survivre.
C’est que ça bouffe beaucoup ces bêtes-là !

Enfin, il aura encore une possibilité de se rattraper avec une « retraite chapeau » (ça veut dire « parachute doré ») de 13 millions d’euros, soit 26 ans de son salaire perdu de chez Veolia.

-

Vendredi 22 janvier 2010

Dieu tout-puissant

Classé dans : Religion — Jean-Luc @ 11:49

Le tremblement de terre d’Haïti remet en question, pour certains, l’existence de Dieu…

Effectivement, si Dieu existe, s’il aime les hommes comme nous l’enseignent les principales religions, comment peut-il laisser arriver (voire provoquer) la catastrophe qui vient d’exterminer des dizaines de milliers d’Haïtiens ?

Cette question n’est pertinente que si l’on suppose que Dieu est tout-puissant.

Mais certains théologiens (en particulier les théologiens du Process) font l’hypothèse, assez satisfaisante je trouve, que Dieu n’est pas tout-puissant. Voilà qui permet de réconcilier l’intelligence et la foi : Dieu ne provoque pas les tsunamis et autres tremblements de terre. Il les subit comme nous, et en souffre comme nous et avec nous.

Les catastrophes naturelles ne remettent pas en question l’existence de Dieu.
Elle remettent en question l’existence d’un Dieu tout-puissant.

-

Mardi 19 janvier 2010

Acharnement

Classé dans : Elections, Politique — Jean-Luc @ 16:20

Les Chiliens, qui avaient en Michelle Bachelet une présidente plus ou moins socialiste, viennent d’élire un président de droite. Peut-être d’extrême droite.

La constance, la persévérance, la ténacité, l’obstination, l’acharnement dont font preuve les plus déshérités, les plus pauvres, les plus malheureux des hommes pour voter pour la droite, voire pour l’extrême droite, et mettre à la tête des États des guignols qui se foutent de leur gueule et ne pensent qu’à faire monter le CACA40 en les exploitant et en leur marchant sur la tête reste pour moi un des mystères les plus insondables de l’âme humaine.

Que Bolloré, Dassault, Decaux ou Bouygues votent pour Sarkozy, Berlusconi ou Piñera… on les comprend, sans pouvoir approuver.

Mais les paysans chiliens !…

-

Articles plus anciens »

Publié sur WordPress.